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Bibounette au musée

Si Bibounette a deja expérimenté plusieurs « pestacles » en tous genres, nous n’avons pas eu beaucoup l’occasion de visiter les musées… mais la semaine dernière, elle a particulièrement apprécié la visite impromptue à l’Orangerie du Sénat où pour son plus grand plaisir, elle était invitée à toucher les sculptures !

Parisiens, précipitez vous, il s’appelle Thomas Ostoya et c’est jusqu’au 10 Juillet!

Sanguine versus rabat-joie

Il est une chose à laquelle je ne m’attendais pas en devenant maman, c’est de revivre mon enfance en voyant mes parents interagir avec Bibounette. Certaines phrases ne prennent aux tripes, et j’en conclue qu’elle m’ont marquée au fer rouge et que cela me guide aujourd’hui pour offrir à Bibounette une éducation la plus épanouissante possible, en bannissant ces mots qui tuent… Papacahuete me reproche parfois de faire de la sémantique mais pour moi, c’est central dans l’éducation et la façon dont l’enfant reçoit les informations pour construire la confiance en soi.

Des exemples de phrases qui me hérissent, associées à un ton péremptoire ?

Tu ne pourras pas

Je vais le faire (ou pourquoi j’ai choisi Montessori! ou pourquoi je suis devenue patiente! ou pourquoi je n’empiète pas sur l’espace vital des autres! )

C’est comme ça

Tu verras quand tu seras grande 

Il y a des gens que ça va déranger

Arrête ta comédie 

Attention / tu vas / ne vas pas

Voyons, tu ne vas pas 

Allez, le petit mot qui interrompt les élans spontanés et marque le procès d’intention

Ah bon, l’expression qui pourrait être neutre mais marque dans ma famille la désapprobation

Tu vas te faire remarquer

Tu as faim, tu as sommeil (juste parce que l’heure fixée par les parents a sonné), tu as chaud (tu vis à l’intérieur de moi?)

Il y a aussi les questions répétées, qui de prime abord semblent faire participer l’enfant au choix, mais qui ignorent son refus ou son avis exprimé, pour revenir à la charge une énième fois
Toutes ces phrases qui tuent la spontanéité, la joie, qui induisent la peur du regard des autres, toutes ces phrases qui imposent l’arbitraire, notamment dans les horaires à respecter, y compris pour les temps de jeux et les besoins physiologiques et qui font naître un sentiment d’injustice en même temps qu’elle nient le ressenti de l’enfant.

Je lisais récemment les articles de Monique du Chant des fées sur la description des tempéraments dans la pédagogie Waldorf. Je ne suis généralement pas très fan des catégories qui peuvent enfermer comme autant d’étiquettes mais ces descriptifs m’ont semblé intéressants, également quant aux conséquences qu’on en tire sur l’éducation appropriée à donner aux enfants selon leur tempérament. Il y a les enfants sanguins, et si je ne me trompe pas Bibounette en est, de même que son papa quoique teinté d’un peu decolérique. Quant à moi, comme tous les membres de ma famille, j’ai été une enfant mélancolique, et je le suis restée adulte. Mais je crois, contrairement à ma famille, être mélancolique sans être rabat-joie… je suis même parfois moins rabat-joie que mon solaire et optimiste compagnon, car je place la spontanéité de Bibounette en feu sacré à ne surtout pas éteindre. J’ignore si de mon côté, j’avais ce feu sacré, si j’ai été un jour une enfant sanguine, dont la spontanéité a été à ce point bridée qu’elle a totalement disparue… ou si je suis née mélancolique et dénuée de spontanéité… en tout état de cause, sauf avec les animaux dont j’apprécie tant le contact non jugeant (CQFD), je suis dénuée de spontanéité, toujours dans le contrôle cérébral…
Steiner préconise de rassembler les enfants par tempéraments, de sorte qu’au contact de ses semblables, l’enfant s’aperçoive seul des excès liés à ce tempérament… Peut-être entre enfant mais en ce qui me concerne, j’ai baigné dans une famille mélancolique qui avait un ascendant sur moi que je n’ai même pas eu l’idée de remettre en question, de peur de déranger… Et n’ayant pas eu l’occasion -jusqu’à très tard à savoir la rencontre de ma moitié- de m’autoriser à voir qu’il existait d’autres tempéraments, enfermée dans un conflit de loyauté envers cette famille avide de drame… j’ai eu toutes les difficultés à m’en extraire…

Alors quand je vois la joie pure de Bibounette s’exprimer en toute spontanéité et inventivité, c’est de l’or en barre!


Et vous, y a-t-il des petites phrases qui vous hérissent?

Juste un ourlet

Avec ce beau soleil, j’ai ressorti la garde-robe d’été de Bibounette. Je vous prépare d’ailleurs un article sur mes marques fétiches depuis plus d’un an… (mais ne désespère pas de le finir bientôt) . Bref, je prends soin d’acheter des pièces oversized afin qu’elles durent plusieurs saisons. Je pensais que c’était le cas pour un pantalon en soie sauvage Errandi Kids mais c’était sans compter les goûts marqués de Bibounette qui décidément n’aime pas les pantacourts sur lesquels elle tire à longueur de temps pour les rallonger… J’ai donc décidé de le transformer en bermuda…

C’est chose faite ce matin… Car j’ai appris à coudre depuis que Bibounette est née…

J’ai beaucoup appris depuis que Bibounette est née car en favorisant son autonomie, en ayant les idées pour créer pour elle, je me suis vite apperçue de toutes mes lacunes sur toutes les actvités du quotidien, je suis vite débordée car je me sens tout à fait incapable. Un arbre à tailler? Je suis incapable de grimper sur une échelle, j’ai trop peur…

Alors laisser Bibounette exprimer ses capacités en toute spontanéité prend tout son sens. Etre là évidemment pour la protéger mais sans la brider dans ses essais, sans l’arrêter par les mots « attention » ou « tu ne pourras pas » ou « je vais le faire » que j’ai tant entendus et me conduisent, adulte, à devoir tout apprendre… J’ignore si un jour je saurai vraiment faire seule toutes ces choses que je n’ai pas eu l’occasion d’expérimenter… Je me sens vraiment handicapée… La tache est immense, alors en attendant, j’écris, car ça au moins je sais faire (ou du moins je crois savoir un peu faire et j’ai été formée pour…). Et je grandis avec ma fille…

De l’organisation

J’ai toujours été organisée, méthodique, perfectionniste, sans doute une façon de canaliser mon angoisse existentielle…

Et puis j’ai rencontré ma moitié, qui a fait souffler un vent de liberté, de lâcher-prise, de folie, d’imprévu assez salvateur… C’était drôle pour moi à la vie si bien réglée de me retrouver dans des situations loufoques liées à son étourderie… de faire des découvertes au gré du vent…

Et puis Bibounette est arrivée et surtout est arrivé le temps de la crèche puis de l’école. Ce qui était drôle un temps -arriver échevelée en riant dans un train accroché de justesse… ou tout aussi échevelée le rater et jouer enfin à la mauvaise élève en arrivant en retard au bureau- est devenu lourd et pesant…

J’ai bien tenté de reprendre mes basiques de l’organisation mais elle n’était vue que comme un carcan pénitentiaire… Nous parents ne renoncerions pas à l’imprévu, au changeant, au spontané…

3 ans plus tard, la fatigue liée aux approximations est toujours là et plus ennuyeux déteint sur l’éducation que je parviens à proposer à Bibounette…

Depuis des mois, face à une petite fille au caractère bien trempé, que je suis fière de voir s’exprimer et exprimer ses goûts, je m’interroge sur les limites à lui fixer. Est-ce nécessaire de lui fixer des limites? Qui suis-je pour lui fixer des limites? Est-ce que je ne risque pas de nier son ressenti? (j’ai ai parlé ici et )

Je me dis bien que les seules limites auxquelles je crois vraiment, ce sont celles liées à la sécurité et celles liées au respect d’autrui… Mais où placer le curseur? Comment la laisser s’exprimer, ne pas lui imposer de règles arbitraires auxquelles je ne crois pas tout en lui offrant un cadre rassurant qui l’aide à grandir, tout en évitant d’en faire un enfant roi tyrannique que sa propre tyrannie finirait par faire souffrir…

Et tout à coup, j’ai eu comme une révélation, aidée en cela par certains de vos commentaires (merci!) : elle n’a pas besoin de limites mais d’un cadre car ce n’est pas à elle avec ses petites épaules de créer ce cadre qui permet aux jours de couler plus facilement!

Et qui dit cadre, dit organisation… un minimum… et constance… un maximum… Il m’importe vraiment de dire ce que je fais et surtout de faire ce que je dis, j’ai moi même trop souffert qu’on me fasse prendre des vessies pour des lanternes… Il m’importe que ma fille ait confiance en ma parole, de ne pas lui mentir… Mais je n’avais pas réalisé que notre façon de changer les règles au gré du vent fait que pour Bibounette notre parole n’est pas fiable… vu qu’elle change tout le temps… et c’est particulièrement insécurisant… Cela lui donne aussi l’illusion que c’est à elle de fixer les règles de vie à la maison puisque nous en sommes incapables…

Poser un cadre nous permettra je l’espère à nous adulte de gagner en temps libre ou du moins en temps plus serein, et à Bibounette d’évoluer plus sereinement grâce à des repères clairs… Elle est d’ailleurs très demandeuse de discuter de son programme et de s’y tenir une fois celui-ci fixé. Grâce aux outils de gestion du temps que nous avons déjà mis en place, elle devrait avoir plus de facilité aussi à gérer sa frustration, souvent liée à des questions de timing.

Je ne pense pas et ne souhaite pas me mettre à imposer des règles strictes et arbitraires, appliquées de manière immuables quelles que soient les circonstances. Inutile d’imposer à Bibounette un passage au jardin après l’école alors qu’il pleut des cordes sous prétexte que le cadre prévoit un temps de loisir après l’école! Il peut être remplacé dans ce cas par un espace de jeu intérieur! Je pense ainsi rester dans des règles souples qui peuvent varier en fonction des circonstances (activités variables selon la météo, choix libre mais pas cumulatif du temps de loisir après l’école) mais qui seront constantes et compréhensibles dans leurs critères d’application… même si parfois ça me sera difficile car j’aime bien aussi parfois suivre mes envies fluctuantes…

Et j’espère parvenir plus facilement à distinguer les véritables désirs de Bibounette de ses besoins de réassurance quant à la constance rassurante du cadre qu’elle questionne uniquement pour verifier s’il est bien solide et protecteur…

La suite au prochain numéro…

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Revenons-en à nos moutons

Depuis toute petite, j’aime être au contact des moutons. J’aime leur odeur, j’aime avoir les mains poisseuses de lanoline, j’aime leur caractère farouche et doux, leurs yeux expressifs, j’aime les apprivoiser et qu’ils m’apprivoisent…. Dans la ferme de mes grands-parents d’abord, j’ai donné des biberons à de petits moutons que leur mère rejetait ou dont la mère n’avait pas assez de lait, j’étais déjà mère nourricière et s’ils ne buvaient pas le lait à mon sein, ils ne manquaient pas de câlins tout contre mon cœur… Ceux là restaient à la ferme ensuite… Mon grand-père avait cet amour des bêtes…

En 2007, je traversais un passage à vide et j’ai ressenti le besoin de revenir à mes sources, dans ma campagne corrézienne. J’y ai rencontré Biquet, un agneau qui allait me donner la force de continuer ma vie et je crois lui avoir donné la force de continuer la sienne. Son éleveur (mon oncle, qui a pris la succession de mon grand-père, mais n’en a ni l’intelligence ni le cœur) ne trouvait évidemment pas rentable de le soigner et le laissait mourir à petit feu, il était si carencé qu’il ne tenait plus debout, je l’ai nourri avec un lait adéquat, vitaminé, soigné, déplacé dans mes bras puis dans une brouette pour le changer régulièrement de position, le mettre tantôt à l’ombre, tantôt au soleil, je lui ai fait des piqûres quotidiennes pendant plusieurs semaines, et il m’accueillait avec joie, car il savait que je prenais soin de lui, je l’ai emmené dans la salle d’attente d’un cabinet vétérinaire (car son éleveur -mon oncle grand défenseur de la sélection naturelle conjuguée aux primes agricoles- avait honte que je fasse venir à la ferme un vétérinaire à mes frais pour « ça »). Il est devenu un bélier un peu biscornu mais bien vaillant qui a retrouvé droit de cité lorsque mon oncle s’est aperçu que le bélier biscornu rendait son troupeau plus fertile qu’il ne l’avait jamais été.

J’aurais tant aimé avoir mon propre troupeau, avec Biquet en tête… Mais je devais repartir à Paris et je n’avais pas les moyens d’embaucher quelqu’un resté sur place pour s’en occuper. Alors j’ai dû avaler des couleuvres, abandonner au passage ses compagnons d’infortune marqués en rose, bleu et vert – pour que mon oncle le garde dans son troupeau jusqu’à ce qu’il meure de vieillesse… En mon absence seul mon père, autre amoureux des bêtes, pouvait l’approcher. A chacune de mes visites, Biquet m’accueillait toujours en frétillant alors qu’il chargeait systématiquement mon oncle! Et aujourd’hui ma fille dort sur un oreiller fabriqué avec sa laine… Et elle porte des vêtements fabriqués avec d’autres laines… L’amour est là …

Aujourd’hui, je ne sais pas bien fixer des limites à ma fille, je ne parviens pas à lui dire non quand elle exprime une envie qui me semble venir du cœur. C’est sans doute parce que depuis que je suis née, je n’ai manqué de rien de ce que mon oncle et ma mère (sa sœur cadette qu’il tient sous sa coupe depuis leur enfance, se posant en sauveur de leur mère tyrannique) avaient décidé pour moi mais en revanche les rares envies que j’avais osé exprimer ont été balayées d’un revers de main « mais voyons, tu n’y penses pas! »

Le temps a passé, dans la famille de Biquet, j’ai nourri une Finette puis Bibounette a nourri l’été dernier une petite agnelle aux pattes noires…

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Et sur ce coup là, mon oncle a eu beau essayer de déformer une nouvelle fois la réalité, à Bibounette on ne le fait pas : une petite agnelle même devenue grande garde ses pattes noires et est facilement reconnaissable au milieu du troupeau… Ma fille me donne de la force, mon homme aussi… C’est grâce à eux et parce que je n’avais plus rien à perdre qu’à la mort de Biquet, j’ai racheté et recueilli tous les agneaux dont il était le père. Les femelles sont venues dans une ferme pédagogique d’Ile de France, à 2 pas de chez nous. Les mâles qui étaient voués à l’abattoir sont ma propriété et sont restés en Corrèze, la petite agnelle aux pattes noires, petite fille de Biquet va rejoindre ce mini-troupeau… Mon rêve, ce serait d’avoir une vraie ferme à moi, là-bas, dans ma campagne, il deviendra peut-être un jour réalité, même s’il me faut résoudre des équations parfois difficiles : le budget pour recueillir, nourrir, soigner des animaux, les stériliser pour ne pas avoir à vendre les produits de la ferme, l’achat de terrains agricoles quand on n’est pas agriculteur…

En attendant, je collecte la laine de tous les moutons, les miens et alentours pour faire de la literie et alimenter les copines qui feutrent 😉

En attendant, je suis revenue à Paris en 2007 avec un chat (plus compatible avec l’appartement parisien qu’un mouton 😉 ), rejoint par un chien et une tortue depuis que nous avons une maison avec un jardin…  Dans lequel je mets les escargots à l’abri des pattes du chien et des humains… Là aussi, je suis un peu jusqu’au boutiste, sans doute en réaction au concept douteux de sélection naturelle tel que manié par mon oncle… Et j’ai parfois du mal à accepter les lois même de la nature, la culpabilité au bord des yeux… Et dans le dernier documentaire animalier visionné, mon homme aussi a détourné les yeux devant le cadet des éperviers sacrifié, tout en cherchant la télécommande pour le cacher à Bibounette… De mon côté mon cerveau bouillonnait sans trouver de solution à cette affaire, sans trop de culpabilité malgré tout sur ce cas d’espèce :  qu’aurais-je pu faire, moi humain, pour sauver cet oiseau? qui suis-je pour m’interposer entre lui et ses parents? N’aurais-je pas risqué au contraire que les parents se détournent de la couvée toute entière? Je me résolvais à laisser Bibounette entrevoir une de ces lois de la nature, subtilement abordées dans le livre DVD Voir les animaux naître dans l’espoir que le cycle de la vie soit moi tabou pour elle que pour moi… En attendant, je suis bien contente que mon chat ne me ramène pas d’oiseau en trophée…

 

 

 

 

Avoir le droit d’être soi

Je milite pour avoir le droit d’être moi et si possible d’être aimée comme telle et non pas me faire imposer des choses arbitraires comme à un enfant, comme quand j’étais enfant

D’ailleurs quel humain est-on pour imposer ça aux plus faibles : ses enfants, ses animaux, son conjoint plus fragile, ses amis en difficulté…

C’est viscéral, j’en ai tellement souffert que je suis bien incapable d’imposer des choix arbitraires à ma fille, mais alors suis-je capable de lui fixer des limites?

