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Protéger l’allaitement loin des conflits d’intérêt

C’est le thème retenu pour la semaine de l’allaitement maternel. Un thème qui me laisse un peu dubitative… A mon sens il y a beaucoup à dire autour de l’allaitement, sans avoir à tomber dans les titres racoleurs. Or cette thématique, telle qu’énoncée, me fait plus penser à l’émission malveillante Cash investigation qu’à un accompagnement bienveillant des projets d’allaitement…

Bref… puisque c’est le thème retenu, je m’en vais, comme chaque année, vous livrer quelques réflexions sur le sujet…

Comme je le disais en préambule, je crains toujours les accroches négatives… Bien sûr que les lanceurs d’alerte et le principe de précaution ont leur intérêt mais leur promotion à toutes les sauces me met mal à l’aise. Pourquoi ? Parce que le grand public accorde toujours plus d’importance aux dénonciations qu’aux argumentations positives… On dénonce, on est crédible. On soutient, on est parti pris et vite accusé de conflit d’intérêt potentiel… ça me gêne beaucoup… la promotion de la délation me gêne, les généralités me gênent, et il me semble urgent de développer l’esprit critique de nos enfants, dans tous les sens, afin qu’ils puissent se forger leur propre opinion, qu’on leur présente des solutions mirobolantes ou qu’on les exhorte à en fuir certaines autres.

Les conflits d’intérêt, le lobbying, ce sont des réalités, dans tous les sens, chez ceux qui promeuvent et chez ceux qui dénoncent. Au-delà de considérations légitimes sur le bien-être animal, la dénonciation courante autour des protéines animales est avant tout l’œuvre du lobby… du soja… C’est donc à chacun de s’interroger sur ses propres valeurs, en son âme et conscience et de disposer d’outils pour s’abstraire des influences diverses et variées, des argumentaires pas toujours objectifs développés ici ou là…

Pour en revenir à l’allaitement, là où les associations de soutien à l’allaitement (et je fais partie de l’une d’entre elle) dénoncent le lobby du lait infantile, l’industrie dénonce celui de la Leche League qui influence les recommandations de l’OMS, recommandations mondiales alors qu’il est bien évident que les situations sont très variables d’un pays à l’autre…

Mon opinion, mais elle n’engage que moi, c’est que la Leche League a raison de faire du lobbying, c’est son rôle avoué, pour obtenir des recommandations les plus fortes possibles, en sachant bien qu’elles seront diversement appliquées. Mon opinion aussi, c’est que lorsqu’on fait du soutien à l’allaitement auprès des mamans, il est important de les accompagner dans leur projet, quel qu’il soit, sans sectarisme, dans l’intérêt de cet enfant en particulier et de cette famille en particulier….

La réglementation interdit la publicité pour les préparations pour nourrissons (laits infantiles premier âge) et c’est essentiel. Mais se donner bonne conscience avec un texte de loi ne suffit pas… A mon sens, c’est dans la relation industrie/monde médical que le bât blesse. Sans doute du fait de l’industrie, qui poursuit son objectif avoué, vendre des produits. Mais beaucoup du fait des professionnels de santé qui n’ont pas été formés à développer leur esprit critique. A quand une vraie formation à l’allaitement pour les professionnels de santé? Ceux qui passeraient par ici sont chaleureusement invités à rejoindre le MOOC développé par le lactarium de l’Hôpital Necker http://www.upns.fr/mooc-allaitement, qui offre une excellente formation, d’ailleurs accessible à tous, issus du monde (par)médical ou non.

Au final, le choix de l’allaitement devrait être un choix individuel éclairé, les mamans devraient trouver du soutien quand elles sont motivées à allaiter mais qu’elles rencontrent des difficultés, qu’elles soient techniques ou liées à la pression de l’entourage…

J’ai la chance d’avoir trouvé ce soutien et c’est pourquoi aujourd’hui je fais en sorte de soutenir à mon tour celles qui le souhaitent. De les écouter essentiellement, car au fond d’elles, les mamans ont les réponses. Les bébés aussi mais avant qu’ils soient bambins bavards, il faut apprendre à déchiffrer leurs signaux…

Je vous laisse sur quelques phrases de Bibounette Bambinette qui désormais s’exprime clairement sur le sujet, sans doute le faisait-elle déjà aussi clairement dès sa naissance :

Passion « titou » :

Moi je fais titou à Maman

Oh on a oublié titou (avant de s’endormir, en vrai elle n’a PAS oublié)

Maman, cette nuit on a fait titou

Sur les quantités :

Il y en a (pas) beaucoup de lait dans celui-ci

Je change de titou car il n’y en a pas assez dans celui-là

Là, il y a un peu de lait, et dans celui-là, il y a beaucoup de lait 

Je vais appuyer sur ton titou pour voir s’il reste du lait

Sur la logique de l’allaitement :

Il y en a, on va pas le laisser le lait quand même !

Sur les qualités gustatives :

A sa maîtresse à l’école :

J’aime le lait mais ce lait il est moins bon que le lait de ma Maman

A moi :

J’adore le lait… le lait de ton titou / j’adore le lait dans ton titou 

Il y avait une crotte de nez, je l’ai mise dans ma bouche et après j’ai mis un peu de lait

Sur la transmission :

Quand j’aurais un bébé, je prendrai des médicaments et il fera titou, il boira mon lait

A une dame dans un magasin : ma Maman quand elle était petite, elle a bu le lait du titou de Mamé et moi je bois le lait de Maman et quand j’aurai un bébé, il boira mon lait

Sur l’allaitement en public :

On va se mettre là, on sera tranquille, personne va nous embêter 

Je vais pas trop te mettre toute nue (déclaration d’intention pas toujours suivie des faits)

Personne ne verra qu’on fait titou là 

Et les mots de mon Homme, qui est aussi pour beaucoup dans le succès de cette aventure :

Nous allaitons

Etymologiquement, il a d’ailleurs raison quand il dit « Bibounette allaite », puisque allaiter c’est « aller au lait »…

 

En vérité, je n’avais pas de doute sur mon souhait de tenter l’allaitement mais bien avant d’être enceinte, en voyant mon petit filleul buveur de biberons fouir dans ma poitrine à la recherche du sein pourvoyeur de lait… je n’en avais plus aucun…

 

Bref, la parole aux bébés !

 

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Les grandes vacances

J’avais rêvé de ces grandes vacances, de moi à la campagne comme dans mon enfance.
Ceux qui me suivent sur IG savent déjà que ce fut avant tout l’été des fiascos.
Ça a mal commencé quand à l’arrivée en vacances, j’ai découvert que le matelas en laine que je comptais ramener à Bibounette pour sa rentrée avait été déposé dans un endroit inadapté et mangé par des rats.
La semaine suivante devait être marquée par des vacances entre copines, la meilleure amie de Bibounette devant venir passer une semaine à la campagne avec elle. C’était un challenge pour moi de garder deux petites filles. Le challenge a vite avorté, par les efforts conjugués de ma mère et de la mère de la petite qui ont considéré, peut-être à raison, et que le challenge était trop ambitieux. L est repartie à Paris et Bibounette a continué à s’ennuyer en Corrèze, coachée en cela par sa grand-mère, bien décidée à la faire se reposer, y compris contre son gré.
Les jours se sont ainsi écoulés, selon une routine imposée par mes parents, certes rassurante pour Bibounette qui je l’avoue en manque un peu durant l’année scolaire avec notre rythme de vie parfois chaotique, mais qui finit à force de répétition par être ennuyeuse et surtout terriblement contraignante, pour une petite fille éprise de liberté et une maman qui aimerait enfin y goûter.
J’ai accepté cette routine imposée par mes parents pour ne pas risquer le clash, j’ai pris sur moi ce qui m’a beaucoup coûté en énergie et en moral. Au vu du résultat, je ne peux que m’en mordre les doigts : j’y ai perdu en estime de moi et au final le clash est arrivé quand même… oui, mes parents m’ont mis dehors de chez eux, une des deux soirées que j’ai passé chez eux en deux mois, parce que je risquais de déranger le chat.
Je me suis aperçue qu’âgés de 65 ans ils préfèrent se comporter comme des personnes de 90 et que la main mise qu’ils avaient sur moi il la reportent sur Bibounette avec encore moins de discernement, la démence sénile venant s’ajouter aux désordres psychologiques venus de leur enfance qu’ils n’ont jamais voulu soigner.
Ça m’a renversée car je me suis rendue compte que j’étais comme orpheline et qu’en tout cas je ne les laisserai pas détruire Bibounette comme ils m’ont détruite.
On m’a aussi reproché mon amour des animaux pourtant source des rares bons moments des vacances. De tristesses aussi quand un blaireau s’est fait écraser devant ma maison sur cette route devenue tellement dangereuse en partie à cause du maire (mon oncle CQFD).
Les vacances ont été très studieuses aussi, faites de tri car j’avais tellement besoin de désencombrer et de ranger : j’ai besoin de ranger le dehors pour ranger aussi l’intérieur de ma tête. J’en avais besoin comme j’avais envie d’aménager au mieux le gîte que nous allons ouvrir à la location, initialement un projet de mon homme mais qui m’a passionnée aussi. Et pourtant tous ses tris et rangements ont été tellement fatigants, j’ai l’impression de ne pas avoir eu de vacances… et d’avoir dû laisser Bibounette entre les mains de Folcoche pour cela… ça me mine…

Heureusement il y a eu quelques bons moments. Quand notre élevage de papillons fructueux et passionnant nous a permis de les relâcher et de les voir s’envoler haut dans le ciel. Quand au détour d’un chemin nous avons croisé un crapaud et un autre jour une harde de sangliers.
Il y a eu des petits moments en amoureux lors des vides grenier de l’été.
J’ai aussi redécouvert mes beaux-parents venu en vacances en Corrèze qui ont avec plaisir découvert ma région et que j’ai découvert détendus et ouverts en vacances.
Il y a eu Bibounette qui m’a étonnée encore et toujours par sa maturité, sa mémoire, son sens du partage. Des bons moments avec elle à la fête, avec des petits copains d’un jour à la fête ou à la maison.
Ses apprentissages aussi, son aisance à dos de poney, son intérêt pour les insectes, sa façon d’en prendre soin y compris de ceux qui ont fini leur vie, ses efforts pour prononcer mieux qui l’ont aidée à se présenter avec encore plus d’aisance aux autres enfants, ses élans pour se renseigner, passer commande, seule, son don pour la danse… et tant de choses encore…

Comme je l’aime… et comme j’ai envie de l’aider à bien grandir, dans un environnement bienveillant qui lui permettra d’être elle-même… ce que j’apprends moi à faire sur le tas depuis mes 25 ans seulement…

Allez, c’est bientôt la rentrée et après ces vacances je l’attends avec joie 😆

Bonne rentrée à tous!

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Bibounette au musée

Si Bibounette a deja expérimenté plusieurs « pestacles » en tous genres, nous n’avons pas eu beaucoup l’occasion de visiter les musées… mais la semaine dernière, elle a particulièrement apprécié la visite impromptue à l’Orangerie du Sénat où pour son plus grand plaisir, elle était invitée à toucher les sculptures !

Parisiens, précipitez vous, il s’appelle Thomas Ostoya et c’est jusqu’au 10 Juillet!

Sanguine versus rabat-joie

Il est une chose à laquelle je ne m’attendais pas en devenant maman, c’est de revivre mon enfance en voyant mes parents interagir avec Bibounette. Certaines phrases ne prennent aux tripes, et j’en conclue qu’elle m’ont marquée au fer rouge et que cela me guide aujourd’hui pour offrir à Bibounette une éducation la plus épanouissante possible, en bannissant ces mots qui tuent… Papacahuete me reproche parfois de faire de la sémantique mais pour moi, c’est central dans l’éducation et la façon dont l’enfant reçoit les informations pour construire la confiance en soi.

Des exemples de phrases qui me hérissent, associées à un ton péremptoire ?

Tu ne pourras pas

Je vais le faire (ou pourquoi j’ai choisi Montessori! ou pourquoi je suis devenue patiente! ou pourquoi je n’empiète pas sur l’espace vital des autres! )

C’est comme ça

Tu verras quand tu seras grande 

Il y a des gens que ça va déranger

Arrête ta comédie 

Attention / tu vas / ne vas pas

Voyons, tu ne vas pas 

Allez, le petit mot qui interrompt les élans spontanés et marque le procès d’intention

Ah bon, l’expression qui pourrait être neutre mais marque dans ma famille la désapprobation

Tu vas te faire remarquer

Tu as faim, tu as sommeil (juste parce que l’heure fixée par les parents a sonné), tu as chaud (tu vis à l’intérieur de moi?)

Il y a aussi les questions répétées, qui de prime abord semblent faire participer l’enfant au choix, mais qui ignorent son refus ou son avis exprimé, pour revenir à la charge une énième fois
Toutes ces phrases qui tuent la spontanéité, la joie, qui induisent la peur du regard des autres, toutes ces phrases qui imposent l’arbitraire, notamment dans les horaires à respecter, y compris pour les temps de jeux et les besoins physiologiques et qui font naître un sentiment d’injustice en même temps qu’elle nient le ressenti de l’enfant.

Je lisais récemment les articles de Monique du Chant des fées sur la description des tempéraments dans la pédagogie Waldorf. Je ne suis généralement pas très fan des catégories qui peuvent enfermer comme autant d’étiquettes mais ces descriptifs m’ont semblé intéressants, également quant aux conséquences qu’on en tire sur l’éducation appropriée à donner aux enfants selon leur tempérament. Il y a les enfants sanguins, et si je ne me trompe pas Bibounette en est, de même que son papa quoique teinté d’un peu decolérique. Quant à moi, comme tous les membres de ma famille, j’ai été une enfant mélancolique, et je le suis restée adulte. Mais je crois, contrairement à ma famille, être mélancolique sans être rabat-joie… je suis même parfois moins rabat-joie que mon solaire et optimiste compagnon, car je place la spontanéité de Bibounette en feu sacré à ne surtout pas éteindre. J’ignore si de mon côté, j’avais ce feu sacré, si j’ai été un jour une enfant sanguine, dont la spontanéité a été à ce point bridée qu’elle a totalement disparue… ou si je suis née mélancolique et dénuée de spontanéité… en tout état de cause, sauf avec les animaux dont j’apprécie tant le contact non jugeant (CQFD), je suis dénuée de spontanéité, toujours dans le contrôle cérébral…
Steiner préconise de rassembler les enfants par tempéraments, de sorte qu’au contact de ses semblables, l’enfant s’aperçoive seul des excès liés à ce tempérament… Peut-être entre enfant mais en ce qui me concerne, j’ai baigné dans une famille mélancolique qui avait un ascendant sur moi que je n’ai même pas eu l’idée de remettre en question, de peur de déranger… Et n’ayant pas eu l’occasion -jusqu’à très tard à savoir la rencontre de ma moitié- de m’autoriser à voir qu’il existait d’autres tempéraments, enfermée dans un conflit de loyauté envers cette famille avide de drame… j’ai eu toutes les difficultés à m’en extraire…

Alors quand je vois la joie pure de Bibounette s’exprimer en toute spontanéité et inventivité, c’est de l’or en barre!


Et vous, y a-t-il des petites phrases qui vous hérissent?

Juste un ourlet

Avec ce beau soleil, j’ai ressorti la garde-robe d’été de Bibounette. Je vous prépare d’ailleurs un article sur mes marques fétiches depuis plus d’un an… (mais ne désespère pas de le finir bientôt) . Bref, je prends soin d’acheter des pièces oversized afin qu’elles durent plusieurs saisons. Je pensais que c’était le cas pour un pantalon en soie sauvage Errandi Kids mais c’était sans compter les goûts marqués de Bibounette qui décidément n’aime pas les pantacourts sur lesquels elle tire à longueur de temps pour les rallonger… J’ai donc décidé de le transformer en bermuda…

C’est chose faite ce matin… Car j’ai appris à coudre depuis que Bibounette est née…

J’ai beaucoup appris depuis que Bibounette est née car en favorisant son autonomie, en ayant les idées pour créer pour elle, je me suis vite apperçue de toutes mes lacunes sur toutes les actvités du quotidien, je suis vite débordée car je me sens tout à fait incapable. Un arbre à tailler? Je suis incapable de grimper sur une échelle, j’ai trop peur…

Alors laisser Bibounette exprimer ses capacités en toute spontanéité prend tout son sens. Etre là évidemment pour la protéger mais sans la brider dans ses essais, sans l’arrêter par les mots « attention » ou « tu ne pourras pas » ou « je vais le faire » que j’ai tant entendus et me conduisent, adulte, à devoir tout apprendre… J’ignore si un jour je saurai vraiment faire seule toutes ces choses que je n’ai pas eu l’occasion d’expérimenter… Je me sens vraiment handicapée… La tache est immense, alors en attendant, j’écris, car ça au moins je sais faire (ou du moins je crois savoir un peu faire et j’ai été formée pour…). Et je grandis avec ma fille…

De l’organisation

J’ai toujours été organisée, méthodique, perfectionniste, sans doute une façon de canaliser mon angoisse existentielle…

