//
vous lisez...
Parentalité

Au coeur des émotions de l’enfant, Isabelle Filliozat

image

Voici un extrait particulièrement inspirant de cet ouvrage :

« Reprenons les différentes étapes de l’accompagnement de l’émotion :

1. Respecter l’émotion
C’est la condition pour que votre enfant vous fasse confiance. Respectez toujours son émotion, même si elle vous paraît irrationnelle. L’enfant a peur, il n’a ni tort ni raison, il a une raison (ou plusieurs) d’avoir peur, même si ni lui ni vous ne la (les) connaissez encore.

2. Écouter
« Qu’est-ce qui te fait peur ? » « Qu’est-ce qui te fait le plus peur ? » Rappelez vous que : « J’ai peur du chien » reste très vague. Est-ce l’aboiement du chien ? Ses mouvements brusques ? Sa langue ? Sa gueule ? Son regard ? A-t-il peur que le chien le morde ou saute autour de lui pour lui faire fête ou encore le lèche de sa grande langue mouillée ? Écouter n’est pas seulement prêter une oreille attentive, c’est aussi aider l’enfant à exprimer sa vérité. Attention à ne pas mobiliser son intellect en utilisant une formulation sur le mode « pourquoi ? » qui va l’inciter à vous fournir une raison certes plausible… mais pas forcément liée à sa réalité. Partez du principe que l’enfant ne connaît pas les motivations réelles de sa peur. Par votre écoute, vous allez l’aider à les découvrir. Accompagnez-le dans sa recherche par des reformulations et des questions qui débutent par « qu’est-ce que, comment, de quoi ». (Ce type de questionnement sera décrit plus précisément dans le chapitre X « Quelques idées pour vivre plus heureux avec vos enfants » p. 297.)

3. Accepter et comprendre
« Je comprends que tu aies peur. Il fait beaucoup de bruit ce chien. » Reconnaissez l’émotion de l’enfant. Manifestez-lui votre approbation, il a le droit de ressentir ce qu’il ressent. Ne vous mettez ni à chercher à le « guérir » de sa peur, ni à résoudre son problème à sa place. Faites preuve de compassion, d’empathie, c’est tout ce dont il a besoin. Vous allez l’accompagner pour tenter de vaincre cette peur, mais seulement selon son désir à lui. Toute attente de votre part bloquerait le processus.

4. Moi aussi / dédramatiser
Une fois qu’il a pu dire son vécu, vous pouvez lui parler de vos propres émotions d’aujourd’hui ou d’hier, quand vous-même étiez un petit garçon ou une petite fille. Aviez-vous la même crainte ? une autre ? Partagez. Ne faites pas semblant, dites la vérité à votre enfant. Choisissez de préférence une peur que votre enfant n’a pas, de manière à ce qu’il se sente plus fort que vous sur ce point, cela l’aidera à affronter les siennes !

5. Chercher ses ressources, intérieures et extérieures
Nous avons tous vécu l’expérience d’avoir traversé et dépassé une peur. « Tu te rappelles une peur que tu avais, et que tu n’avais plus après ? » Si l’enfant ne se souvient pas spontanément, vous pouvez l’aider : « Par exemple, la première fois que tu as été invité à aller dormir chez Stéphane. » Laissez-lui le temps de se rappeler et d’évoquer les sensations éprouvées alors. « Et puis, tu as décidé d’y aller. Tu te rappelles comment tu as décidé ? Et tu te rappelles comment ça s’est passé ? Tu es revenu à la maison ravi. Tu te souviens ? » « Tu vois, tu as déjà eu peur et tu as dépassé ta peur. Est-ce que tu vois comment tu pourrais utiliser cette expérience pour la peur que tu as de ce chien ? » Laissez-lui quelques minutes pour y penser.

6. L’aider à libérer son énergie
Quand on a peur, on a le diaphragme contracté. Tout ce qui permet de le détendre aide à évacuer la crainte : respirer profondément, chanter, crier, rire. Invitez votre enfant à respirer profondément jusqu’à évacuer cette sensation d’oppression. Chantez, criez avec votre enfant, aidez-le à sortir sa voix. Il se sentira puissant et prêt à affronter l’adversité. S’il n’y arrive pas, s’il est trop inhibé pour oser hurler, proposez-lui de penser à quelqu’un qui n’aurait pas peur dans la même situation, un copain, le père d’un copain, le boucher, le garagiste… ou Tarzan, James Bond, Robert Redford… Invitez-le à le voir agir… Puis à imaginer qu’il est à l’intérieur du personnage. Aidez-le à se sentir fort, puissant, à l’aise dans cette peau. « Tu sens la sensation de confiance et de force ? Je crois que tu peux décider que c’est ta force à toi ! »

7. Satisfaire le besoin d’information
Votre enfant a pris contact avec ses ressources. Il lui faut aussi recevoir des informations, en l’occurrence, savoir si ce chien est dangereux ou non. Celui qui a peur a besoin de réassurance et d’information. Mais si vous donnez l’information trop tôt, elle n’est tout simplement pas entendue. C’est pourquoi les explications demeurent si souvent vaines. Il vous faut tout d’abord écouter l’émotion, accompagner l’enfant dans la prise de contact avec ses ressources personnelles. Seulement alors, l’enfant sera attentif à vos explications. Et encore est-il préférable qu’il les trouve par lui-même. « Qu’est-ce que tu peux faire pour savoir s’il est dangereux ? » Aidez-le à réfléchir. Par exemple, allez ensemble à la bibliothèque pour emprunter un livre sur les chiens, et donnez-lui les informations dont il a besoin et qu’il ne peut trouver seul facilement. Il sera plus à même de transposer cette dynamique dans d’autres circonstances. Plus il sera autonome dans sa recherche, plus il se sentira solide face à ses craintes.

8. Faire élaborer différentes réponses possibles face à la peur
Selon le contexte et les circonstances, vous pouvez vous arrêter à une solution satisfaisante, ou lui demander de formuler plusieurs options. Attention à ne pas qualifier ses idées de « bonnes » ou « mauvaises », c’est à l’enfant d’en évaluer la portée. « Oui, tu peux demander au maître du chien si tu peux le caresser, c’est une idée. Qu’est-ce que tu peux faire d’autre ? » Évoquez et évaluez une à une les différentes réponses proposées par l’enfant : « Et si tu fais ça, qu’est-ce qui se passera ? Est-ce que tu auras moins peur ? » « Qu’est-ce qui pourrait te donner envie de caresser le chien et de dépasser ta peur ? » PEUR ? Pensez ENVIE. Qu’est-ce qui peut lui donner suffisamment envie de se confronter au chien, à l’eau ou au toboggan pour ne plus être dominé par la crainte ? Il est fondamental qu’il n’y ait aucune pression dans votre esprit. Que vous n’ayez pas le désir que l’enfant dépasse sa peur devant vous. Sinon, il se sent contraint par votre désir… et la contrainte engendre la peur !
Seul le libre choix donne le sentiment d’avoir du pouvoir sur l’environnement et met en condition de dépasser les peurs. »

Bref, de quoi donner l’eau à la bouche… la suite :
http://www.amazon.fr/coeur-émotions-lenfant-Comprendre-Psy-Santé-ebook/dp/B00D2QC55M

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Mon Instagram

En attendant le cours de danse, s'interroger sur le fonctionnement de ces machines #toddlerlife #maxomorra @george.georgette Danseurs et danseuses #letsdance #toddlerlife Ce soir Bibounette était bien accompagnée pour le cours de danse #letsdance #toddlerlife Appliquée #latergramdumercredi #toddlerlife

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :