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Bienveillance, complicité : attention article intime !

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Hier soir, petit tour anodin sur instagram, je suis attirée par une photo d’un bébé dormant dans la même position que Bibounette. Je m’apprête à aimer, quand je lis la légende, de mémoire, quelquechose comme : ce soir j’ai laissé pleurer mon bébé 1H, en allant le voir à intervalles réguliers, il a eu le souffle coupé à force de pleurer mais ne s’est pas tu, j’ai fini par le prendre dans mon lit et il s’est endormi, dur dur.

Mon sang n’a fait qu’un tour et 2H plus tard, j’étais devant mon clavier pour écrire ce billet. Impossible de dormir sans avoir écrit…

Avant de devenir Maman, je n’avais pas vraiment idée de la façon dont je serai Maman. J’étais incollable sur les articles de puériculture, je savais que je voulais allaiter mais pour le reste… J’avais réfléchi sur ma propre enfance, je ne voulais pas être fusionnelle, ce dont j’avais souffert, je voulais laisser de la place au papa mais paradoxalement  je crois que je pensais que mon enfant serait sage, ne poserait pas de problème… comme moi quand j’étais enfant…

Et puis mon enfant est arrivée et elle a tout de suite su me montrer qu’elle était une personne à part entière ce qui a eu plusieurs conséquences immédiates :

-elle allait s’exprimer et tant mieux car elle me montrerait ce que je n’avais pas vécu moi-même, chance inouïe, il me suffisait de l’écouter

-elle ne me serait pas semblable et donc pas forcément sage, il allait falloir gérer

-je ne serai assurément  pas fusionnelle car impossible de considérer cette enfant comme un me too

-je lui montrerai l’exemple et je ne lui ferai pas subir ce que je n’aimerais pas subir moi-même. Elle a autant de droit que moi, des devoirs aussi mais des droits. Imaginons un adulte immobilisé dans une pièce qui appelle un ami qu’il sait être dans la pièce à côté. L’ami ne vient pas. Par quels sentiments va passer cette personne immobilisée ? Mon ami ne me répond pas, c’est inquiétant, il a peut-être fait un malaise. Non, ce n’est pas le cas, je l’entends déambuler, je ne crie pas assez fort, ma voix est trop faible, même en redoublant d’efforts, comme je suis nul ! ou bien est-ce que mon ami n’est plus mon ami et ne veut plus me répondre ? qu’ai-je fait de mal ? qu’est-ce que cette espèce humaine qui ne s’entraide pas ?…

Imaginons un instant que ce n’est pas un adulte qui est ainsi enfermé immobilisé mais un enfant au cerveau encore immature qui n’a aucune expérience du monde et de ses codes, de la gestion des émotions et du temps… quelle horreur…

Bref, aujourd’hui, il me paraît évident qu’un pauvre bébé laissé seul à pleurer est traversé par tant d’émotions tellement difficiles que c’est juste inconcevable. Et je ne parle pas des études scientifiques qui viennent à l’appui de ce ressenti instinctif…

Après échange avec la maman qui a posté cette photo sur IG, j’ai le sentiment qu’elle n’est pas loin d’être sur la même longueur d’onde et pourtant elle a fait cette tentative désespérée, sous la pression de son entourage qui trouvait son bébé capricieux… Une amie qui était proche met son enfant de 18 mois au coin en lui adressant des propos rabaissants comme elle a vu faire ses parents avec elle. Elle est validée dans ses choix éducatifs par la docilité de son enfant. Certes, elle regrette qu’il ne soit pas aussi câlin que ma fille et me demande ma « recette ».  Peut-être ne l’ai-je pas laissée me tendre les bras en lui disant que je ne lui rendrai pas son câlin au motif que ça ne serait pas bon pour elle…

Dans les commentaires sous la photo IG, une autre Maman prône d’ailleurs cette technique bien connue du « tu vas le voir toutes les 5 minutes mais tu ne le prends pas dans tes bras ». C’est sans doute moins barbare que de le laisser pleurer sans nouvelles mais pour moi, ça reste de la torture… Reprenons l’exemple de l’adulte immobilisé. Imaginons une personne à mobilité réduite qui vous tend la main, vous restez à une distance respectable en disant « je vous dis bonjour mais je ne veux pas vous toucher, c’est mieux pour vous »… Curieux, non ? En tout état de cause si j’avais fait ça avec mon bébé, mon lait se serait mis spontanément à couler à flots, la nature me rappelant ainsi que rester à distance n’était pas le bon geste…  Mais évidemment, chacun fait à la mesure de ses forces, qui sont limitées et il n’est pas toujours facile d’appeler à l’aide, pour que d’autres prennent le relais du maternage… Soit que les bonnes âmes alentour soient rares, soit qu’une fierté mal placée empêche de demander de l’aide. J’ai peu de bras alentour mais j’ai la chance d’avoir près de moi un papa paternant hors pair et heureusement quelques personnes qui m’ont fait entendre que ce qui est naturel est d’élever un enfant en tribu et qu’il est donc normal de se sentir épuisé et dépassé quand on veut tout prendre en charge seul.