Et puis j’ai rencontré ma moitié, qui a fait souffler un vent de liberté, de lâcher-prise, de folie, d’imprévu assez salvateur… C’était drôle pour moi à la vie si bien réglée de me retrouver dans des situations loufoques liées à son étourderie… de faire des découvertes au gré du vent…

Et puis Bibounette est arrivée et surtout est arrivé le temps de la crèche puis de l’école. Ce qui était drôle un temps -arriver échevelée en riant dans un train accroché de justesse… ou tout aussi échevelée le rater et jouer enfin à la mauvaise élève en arrivant en retard au bureau- est devenu lourd et pesant…

J’ai bien tenté de reprendre mes basiques de l’organisation mais elle n’était vue que comme un carcan pénitentiaire… Nous parents ne renoncerions pas à l’imprévu, au changeant, au spontané…

3 ans plus tard, la fatigue liée aux approximations est toujours là et plus ennuyeux déteint sur l’éducation que je parviens à proposer à Bibounette…

Depuis des mois, face à une petite fille au caractère bien trempé, que je suis fière de voir s’exprimer et exprimer ses goûts, je m’interroge sur les limites à lui fixer. Est-ce nécessaire de lui fixer des limites? Qui suis-je pour lui fixer des limites? Est-ce que je ne risque pas de nier son ressenti? (j’ai ai parlé ici et )

Je me dis bien que les seules limites auxquelles je crois vraiment, ce sont celles liées à la sécurité et celles liées au respect d’autrui… Mais où placer le curseur? Comment la laisser s’exprimer, ne pas lui imposer de règles arbitraires auxquelles je ne crois pas tout en lui offrant un cadre rassurant qui l’aide à grandir, tout en évitant d’en faire un enfant roi tyrannique que sa propre tyrannie finirait par faire souffrir…

Et tout à coup, j’ai eu comme une révélation, aidée en cela par certains de vos commentaires (merci!) : elle n’a pas besoin de limites mais d’un cadre car ce n’est pas à elle avec ses petites épaules de créer ce cadre qui permet aux jours de couler plus facilement!

Et qui dit cadre, dit organisation… un minimum… et constance… un maximum… Il m’importe vraiment de dire ce que je fais et surtout de faire ce que je dis, j’ai moi même trop souffert qu’on me fasse prendre des vessies pour des lanternes… Il m’importe que ma fille ait confiance en ma parole, de ne pas lui mentir… Mais je n’avais pas réalisé que notre façon de changer les règles au gré du vent fait que pour Bibounette notre parole n’est pas fiable… vu qu’elle change tout le temps… et c’est particulièrement insécurisant… Cela lui donne aussi l’illusion que c’est à elle de fixer les règles de vie à la maison puisque nous en sommes incapables…

Poser un cadre nous permettra je l’espère à nous adulte de gagner en temps libre ou du moins en temps plus serein, et à Bibounette d’évoluer plus sereinement grâce à des repères clairs… Elle est d’ailleurs très demandeuse de discuter de son programme et de s’y tenir une fois celui-ci fixé. Grâce aux outils de gestion du temps que nous avons déjà mis en place, elle devrait avoir plus de facilité aussi à gérer sa frustration, souvent liée à des questions de timing.

Je ne pense pas et ne souhaite pas me mettre à imposer des règles strictes et arbitraires, appliquées de manière immuables quelles que soient les circonstances. Inutile d’imposer à Bibounette un passage au jardin après l’école alors qu’il pleut des cordes sous prétexte que le cadre prévoit un temps de loisir après l’école! Il peut être remplacé dans ce cas par un espace de jeu intérieur! Je pense ainsi rester dans des règles souples qui peuvent varier en fonction des circonstances (activités variables selon la météo, choix libre mais pas cumulatif du temps de loisir après l’école) mais qui seront constantes et compréhensibles dans leurs critères d’application… même si parfois ça me sera difficile car j’aime bien aussi parfois suivre mes envies fluctuantes…

Et j’espère parvenir plus facilement à distinguer les véritables désirs de Bibounette de ses besoins de réassurance quant à la constance rassurante du cadre qu’elle questionne uniquement pour verifier s’il est bien solide et protecteur…

