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Parentalité, Pédagogie, Psychologie, Quotidien, Valeurs

Père Noël es-tu là ?

Cet article va venir s’ajouter à ceux nombreux déjà présents sur la toile mais ce que je lis ici et là m’a donné envie de préciser ma pensée. Je pourrais résumer ma réflexion à cette seule question : mentir ou ne pas mentir ? Mais je vais développer un peu plus…

Enfant, j’ai cru au Père Noël.

Ou pas… Du plus loin que je me souvienne, cette histoire me paraissait bien abracadabrante et ma mère bien mal à l’aise… Nous n’avions pas de cheminée. Qu’à cela ne tienne, le nôtre passait par la porte. Hum. Au moins mes parents avaient-ils évité de me raconter que le traîneau volait dans le ciel, je crois que je leur aurais ri au nez. A mon entrée à l’école à 4 ans, soulagement, un autre enfant clarifiait enfin la situation : « le père Noël c’est les parents ». A mon retour à la maison, je me souviens nettement avoir transmis mon soulagement à ma maman sur le mode : arrête de t’en faire maman, je te révèle le secret, pas besoin de guetter un éventuel père Noël, il n’y a personne d’autre que toi et papa à inventer ! Quand je voyais ultérieurement des parents s’engluer dans le mensonge avec de grands enfants de 7 ou 8 ans, ça me mettait un peu mal à l’aise, mais en petite fille modèle, je préservais le secret.

 

Et maintenant que Bibounette est là, que faire ? 

Je viens de lire un article pro-père Noël qui évoque les arguments suivants : « elle a le droit de rêver », « cela éveille sa curiosité et son imagination », « je ne pense pas que cela soit grave », « je ne pense pas que ce soit à travers cela qu’on éduque nos enfants », « je préfère que sa première désillusion concerne le Père Noël plutôt qu’autre chose de plus profond »…

Quant aux articles anti-père Noël, la plupart insistent sur le traumatisme lors de la révélation…

Je crois que je ne suis d’accord avec aucun de ces arguments…

pere-noel

Bien sûr ma fille a le droit de rêver et je fais en sorte chaque jour de contribuer à éveiller sa curiosité et son imagination. Je n’ai rien contre le fait que les livres ou les dessins animés avec des ânes qui parlent, des cochons qui dansent la fassent rêver et réfléchir. J’aime pouvoir l’accompagner dans sa lecture et son visionnage pour répondre à ses éventuelles questions. Je déplore parfois la lecture faite de tel ou tel ouvrage à l’école, qui en théorie se veut dédramatisante mais qui faute d’accompagnement adéquat se révèle parfois plutôt effrayante (sur le loup par exemple … qu’on ne croise quand même pas à tous les coins de rue à Paris…). Mais je ne peux pas la protéger de tout et ce n’est d’ailleurs pas forcément souhaitable. Donc des désillusions et des frustrations, elle en aura, elle se construira aussi grâce à ça mais pour moi il y a un fossé entre « ne pas céder à tout pour lui éviter toute frustration » et « faire exprès de la frustrer » . Il en va de même avec les désillusions. Donc pour moi, c’est bien à travers cela qu’on éduque nos enfants ! C’est même un choix éducatif primordial ! Est-ce que pour éduquer ma fille je lui agite une carotte sous le nez pour sadiquement la lui refuser, est-ce que je lui invente une histoire de toutes pièces pour lui dire un jour « ben bien sûr que c’est faux, je t’ai dupé, voilà qui t’apprend doucement la désillusion » ? Vous l’aurez compris, pour moi, c’est non. Mais je conçois que pour d’autres le choix éducatif est différent.

Je ne suis pour autant pas jusqu’au-boutiste dans la mesure où effectivement pour moi, le père Noël est un épiphénomène et en ce sens je n’irais pas jusqu’à parler de traumatisme lors de la révélation, ça n’a pas été le cas pour moi en tous cas, plutôt un soulagement de voir cette mascarade enfin cesser. Mais à mon avis, le traumatisme dépend grandement de la façon dont les parents présentent l’histoire. Il me semble évident que plus ils s’enferrent dans le mensonge, plus le risque de traumatisme sera grand

Ainsi, chez nous, le Père Noël sera un personnage sympathique comme le sont Trotro, Petit Ours Brun, Zou et consorts. Nous lisons sur Trotro, nous le voyons à la TV ou sur la tablette, nous avons vu un spectacle avec Trotro. Jusqu’à présent, j’ai le sentiment que pour Bibounette, Trotro reparti dans le camion de la tournée, existe bel et bien en tant que tel. Et je ne vais pas lui faire la leçon contre son gré, à tenter par tous les moyens de la déciller avant même qu’elle ne pose de questions. Au fur et à mesure qu’elle grandira, il lui sera donné à voir qu’un déguisement se quitte, qu’un spectacle ne se prolonge pas dans la vraie vie, elle l’apprendra seule, à son rythme, et je répondrai honnêtement, du mieux que je peux, à ses questions. Dernièrement, sur un marché de Noël, elle avait peur d’un homme déguisé en chat, jusqu’à ce qu’elle le voit se défaire de son déguisement. Je précise que je n’ai pas fait exprès de l’amener voir les coulisses, elle l’a vu fortuitement. Aurais-je dû nier l’évidence et commencer à broder des mensonges quand elle m’a demandé si c’était pareil pour le père Noël ? Non je ne pense pas. Quant à commencer à rentrer dans des détails qu’elle ne sollicitait pas sur la différence entre le père Noël déguisé du marché de Noël et le vrai père Noël dans le ciel, très peu pour moi. Ou alors, comme lui expliquerai-je que les fantômes n’existent pas quand elle en aura peur ?  Je suis consciente qu’elle posera des questions difficiles au fur et à mesure des années, questions que je n’imagine encore même pas, je ferai de mon mieux pour y répondre honnêtement sans la priver de la part de rêve qu’elle souhaitera elle-même conserver.

On sait très bien que les enfants (et les grands!) ont parfois envie de croire au magique même s’ils le savent impossible. Je ne la détromperai pas si elle a envie de « faire semblant d’y croire » ou de « faire comme si c’était quand même vrai ». Je ne la détromperai pas si elle ne me pose pas de questions. Je lui dirai que certains croient en un Dieu personnifié, certains aux fantômes, certains aux extraterrestres, certains aux pouvoirs des rebouteux ou des voyants, certains au Père Noël, que chacun est libre de ses croyances. Je lui dirai si elle me le demande que je n’y crois mais qu’elle est libre d’y croire. Bref, je ne la priverai pas de rêver au nom d’une vérité rigoriste. D’ailleurs qui détient vraiment la vérité ? Je découvre pour elle l’histoire de la chrétienneté qui nous conduit à fêter Noël aujourd’hui, je me renseigne sur les racines païennes de l’Avent, sur les autres célébrations traditionnelles autour du solstice, dont Sainte-Lucie, la tradition du sapin de Noël, je lui écris mon Histoire de Noël, pour lui offrir une multitude de référence et de croyances possibles.

Je lui lirai ou on lui lira ici et là des histoires de Noël, certaines avec un Père Noël. En revanche, je ne la tromperai pas sciemment, je ne lui mentirai pas alors que je fais en sorte chaque jour de respecter la parole donnée, de dire ce que je fais et faire ce que je dis, ce qui m’a personnellement beaucoup manqué pour me construire (bien au-delà de l’épiphénomène du Père Noël !). Au vu de l’éducation que je lui donne, je pense qu’elle serait effectivement traumatisée de réaliser que je lui ai menti… Comme lui expliquer alors que je ne lui ai pas menti sur le reste ? Et qu’elle-même ne doit pas me mentir ?

Et pour ceux qui tiennent absolument à ce que les enfants croient, ça me dépasse quand même un peu de les voir s’engluer dans des histoires à dormir debout selon les contingences de la vie moderne : « euh oui, le père Noël, il passe pour Noël après la messe de Minuit, mais chez marraine qui part en vacances il est venu en avance… Ah ta cousine dit que le cadeau il vient du magasin de jouet ? Ben c’est parce que la maison de marraine était fermée et le père Noël est passé au magasin de jouets…  (psst t’inquiète pas, il est hyper crédule, ça va passer comme ça) » Comme Maman Chameau, je pense qu’il y a une différence fondamentale entre laisser croire et faire croire ! 

Pour les cadeaux au moins, chez nous c’est clair. Le père Noël n’a rien à voir là-dedans. 

Noël c’est le moment où on encourage le soleil à briller de nouveau plus fort,  c’est le moment où, faute de chaleur atmosphérique, on partage de la chaleur humaine et on s’échange des cadeaux. Bibounette est fière de créer des cadeaux pour ses proches, de chercher des idées. En ouvrant son calendrier de l’avent chocolaté et celui de notre chien gourmand, elle a spontanément proposé de partager avec un monsieur SDF et son chien. En retour, cet homme lui a offert le lendemain un ballon sculpté. Elle l’a chaudement remercié, je n’allais pas lui dire que le père Noël était passé alors que cet homme avait créé de ses mains cet objet pour elle : il est là l’esprit de Noël, pas dans le mensonge! 

Et puis, sur le plan pratique, dans nos emplois du temps surchargé, pouvoir acheter ou se faire livrer les cadeaux en la présence de Bibounette (sauf éventuellement les siens pour préserver la surprise) est un gain de temps précieux que je préfère passer avec elle plutôt que de devoir m’éclipser en douce à la recherche des cadeaux du père Noel ou de devoir expliquer que le livreur est en fait un lutin du père Noel .

En outre, nous avons choisi d’éduquer Bibounette « sans punitions ni récompenses » selon l’expression consacrée. Or le Père Noël est quand même là pour récompenser les enfants « s’ils ont été sages ». Le discours tenu en ce sens par un des petits camarades d’école de Bibounette m’a mise un peu mal à l’aise. Chez nous on se fait des cadeaux parce qu’on s’aime, pas sur le mode carotte et bâton…

Au final, vous l’aurez compris, chez nous le Père Noël est une belle histoire avec un personnage doux qui propage l’esprit de Noël. Ce n’est qu’une belle histoire mais c’est déjà beaucoup! Alors quelle histoire ? Eh bien une histoire d’amour partagé et de respect des croyances des uns et des autres.

J’en ai déjà parlé ici , en m’inspirant de livres de Noël sans dogmes sur le père Noël et la religion comme le P’tit doc Noël. Pour ce qui concerne le père Noël à la place que j’ai choisie, je retiens des ouvrages comme Liv et Emy fêtent Noël , à la fois précis et poétique ou « Agathe ne croit pas au Père Noël » (ce dernier peut-être à réserver aux enfants qui posent déjà des questions). Il existe aussi un grand nombre de contes de Noël et d’hiver déconnectés du Père Noël qui conviennent donc à toutes les familles qu’elles que soient leurs croyances autour du Père Noël, comme Joyeux Noël Petite Taupe ou d’autres doux contes cités  ici par Galex la fée .

Le billet de Ragnagna et les commentaires y afférant ont nourri ma réflexion, avec des phrases que je pourrais utiliser pour parler de Noël à Bibounette. Par exemple : « On raconte qu’il existe un père Noël ou un Saint Nicolas, personne n’en a jamais eu la preuve, mais pour honorer l’esprit de ce conte, Noël, c’est le moment où on fait des cadeaux aux gens qu’on aime. On raconte aussi que c’est à ce moment là que Jesus est né »

D’autres commentaires sur l’article de Ragagna me parlent beaucoup : « On en parle beaucoup mais on ne dit pas qu’il existe. … s’est posée la question vers 4ans. Avant elle en parlait comme elle parlait de petit ours brun et autres… A 4ans on lui a dit que certains y croyaient car elle nous a interrogés et on lui a dit qu’il fallait toujours respecter les croyances des autres. Légendes, religion, imagination etc…Baignés dans la légende avec les histoires, ils n’ont jamais été démunis ni mis à l’écart. Et ils jouent le jeu à fond quand il y a des « croyants » »  ou encore : « je pense qu’il faut être honnête quand l’enfant se questionne – quitte à utiliser la ruse de lui retourner la question pour savoir ce qu’il en pense – et ne pas chercher à tout prix à maintenir la magie ».

En bref, j’ai choisi de ne pas mentir, de ne pas devancer ses questions mais de l’encourager à s’exprimer, d’écouter et de répondre honnêtement, de la laisser croire à ce qu’elle veut mais de ne pas lui faire croire que les histoires et la réalité se confondent…

Et vous, qu’en pensez-vous?

 

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Discussion

5 réflexions sur “Père Noël es-tu là ?

  1. Alala, que de discussions passionnantes peuvent naître de ces échanges ! Alors, ta longue réponse en mériterait une plus structurée, mais, pour essayer d’être brève (ce n’est pas mon fort, ni le tien je crois) :
    – je voulais surtout souligner le fait que, croyant ou non aujourd’hui, il est indéniable que les valeurs de notre société et la manière dont elle est aujourd’hui encore structurée sont un héritage de toute une tradition judéo-chrétienne. Pour moi, le fait que tu utilises l’adjectif cartésien en est un excellent exemple (même si j’entends bien que tu l’utilises dans le sens courant et pas comme une référence directe à Descartes bien entendu),
    – je te rejoins entièrement sur la nécessité d’accorder une dimension spirituelle à nos existences, et que celle-ci ne passe pas nécessairement pas la religion (bon, à mon sens, il vaut même mieux qu’elle ne passe pas par la religion, en fait, mais j’essaye de faire abstraction de mon propre jugement le plus possible pour rester ouverte)
    – par rapport à ce que tu dis des contes de fée, Django est dans un questionnement assez similaire (« mais pourquoi ce loup il utilise des couverts ? Est-ce que les moutons peuvent parler? » etc) : pour moi, c’est justement très rassurant qu’il pose ces questions ; on peut éclaircir les choses, parler de l’extraordinaire pouvoir de l’imagination, faire la distinction entre ce qui se passe dans les livres et la réalité. Mais si ça te met mal à l’aise, pourquoi ne pas aborder les choses de manière tout à fait montessorienne et bannir ces ouvrages de chez toi ? Franchement, je trouve d’ailleurs toutes ces histoires pour enfants avec des animaux qui parlent généralement assez nulles. Par contre, j’aurais du mal à me passer de contes de fée. J’ai par exemple très envie de raconter Peter Pan à Django (j’attends encore un peu). Ce qui m’amène à la réponse suivante :
    – Steiner et le symbolisme, dis-tu. Je ne sais pas si c’est tant la question du symbolisme. Disons que là où Montessori dit que le petit enfant n’est pas capable de faire la distinction entre monde réel et monde imaginaire avant 5, voire 6 ans, et conseille donc de ne pas confondre ces deux univers en optant très nettement pour des histoires, des activités, des situations de jeux directement ancrées dans le premier, Steiner part d’un constat tout à fait similaire (ouf, c’est déjà ça, soyons positif ; lui parle plutôt de la perte des dents de lait, parce qu’il préfère… les étapes symboliques, uhuh), sauf qu’il en déduit quelque chose de tout à fait différent : le petit enfant n’est pas encore à même de faire cette différence, elle n’est pas structurante pour lui et il n’est donc pas nécessaire d’insister sur ce qui est réel ou ce qui ne l’est pas, l’enfant va apprendre indifféremment des expériences qu’il tire du monde réel ou du merveilleux, jusqu’à ce qu’il parvienne à faire la part des choses. Jeux de fées, mythologie, contes religieux sont donc effectivement très présents, même si mis sur le même pied dans la plupart des écoles (à vérifier sans doute avant d’y inscrire son enfant, évidemment, mon chéri était très à cheval sur cette question car il n’est pas du tout du tout en accord avec les Chrétiens d’aujourd’hui). Il va de soi que si l’enfant pose la question, l’adulte ne ment pas (s’il choisit de ne pas répondre directement, il demandera à l’enfant : « et toi qu’en penses-tu ? » parce que, finalement, un petit qui pose cette question, cela veut bien dire qu’il a déjà fait la distinction, mais peut-être a-t-il besoin de croire encore un peu, ou plutôt de prétendre qu’il croit).
    – D’où je réponds enfin à ta question sur l’école de Django : j’en suis contente dans la mesure où je voulais un cadre chaleureux et familier pour mon fils, une structure petite (ils sont +/- 12 en classe, contre 23-25 dans les classes traditionnelles en Belgique), conçue comme un prolongement de la maison. Je suis heureuse que la pédagogie Steiner-Waldorf accorde autant d’importance au temps passé dehors, au caractère répétitif et structurant des activités, ainsi qu’au temps passé aux travaux manuels et arts créatifs. Mon petit garçon est un cérébral, je voulais donc lui éviter à tout pris une école où on commence déjà les activités de calcul et d’écriture en maternelle car je pense qu’il se serait rapidement ennuyé. Je voulais qu’on ne l’oblige pas à dessiner des bonhommes (ou tout autre consigne qui guide les travaux dit artistiques), je souhaitais qu’il puisse se salir un maximum les mains, qu’il soit en contact avec un environnement beau, calme (bon là, heu, je ne suis pas sûre qu’une classe de maternelle puisse véritablement être calme), et sécuritaire. Je crois que cette école répond à mes attentes. Après, je ne partage pas du tout la conception de l’autorité développée par Steiner, la manière dont l’école l’applique pour mettre en place un système de récompenses / punitions, je ne suis pas d’accord sur le peu (l’absence en fait) de choix qui sont laissés à l’enfant avant l’âge de sept ans, le fait qu’il ne sera invité à donner son avis et à participer à l’établissement des règles de vie qu’à partir de 10 ou 11 ans, etc. Mais je crois que sur ce versant, nous faisons du bon travail à la maison, aussi je ne suis pas trop inquiète.

    Je termine en te mettant en copie un morceau de l’édito du journal de l’école, écrit par sa fondatrice pour ce temps de Noël :

    « Dans une étable, au coeur de la nuit, à l’insu de tous, réchauffé par le souffle des bêtes, un enfant est né. Il est nu, pauvre, désarmé. Même pas un berceau pour l’accueillir. Nous pourrions l’écraser comme un rien. Et pourtant, nous le célébrons.

    Même si nous ne sommes pas chrétiens, nous pouvons nous attacher à l’image de l’enfant Jésus qui paraît au coeur de la nuit. Elle nous raconte le miracle de la naissance et la promesse qu’elle recèle. Le petit enfant […] détient bien caché le germe d’un grand pouvoir : celui d’un jour transformer le monde.

    […]

    A chaque naissance, c’est l’extraordinaire qui se produit. Une étincelle divine s »allume. C’est cette petite étincelle dissimulée dans chaque enfant, susceptible d’un jour réjouir le monde, qu’il est de notre devoir de protéger. Sans notre vigilance, elle pourrait s’éteindre au premier courant d’air. Notre responsabilité est là : assurer une autorité qui fasse grandir ceux dont nous avons la garde. Que puissent un jour paraître aux yeux de tous ce qui existe déjà dans le secret.

    […] »

    J’ai l’impression que ce texte pourrait te parler… et relancer encore la réflexion !

    Plein de tendresse vers toi et les tiens

    Aimé par 1 personne

    Publié par Alys | 26 décembre 2016, 23 h 15 min
    • Oh la la, que de choses intéressantes tu me racontes là! (comme d’habitude, mais on ne s’en lasse pas! 😉)

      Déjà, merci infiniment de m’avoir livré le récit de l’édito de Noël : ça m’inspire effectivement beaucoup! Et je vais ajouter ça à mon histoire de Noël 👌

      Pour le reste des pistes que tu évoques, un point que tu soulèves et qui m’intéresse particulièrement, c’est celui de la perception réel / imaginaire. J’avoue humblement que je ne pensais pas aussi tardive la faculté de faire vraiment la différence entre les 2… Et jusqu’à présent, j’avais plutôt tendance à m’évertuer à lui inculquer cette différence de peur que les contes ou autres histoires ne l’effraient….

      Moi, je m’en passerai volontiers des animaux qui parlent et des contes et légendes en me recentrant sur Montessori tant je suis mal à l’aise avec ça mais comme l’école qu’elle fréquente lui propose ce type de contes sans accompagnement adéquat (à mon goût), je suis bien obligée de faire le job à la maison lorsque ses questions émergent. En fait, l’école qu’elle fréquente cette année est une sorte de jardin d’enfant d’inspirations pédagogiques alternatives multiples, concept qui m’a séduite car comme toi je voulais une école à petit effectif, multi-âges et accompagnement personnalisé. Là-dessus je suis assez satisfaite mais malheureusement « inspirations pédagogiques diverses » équivaut en réalité à « très superficiel ». L’an prochain, elle fréquentera une école Montessori, je verrai si je suis plus satisfaite… et elle aussi surtout… car il est net qu’elle aime être au contact des grands dans son école et apprend ainsi beaucoup mais elle s’ennuie aussi un peu parfois…

      En tout état de cause, lorsqu’elle me questionnera, je vais tenter de lui retourner plus souvent la question… ce sera plus constructif pour toutes les 2!

      Ensuite, ce que tu me dis sur les contes de fée m’interpelle 🤔car personnellement comme tu l’as compris, je ne sais pas comment aborder cela (parce que dans ma tête il résonne à chaque ligne « ben non, c’est pas réel »). Peut être devrais-je partir de l’idée de Steiner de nourrir les enfants d’histoires merveilleuses autant que d’histoires réelles? Aurais-tu une lecture à me conseiller? Peut être as tu déjà fait un article sur le sujet? Ou pourrais tu 😍 en faire un ? Pour ce qui concerne la pédagogie Steiner, aurais tu un bouquin en particulier à me conseiller? Ou un blog?

      Merci encore pour tout! Je te souhaite ainsi qu’à tes proches une douce fin d’année ❤️

      J'aime

      Publié par biboumam | 28 décembre 2016, 16 h 01 min
  2. Je pense que tu as complètement raison. La seule remarque que j’émettrais : je ne mettrais pas le Père Noël et Dieu sur le même pied ; l’un est tout de même un produit de consommation de masse, l’autre une référence spirituelle pour des millions de gens sur terre. Ce n’est pas que je veille accorder une certaine déférence au second, mais je me dis que ça pourrait peut-être créer une certaine ambiguïté plus tard pour Bibounette (pour le moment, il n’y a surement aucun problème ; mais imagine qu’elle éprouve à un moment un besoin de spiritualité très fort et l’envie de s’orienter vers une religion) et puis peut-être tout simplement heurter la sensibilité de certains croyants qui te liraient ou t’entendraient. Mais c’est une petite remarque en passant.
    Du coup, moi je centre plutôt mon histoire de Noël sur la naissance de Jésus. Après tout, c’est une figure historique, et il est indéniable que notre société occidentale est profondément et durablement marquée par la culture judéo-chrétienne. Je ne vois pas très bien comment faire l’impasse sur les références bibliques si nous voulons comprendre d’où nous venons, même si personnellement je ne suis pas croyante.
    PS : mais diantre pourquoi ai-je cliqué sur le lien vers la boutique esty dans ton précédent billet ? Le tableau à (dé)compter est génial, mais je craque complètement sur les puzzles lunaires, que je trouve tout simplement sublimes (et impossible à faire chez nous, malheureusement).