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Et vous, vous faites comment? 

Et voici le mois de Mai

Et voici le mois de Mai…

Après les mois marqués dans notre famille par les anniversaires et l’arrivée du printemps, pour moi, le mois de Mai est bien celui des élections, occasion de mémoire et de projection vers l’avenir… Et oui, j’y crois encore… Car même si je suis fort déçue par les humains, je dois bien garder au fond de moi un petit espoir, car sinon je n’aurais pas pris la responsabilité de mettre au monde une petite humaine. Parce que si mon grand-père s’est battu pour la France libre, ce n’est pas pour que je fasse la fine bouche. « Tu rêvais d’être libre et je te continue » écrivait Paul Eluard. Le 10 Mai 1981, j’avais 2 ans et ma chienne bien-aimée, Romi, venait au monde. En Mai 1988, je parlais politique avec mon grand-père et ses voisins,  j’étais à l’école primaire, mes parents parlaient politique avec l’instituteur, je regardais le Bébête Show, cohabitation et majorité présidentielle n’avaient déjà plus de secret pour moi. En Mai 1995, juste avant le bac français, je lisais Les Thibault, je regardais 7/7 et je parlais politique dans la cour de récré. En Mai 2002, je n’ai pas compris. Alors en Mai 2007, je tractais. En Mai 2012, je rêvais, je tenais la main de mon homme et mon grand-père me manquait. En Mai 2017, je tenais la main de ma fille et de mon homme, et mon grand-père me manquait, encore, toujours… Il est né, je suis née, en terre corrézienne qui a donné plusieurs présidents à la France, alors la politique, elle est ancrée en moi avec ses espoirs et finalement peu de désillusions… Car je pense être malheureusement assez lucide sur la nature humaine, alors j’attends finalement assez peu, et surtout, je sais que la vérité est multiple, loin des extrêmes et certainement pas celle que nous laissent entrevoir les media… La preuve en quelques mots, lus en début d’après-midi, où les gros titres accrocheurs ont peu de lien au final avec les véritables paroles détaillées dans l’article que personne ne lit : c’est ainsi que « si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme X » devient en un malhonnête et manipulateur tour de passe-passe « vous faites passer la sécurité avant la proximité »… Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres… Ce qui me désole c’est cette soif chez l’humain de sensationnel… Et chaque jour, je me questionne, dans l’éducation que je donne à ma fille, pour éviter cet écueil, lui donner le goût de l’authenticité et des véritables échanges, du don et non de la manipulation, de l’esprit critique et de la bienveillance…

J’en étais là de mes réflexions de pause méridienne quand j’ai été interrompue par mon ineffable chef, représentant en lui-même tout ce que j’abhorre de la société bien-pensante, prête à tout, tant pour recueillir des lauriers que pour s’acheter une conscience. Le voilà donc tout sourire venant me parler de mon pot de départ… Oui, pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents, j’ai démissionné…Donc à première vue, ça partait bien le chef qui vient proposer un pot de départ… Ben, non, je suis trop lucide pour avoir espéré quoi que ce soit… si je pars c’est que mon cerveau était en train de s’empoussiérer comme celui de mon prédécesseur tant la valorisation du travail accompli atteint le degré zéro dans cette boutique… Et bien le voilà qui me fait l’affront de mesurer la valeur de mon travail en nombre de cacahuètes qu’il est prêt à offrir à mon pot de départ. Mais qu’il les garde ses cacahuètes! Et le pire, c’est que je crois qu’il ne s’est même pas rendu compte de la bêtise de ses propos… Comme il ne s’est pas rendu compte qu’il use l’un après l’autre tous ses collaborateurs…

Heureusement, juste avant le rationnement de cacahuètes, j’avais eu une belle surprise ce midi grâce à Karim (mon vendeur de pâtes chaque midi) et Fatima (sa charmante épouse qui tient la boutique de chaussures enfants Eliott (26, rue de Rochechouart à Paris 9) : une paire Igor offerte pour Bibounette, marque que j’avais repérée depuis longtemps, en coloris bleu qui va faire pousser des waouh à Bibounette, je n’en reviens toujours pas de cette générosité !