La suite au prochain numéro…

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Revenons-en à nos moutons

Depuis toute petite, j’aime être au contact des moutons. J’aime leur odeur, j’aime avoir les mains poisseuses de lanoline, j’aime leur caractère farouche et doux, leurs yeux expressifs, j’aime les apprivoiser et qu’ils m’apprivoisent…. Dans la ferme de mes grands-parents d’abord, j’ai donné des biberons à de petits moutons que leur mère rejetait ou dont la mère n’avait pas assez de lait, j’étais déjà mère nourricière et s’ils ne buvaient pas le lait à mon sein, ils ne manquaient pas de câlins tout contre mon cœur… Ceux là restaient à la ferme ensuite… Mon grand-père avait cet amour des bêtes…

En 2007, je traversais un passage à vide et j’ai ressenti le besoin de revenir à mes sources, dans ma campagne corrézienne. J’y ai rencontré Biquet, un agneau qui allait me donner la force de continuer ma vie et je crois lui avoir donné la force de continuer la sienne. Son éleveur (mon oncle, qui a pris la succession de mon grand-père, mais n’en a ni l’intelligence ni le cœur) ne trouvait évidemment pas rentable de le soigner et le laissait mourir à petit feu, il était si carencé qu’il ne tenait plus debout, je l’ai nourri avec un lait adéquat, vitaminé, soigné, déplacé dans mes bras puis dans une brouette pour le changer régulièrement de position, le mettre tantôt à l’ombre, tantôt au soleil, je lui ai fait des piqûres quotidiennes pendant plusieurs semaines, et il m’accueillait avec joie, car il savait que je prenais soin de lui, je l’ai emmené dans la salle d’attente d’un cabinet vétérinaire (car son éleveur -mon oncle grand défenseur de la sélection naturelle conjuguée aux primes agricoles- avait honte que je fasse venir à la ferme un vétérinaire à mes frais pour « ça »). Il est devenu un bélier un peu biscornu mais bien vaillant qui a retrouvé droit de cité lorsque mon oncle s’est aperçu que le bélier biscornu rendait son troupeau plus fertile qu’il ne l’avait jamais été.

J’aurais tant aimé avoir mon propre troupeau, avec Biquet en tête… Mais je devais repartir à Paris et je n’avais pas les moyens d’embaucher quelqu’un resté sur place pour s’en occuper. Alors j’ai dû avaler des couleuvres, abandonner au passage ses compagnons d’infortune marqués en rose, bleu et vert – pour que mon oncle le garde dans son troupeau jusqu’à ce qu’il meure de vieillesse… En mon absence seul mon père, autre amoureux des bêtes, pouvait l’approcher. A chacune de mes visites, Biquet m’accueillait toujours en frétillant alors qu’il chargeait systématiquement mon oncle! Et aujourd’hui ma fille dort sur un oreiller fabriqué avec sa laine… Et elle porte des vêtements fabriqués avec d’autres laines… L’amour est là …

Aujourd’hui, je ne sais pas bien fixer des limites à ma fille, je ne parviens pas à lui dire non quand elle exprime une envie qui me semble venir du cœur. C’est sans doute parce que depuis que je suis née, je n’ai manqué de rien de ce que mon oncle et ma mère (sa sœur cadette qu’il tient sous sa coupe depuis leur enfance, se posant en sauveur de leur mère tyrannique) avaient décidé pour moi mais en revanche les rares envies que j’avais osé exprimer ont été balayées d’un revers de main « mais voyons, tu n’y penses pas! »

Le temps a passé, dans la famille de Biquet, j’ai nourri une Finette puis Bibounette a nourri l’été dernier une petite agnelle aux pattes noires…

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Et sur ce coup là, mon oncle a eu beau essayer de déformer une nouvelle fois la réalité, à Bibounette on ne le fait pas : une petite agnelle même devenue grande garde ses pattes noires et est facilement reconnaissable au milieu du troupeau… Ma fille me donne de la force, mon homme aussi… C’est grâce à eux et parce que je n’avais plus rien à perdre qu’à la mort de Biquet, j’ai racheté et recueilli tous les agneaux dont il était le père. Les femelles sont venues dans une ferme pédagogique d’Ile de France, à 2 pas de chez nous. Les mâles qui étaient voués à l’abattoir sont ma propriété et sont restés en Corrèze, la petite agnelle aux pattes noires, petite fille de Biquet va rejoindre ce mini-troupeau… Mon rêve, ce serait d’avoir une vraie ferme à moi, là-bas, dans ma campagne, il deviendra peut-être un jour réalité, même s’il me faut résoudre des équations parfois difficiles : le budget pour recueillir, nourrir, soigner des animaux, les stériliser pour ne pas avoir à vendre les produits de la ferme, l’achat de terrains agricoles quand on n’est pas agriculteur…