Qu’est-ce qui fait qu’on prend la bonne décision ? et qu’est-ce que la bonne décision ? En parlant avec mon grand-père de son passé de résistant, je lui ai souvent posé la question. Qu’est-ce qui l’a conduit à entrer en résistance alors que la plupart des jeunes de sa classe rejoignait le STO. Après coup, avec le recul de l’histoire, on peut se dire que bien sûr, nous aussi on aurait pris la bonne décision. Et pourtant, si on est honnête, si on pense au peu d’informations dont il disposait dans sa campagne, est-on bien sûr qu’on aurait fait le bon choix ? Je ne parle pas de dénoncer son prochain, là-dessus, des valeurs fondamentales sont là comme garde-fou. Mais entre se fondre dans la masse du départ au STO et prendre le risque de se cacher et d’entrer en résistance au péril de sa vie, ça demande un sacré courage et une sacrée clairvoyance, au vu du peu d’information dont il disposait… Il m’a toujours répondu que c’était une évidence. Je pense que l’ouverture d’esprit, la bienveillance de sa mère et de sa grand-mère n’y étaient pas étrangères…

Et moi, qu’est-ce qui a fait que je me suis retrouvée bienveillante ? Moi aussi, ma réponse immédiate serait que c’est une évidence. Car quand je vois ma fille se comporter devant moi, j’ai envie d’écouter ce qu’elle a à me dire. Et non pas en première intention de la brimer, a priori. Et pourtant pour d’autres ce n’est si évident. Alors qu’est-ce qui fait que pour moi c’est une évidence ?

-mon éducation ? Je ne crois pas, j’ai été élevée comme un prolongement de ma mère, certes on ne m’a pas laissée pleurer mais on ne m’a pas non plus laissée exister

-le travail que j’ai fait sur moi, assurément, j’ai en effet ressenti la nécessité de grandir et de savoir qui je suis avant de prétendre élever un enfant

-l’ouverture d’esprit des générations précédentes, sans doute,  et celle du papa de mon enfant, assurément

-mes origines terriennes, mon amour des animaux que je ne considère pas comme des espèces inférieures, sans doute, car cela m’a conduit à un certain bon sens, et dans ce bon sens, à allaiter à la demande

-l’allaitement à la demande, qui est une première façon, parmi d’autres, condition ni nécessaire, ni suffisante, de se familiariser à répondre aux besoins primaires de son enfant

-mon amour de la lecture qui m’a conduite à lire Filliozat, Faber et Mazlish et bien d’autres qui ont théorisé mes évidences et réparé l’enfant que j’ai été

Alors, c’est sûr, j’écoute ma fille. Avant sa naissance, je l’écoutais déjà, depuis sa naissance je l’écoute : ses bruits, ses mimiques, ses câlins, désormais son langage…

Ecouter mon enfant c’est donc une évidence. Cela ne me demande (plus) aucun effort. J’ai conscience que pour beaucoup d’autres, ce n’est pas évident et je ne juge pas, même si je suis triste pour les enfants. Ça m’est arrivé de douter quand je vois des parents bien plus reposés que moi car leurs bébés obéissent au doigt et à l’œil sans faire de bruit…. ça m’est arrivé de douter car je n’ai pas envie d’être trop laxiste non plus, au détriment de mon enfant… ça m’est arrivé de douter car je ne veux pas empêcher mon enfant de s’autonomiser, en l’accompagnant à outrance… Mais quand je vois de très jeunes enfants terrorisés par tout ce qui les entoure y compris leurs parents, je ne doute plus. Et en tout état de cause, je suis bien incapable d’appliquer des règles arbitraires sans me poser de questions, comme je suis incapable de me convaincre qu’un petit enfant a besoin d’être dompté…

Je ne juge pas mais je m’insurge car les enfants le valent bien, car ça m’empêche de dormir. C’est sûr que si un enfant sait qu’on ne l’écoute jamais, qu’on ne répond pas à ses appels par un doux contact, il finira toujours par se taire car il comprendra qu’il est seul et qu’il ne sert à rien de se manifester, ça vaut pour les humains comme pour les animaux abandonnés et c’est ainsi que dans les pires orphelinats le silence règne… C’est épuisant de s’occuper d’un être dépendant, c’est certain mais faire un enfant a des conséquences… Les animaux, on les abandonne sur le bord de la route des vacances s’ils ne rentrent pas dans la case qu’on avait prévue pour eux…

Je m’insurge car ma fille me le demande …  Elle le fait avec ses moyens, du haut de ses 2 ans, elle vient en aide aux enfants brimés, bien campée dans une posture décidée, usant de son regard et de ses câlins et me demande ensuite de lui relire Agathe et la fessée. Elle écarquille les yeux quand nous rendons visite à des enfants non écoutés et me dit « aide maman ». Elle fait souffler un vent de liberté dans de tristes maisons. Nous perdons d’anciens amis mais nous gagnons sa joie de vivre…

Je m’insurge parfois et parfois je courbe l’échine car ce n’est pas toujours si facile d’assumer la liberté que prend son enfant, même si on en est fière au fond. Parfois le petit enfant d’à côté un peu terrorisé mais bien obéissant est plus reposant, n’est-ce pas ? Alors ce n’est pas si facile de vivre ses choix en société car comment gère-t-on le regard des autres, la fatigue, les dissensions ? Quand je suis seule avec ma fille devant des inconnus, désormais je gère, en revanche cela reste difficile devant l’entourage proche et le pire, c’est en cas de dissension même ponctuelle avec le papa. La fatigue, quant à elle, reste mon facteur limitant…

Alors je continue à travailler et j’économise mes forces, je ne prête pas le flanc et je me recentre. Je deviens zen en la regardant.

Oui,  écouter son enfant, pour moi c’est une évidence. Ce qui est moins évident, et qui est un travail quotidien, c’est : que fait-on de ce qu’on a entendu ? Comment ne pas tomber dans le laxisme ? Comment donner un cadre rassurant, nécessaire, à son enfant ? La seule chose dont je suis sûre en la matière, c’est que j’ai besoin d’être moi-même convaincue par les règles que je veux imposer à ma fille. Et pour cela de les interroger. Mais de cela, je vous parlerai une prochaine fois…

Et vous, la bienveillance, ça vous parle ?

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