 

Bref, voici le mois de Mai, son muguet, ses leçons d’humanité, d’histoire et de géographie et son soleil timide…

 

 

Plastifier, relier, massicoter

Au fur et à mesure que Bibounette grandit et formule de plus en plus clairement des demandes d’activités, me voilà encore plus que précédemment (si, si, c’est possible) partie pour rechercher des activités adéquates… Plutôt que d’acheter des ouvrages et matériels clefs en main, ou pour les compléter, il m’est souvent nécessaire d’adapter des documents trouvés sur le net.

Mes sources d’inspiration tournent beaucoup autour des sites La Classe de Laurène, Coquelipop qui mettent à disposition des documents gratuits et j’ai découvert dernièrement un site de vente de documents pédagogiques La Boutique Pédagogique, à des tarifs très accessibles, l’intérêt étant de trouver toutes les ressources en un même site et aussi de pouvoir commander, si vous ne trouvez pas le document qui correspond exactement à votre besoin, des documents personnalisés (oui, ma tête fourmille d’idées mais je ne suis pas une pro de la conception sur ordinateur…)

Il me reste à les plastifier, les découper, les relier, pour présenter à Bibounette les activités qui correspondent à son envie (et parfois son besoin) du moment… Et pour cela, voici le matériel, que je valide après utilisation intensive!

  • Pour plastifier

Plastifieuse : ce modèle est livré avec la réglette de découpage

Feuilles de plastification : à choisir avec un grammage suffisant

Arrondisseur / corner cutter pour arrondir les coins et éviter de griffer les petites mains : le petit appareil fourni avec ma plastifieuse n’était pas très efficace, j’ai donc investi dans celui-ci qui ma changé la vie

Pastilles velcro

  • Pour relier

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Parce que parfois, j’en ai marre de plastifier, la relieuse est une bonne alternative pour créer des livrets personnalisés que je mélange avec ses livres et que Bibounette peut feuilleter à loisir. Elle me permet aussi de créer des livrets d’exercices. Certes les livrets contrairement aux feuilles plastifiés ne soit pas beaucoup réutilisables (mais ils peuvent éventuellement être réalisés en plusieurs exemplaires) : ils évitent les feuilles volantes,  permettent de faire des collages, constituent un entraînement à la tenue du crayon… Et j’utilise des feuillets bristol de couleur pour séparer les chapitres.

Pour conclure, malgré mon enthousiasme du moment, je garde en mémoire une remarque lue chez Coquelipop : dans la plastification comme pour le reste des propositions, il importe d’éviter l’excès et de faire des choix car la préparation de ces documents peut être très chronophage,  polluante, et contreproductive si l’enfant est noyé sous les ressources…

Et vous, vous êtes fan de fiches aussi?

 

PS : cet article, comme l’ensemble des articles du blog, n’est pas sponsorisé

Dénombrer, compter, énumérer…

Vous êtes-vous réveillé un jour en vous disant « ben ça alors, comment a-t-elle appris toute seule? » (sur ce thème, allez vite lire aussi l’article de Minuscule Infini sur les apprentissages autonomes)

Ce n’est sans doute pas si exact, puisqu’il y a plus d’un an, je parlais déjà des matériels parsemés ici et là qui ont sans doute guidé ses pas et ses neurones, comme le denombrement des crottes de chien sur les trottoirs et la manipulation active des horodateurs et boutons d’ascenseurs!

Toujours est-il que je me suis aperçue récemment que Bibounette :

*maîtrise la comptine numérique jusqu’à plus de  20
*sait dénombrer parfaitement en suivant avec son doigt, sans compter plusieurs fois, les éléments jusqu’à 10 voire 20
*sait reconnaître d’un coup d’œil, sans compter avec ou sur ses doigts jusqu’à 5
*sait reconnaître les chiffres sans erreurs de 0 à 10
*me demande comment se forment les 11, 12, 13…

Bon, je sens que certains de mes matériels sont déjà obsolètes, à moins qu’elle n’invente elle même des règles du jeu qui corsent la difficulté en ajoutant un jeu type « memo » (cartes cachées) au simple puzzle, comme elle l’a fait spontanément hier soir…

Et bien sûr il lui reste à comprendre avec précision et sans précipitation comment se forment les nombres de 10 à 20 et plus loin

De même qu’elle n’est qu’au début des notions de plus, moins, beaucoup plus, beaucoup moins

Elle est capable de ressentir les additions et les soustractions d’une unité, j’espère que le matériel et mon attention l’aideront à appréhender en conscience ces notions complexes que j’ai apprises « par cœur » sans vraiment y voir l’intérêt pratique.