    Aimé par 1 personne

    Publié par Alys | 20 décembre 2016, 13 h 25 min
    • Merci Alys pour ton commentaire qui m’a donné à réfléchir pour préciser ma pensée 🤔
      En vérité, je m’aperçois que je manque cruellement de culture sur l’histoire des religions, cela m’a toujours un peu manqué mais aussi un peu rebutée, sans doute du fait de mon éducation, mais maintenant qu’il s’agit pour moi d’accompagner un enfant dans la découverte du monde, notre monde, marqué par cet Histoire, je m’aperçois que ce manque est d’autant plus criant… voilà donc une lacune à combler…
      Car avec mes connaissances du moment et mon esprit très cartésien, j’ai un peu tendance à mettre dans le même grand sac un grand nombre de croyances qui personnellement ne me parlent pas.
      Évidemment, je suis d’accord avec toi que fourrer dans le crâne d’un enfant des sornettes sur une vague histoire de père Noël n’est pas à mettre sur le même plan que des millénaires de spiritualité qui ont conduit petits et grands à se reconnaître (ou pas) dans les grands principes d’une religion donnée et je te remercie de m’en avoir fait la remarque en soulignant notamment l’implication de mes propos. J’ai d’ailleurs légèrement modifié l’article initial pour préciser un peu ma pensée en attendant de te répondre ici plus longuement.
      Mes croyances n’engagent que moi et je devrai réfléchir à comment très concrètement laisser à Bibounette son libre-arbitre sur la question, gageure s’il en est car j’ai bien conscience que si je lui dis « moi je ne crois pas mais tu es libre de croire », selon son âge, je l’influence déjà…
      Il n’en demeure pas moins que, pour moi, spiritualité et religion sont 2 notions très différentes. Si la première me paraît une question fondamentale qu’il ne s’agit pas d’éluder, la croyance en un Dieu personnifié et les rituels religieux qui en découlent me paraissent, sans doute faute de connaissance, tout aussi farfelus que le miracle du père Noël voguant dans les cieux sur son traîneau tiré par des Rennes. A ceci près, comme tu le soulignes, que le père Noël est une vaste farce commerciale alors que les rituels religieux sont la résultante de l’Histoire. Il me reste donc à me pencher sur l’Histoire et peut-être alors la symbolique me parlera-telle plus… Et sans forcément y adhérer, je serai au moins en mesure de parler à Bibounette en connaissance de cause des faits historiques, de l’histoire romancée et des croyances et rituels…
      Pour l’instant, quand je m’inspire du Petit Doc Milan sur Noël, c’est avant tout moi que j’instruis et je pense que cet ouvrage me plaît justement parce qu’il part de l’Histoire et des cultures différentes et propose différentes pistes sans trancher. Cela me convient car, quand je ne maîtrise pas un sujet, je ne parviens pas à transmettre des choses à Bibounette alors que je ne suis moi même pas convaincue… C’est pourquoi sur Noël, je lui parle essentiellement de la lumière, du soleil qui peine à briller et reprend de la vigueur, ça c’est factuel, des célébrations autour du solstice qui ont fédérés les hommes au fil de l’Histoire et conduit les uns et les autres à choisir cette date pour des événements dont on est bien incapable de savoir des millénaires plus tard à quelle date exacte ils ont eu lieu… De la composante Jésus, je retiens essentiellement le message d’amour et le partage… que je relie à l’échange de cadeaux, de là à dire que je remplace le Père Noel par Jesus, il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas…
      Tu l’auras compris, pour moi la cartésienne, toutes les croyances débouchant sur des rituels imposés, des vérités révélées, des dogmes à appliquer diffèrent essentiellement par leur historique, leurs conséquences, leur implication sur un monde plus ou moins vaste, mais pas tant que cela par essence ni par leur mécanisme… mais pourquoi donc des parents convoquent-ils le père Noël et ses lutins pour menacer leur enfant s’il n’obéit pas… par quels mécanismes des gourous contraignent-ils des adeptes en quête de salut craignant la punition divine?
      Je me dis que c’est justement en choisissant de ne pas leurrer son enfant (pas uniquement sur le père Noël d’ailleurs!) qu’on lui offre de développer son esprit critique, c’est en lui délivrant un message d’amour gratuit et non pas une idée de bien se comporter pour éviter la punition qu’on forge son système de valeurs…
      Mais il reste à savoir comment ne pas leurrer et là dessus je me fais des noeuds au cerveau… car la vérité peut être multiple. Or en toile de fond je suis un peu paralysée par mon hermétisme à la symbolique… J’essaie de me soigner (!) mais ton commentaire m’en fait de nouveau prendre conscience. Peut-être devrais me pencher plus sur la pédagogie Waldorf (je vais d’ailleurs lire cet article : http://www.chantdesfees.fr/2016/12/23/leducation-waldorf-chretienne/; et toi, tu es contente de l’école de Django?) car les symboles liés à la nature sont ceux qui me sont le moins hermétiques… Pour l’instant j’ai tendance parfois à aller sur le terrain de la symbolique car je sens bien que c’est un éclairage sur un monde parfois abrut. Mais très honnêtement, j’ai l’impression d’appliquer cela artificiellement car pour moi la frontière est mince entre la symbolisation et le mensonge.
      « Le loup, il est dans la forêt à côté de notre maison ?  »  » Ben non, qui t’a raconté ces sornettes? » « Ben le petit chaperon rouge…  » bien bien j’aborde ça comment moi? J’aurais tendance à tout balayer d’un revers de main en colère contre l’école qui lui a lu le conte… mais je sais bien que je ne la protégerai pas de tout et que de toutes façons, ayant eu accès à cette connaissance, elle attend désormais de moi des réponses… alors il va me falloir les trouver pour moi avant de l’aider à trouver les siennes…

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      Publié par biboumam | 22 décembre 2016, 23 h 39 min

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