Mais il est donc grand temps que je me plonge dans les ouvrages et matériels que j’ai à disposition car son école ne répond absolument pas à sa soif de compter et je trouve regrettable de lui demander d’attendre la rentrée de Septembre alors qu’elle a une appétence maintenant pour la matière

Alors c’est parti pour un tour d’horizon des ressources que j’ai identifiées !

La comptine numérique

Sur ce point, je n’ai aucun effort à faire, les comptines chantées à l’école remplissent parfaitement leur rôle et nous les retrouvons à la maison sous forme de musique ou de videos, dans plusieurs langues… Et les jeux de cache-cache sont l’occasion de compter fréquemment!

Reconnaître les chiffres

Ceux des horodateurs, des terminaux de paiement, des ascenseurs… , autant d’occasions d’apprendre et d’avoir la satisfaction de « faire toute seule »

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Chiffres rugueux ou alternative type chiffres en relief avec chiffres en langue des signes au verso (seul bémol, le 3 en langue des signes ne correspond à la pratique de Bibounette) -il existe même une version en braille de ces plaquettes-, livre Les chiffres à toucher de Balthazar

Chiffres en bois home-made

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Chiffres magnétiques

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Chiffres sur cartes Grimm’s

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Puzzle simple de ce type , pas forcément très utile selon moi

Puzzle associant les chiffres et les doigts, le modèle Edufun que nous avons est finalement inopérant car Bibounette apprend à compter à l’école avec le langage des signes (à savoir l’index marque le 1) tandis que ce puzzle propose le pouce pour le 1

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Boîte de tri comme celle d’Edufun qui présente l’intérêt d’offrir de multiples possibilités de jeu mais peut aussi égarer le jeune apprenti…

Pupitre d’activités vintage Fisher Price

Jeux de comptage

Cartes à pinces : LA manière de conjuguer jeu et apprentissage plébiscitée par Bibounette. J’ai opté pour celles de la Classe de Laurène pour dénombrer de 1 à 10 et je viens de commander sur mesure une série de 11 à 20 chez La Boutique Pédagogique

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Fiches de comptage avec jetons (ou haricots!), trouvées chez Coquelipop

Puzzle Nathan , associant images, points et chiffres de 1 à 10

Jeu de comptage avec abaques : j’ai trouvé plusieurs modèles d’un même jeu, à savoir un modèle de meilleure qualité mais aussi plus onéreux et encombrant ou l’équivalent que je conseillerais au final chez sapin malin

Jeu Goula très complet associant diverses manières de compter avec les doigts, des dessins, des jetons, et reconnaissance des chiffres de 1 à 10

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Jeu Hape, puzzle aux règles que je trouve un peu complexes mais que Bibounette a saisies intuitivement

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Boîte de dénombrement home-made : association avec les dés pour lancer le jeu et pour dénombre, des billes, des balles en laine ou des haricots, grains de café, jetons etc

Jeux de dés

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Dominos

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Awalé et autres jeux plus ou moins traditionnels, je viens de tomber sur une boutique etsy offrant bien des modèles très tentants…

Matériel de comptage et dénombrement (notamment pour aller au delà de 10 et appréhender les notions d’addition et de soustraction)

en s’appuyant sur les ouvrages Les Petits Montessori, petits livrets qui détaillent l’utilisation du matériel à acquérir ou fabriquer par ailleurs 

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Boulier chinois, qu’affectionne particulièrement Bibounette

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Barres rouges et bleues Montessori pour compter, additionner, soustraire

Perles de Comptage Montessori pour identifier les suites croissantes, décroissantes, former les chiffres supérieurs à 10

Tables de Seguin pour apprendre à reconnaître et écrire les chiffres supérieurs à 10. L’usage de ce matériel, qui restait assez abstrait pour moi, s’est imposé de lui-même une fois que Bibounette a eu construit les nombres de 11 à 19 avec les perles. Bon sang mais c’est bien sûr, c’est ce qu’il faut pour introduire le système décimal! Je dispose d’un modèle acheté moins de 15€ mais dont les finitions sont approximatives…

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Matériel concret d’introduction de la base décimale également très utiles pour former les nombres en base décimale : j’ai trouvé ce modèle mais il existe de nombreuses variantes

Les réglettes cuisenaire que je préfère chez Grimm’s sous forme d’abaque, il existe également la version en forme d’escalier , superbe objet certes mais qui me convainc pour l’instant moins que le format « abaque – cubes à compter ».

Planche à billes pour appréhender les nombres pairs/impairs, chez nous elle est homemade sur un modèle trouvé sur etsy

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Fiches exercices, issues des ouvrages Les Petits Montessori, pour dénombrer des collections

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Pour additionner et soustraire

Je compte bien m’inspirer de l’ouvrage Les petits Montessori Je calcule mais peut-être aussi du jeu Goula

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Sans oublier les livres

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Et dans tout ça, avec le recul, je retiendrais quoi? 

Le bain de chiffres : indubitablement, c’est en dénombrant ce qu’il voit ou manipule au quotidien qu’un enfant après à dénombrer, c’est en voyant régulièrement les chiffres écrits que l’enfant apprend à les reconnaître, peu importe que ce soit au quotidien sur un ascenseur, un horodateur, un terminal de paiement, une calculette laissée à sa disposition ou sur du materiel très sophistiqué type chiffres rugueux, jolies cartes, chiffres en bois, magnétiques ou en relief… les livres évidemment restent pour moi indispensables.

Les perles de comptage et la table de Séguin : je n’avais pas prévu d’investir dans ce materiel, m’en remettant à l’école… mais les questions de Bibounette, me demandant comment s’écrivent 11, 12, 13, 14…, m’ont prise de court. J’ai donc décidé d’acheter ces matériels ainsi que les livrets Les Petits Montessori correspondant, histoire qu’elle apprenne vraiment comment se forment les nombres et non pas -déjà- en bachotant…

Les cartes à pince et le boulier chinois, vraiment plébiscités par Bibounette

1, 2, 3, c’est parti! Chez vous, on compte quoi et comment? 

Pâques

Je suis née la veille de Rameaux, ma fille 4 semaines avant Rameaux… Enfant, dans ma campagne reculée, je n’ai pas cherché les œufs dans le jardin, la tradition commerciale n’y était pas arrivée, j’ai en revanche collectionné le buis bénit offert par les voisins sans toutefois vraiment en connaître la tradition… Mais Pâques a toujours été le moment des anniversaires et de l’installation du printemps…

Pour Bibounette, je tente de créer nos propres rituels, ceux de notre tribu, mélanges de traditions, sans connotation religieuse autre qu’historique, sans trop d’influence commerciale, avec de la poésie mais pas de tromperie sur les lapins et autres cloches transportant les chocolats.

A l’école, la semaine dernière, Bibounette avait déjà eu l’occasion d’exprimer sa créativité sur le thème de l’œuf et de manger du chocolat. Puis à la maison, Bibounette a coloré des œufs, qu’elle s’est empressée d’écaler… fière de montrer sa maîtrise en la matière mais un peu déçue peut-être de ne pas y trouver de chocolat…

 

Dimanche, nous avons tenté de chasser les œufs au Château de Vaux-le-Vicomte où malheureusement l’affluence dépassait les capacités des organisateurs…

 

 

Alors nous sommes revenus à notre humble jardin et j’ai pu constater à quel point Bibounette grandit, en comparant son attitude lors de la chasse aux œufs l’an dernier, où il était encore difficile de mobiliser son attention, et celle de cette année, où elle s’est montrée actrice, nous enjoignant d’aller cacher les œufs, les repérant ensuite par la fenêtre avant de se saisir de son panier pour les ramasser avec un grand sourire et de nous inviter à un pique-nique de dégustation…

Puis séance de peinture de la poule en papier mâché trouvée dans le jardin… en bleu évidemment!

 

Et vous, lapins, cloches, poules, chat 😺? ou rien de tout ça?

 

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