En attendant, je collecte la laine de tous les moutons, les miens et alentours pour faire de la literie et alimenter les copines qui feutrent 😉

En attendant, je suis revenue à Paris en 2007 avec un chat (plus compatible avec l’appartement parisien qu’un mouton 😉 ), rejoint par un chien et une tortue depuis que nous avons une maison avec un jardin…  Dans lequel je mets les escargots à l’abri des pattes du chien et des humains… Là aussi, je suis un peu jusqu’au boutiste, sans doute en réaction au concept douteux de sélection naturelle tel que manié par mon oncle… Et j’ai parfois du mal à accepter les lois même de la nature, la culpabilité au bord des yeux… Et dans le dernier documentaire animalier visionné, mon homme aussi a détourné les yeux devant le cadet des éperviers sacrifié, tout en cherchant la télécommande pour le cacher à Bibounette… De mon côté mon cerveau bouillonnait sans trouver de solution à cette affaire, sans trop de culpabilité malgré tout sur ce cas d’espèce :  qu’aurais-je pu faire, moi humain, pour sauver cet oiseau? qui suis-je pour m’interposer entre lui et ses parents? N’aurais-je pas risqué au contraire que les parents se détournent de la couvée toute entière? Je me résolvais à laisser Bibounette entrevoir une de ces lois de la nature, subtilement abordées dans le livre DVD Voir les animaux naître dans l’espoir que le cycle de la vie soit moi tabou pour elle que pour moi… En attendant, je suis bien contente que mon chat ne me ramène pas d’oiseau en trophée…

 

 

 

 

Avoir le droit d’être soi

Je milite pour avoir le droit d’être moi et si possible d’être aimée comme telle et non pas me faire imposer des choses arbitraires comme à un enfant, comme quand j’étais enfant

D’ailleurs quel humain est-on pour imposer ça aux plus faibles : ses enfants, ses animaux, son conjoint plus fragile, ses amis en difficulté…

C’est viscéral, j’en ai tellement souffert que je suis bien incapable d’imposer des choix arbitraires à ma fille, mais alors suis-je capable de lui fixer des limites?

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Et vous, vous faites comment? 

Et voici le mois de Mai

Et voici le mois de Mai…

Après les mois marqués dans notre famille par les anniversaires et l’arrivée du printemps, pour moi, le mois de Mai est bien celui des élections, occasion de mémoire et de projection vers l’avenir… Et oui, j’y crois encore… Car même si je suis fort déçue par les humains, je dois bien garder au fond de moi un petit espoir, car sinon je n’aurais pas pris la responsabilité de mettre au monde une petite humaine. Parce que si mon grand-père s’est battu pour la France libre, ce n’est pas pour que je fasse la fine bouche. « Tu rêvais d’être libre et je te continue » écrivait Paul Eluard. Le 10 Mai 1981, j’avais 2 ans et ma chienne bien-aimée, Romi, venait au monde. En Mai 1988, je parlais politique avec mon grand-père et ses voisins,  j’étais à l’école primaire, mes parents parlaient politique avec l’instituteur, je regardais le Bébête Show, cohabitation et majorité présidentielle n’avaient déjà plus de secret pour moi. En Mai 1995, juste avant le bac français, je lisais Les Thibault, je regardais 7/7 et je parlais politique dans la cour de récré. En Mai 2002, je n’ai pas compris. Alors en Mai 2007, je tractais. En Mai 2012, je rêvais, je tenais la main de mon homme et mon grand-père me manquait. En Mai 2017, je tenais la main de ma fille et de mon homme, et mon grand-père me manquait, encore, toujours… Il est né, je suis née, en terre corrézienne qui a donné plusieurs présidents à la France, alors la politique, elle est ancrée en moi avec ses espoirs et finalement peu de désillusions… Car je pense être malheureusement assez lucide sur la nature humaine, alors j’attends finalement assez peu, et surtout, je sais que la vérité est multiple, loin des extrêmes et certainement pas celle que nous laissent entrevoir les media… La preuve en quelques mots, lus en début d’après-midi, où les gros titres accrocheurs ont peu de lien au final avec les véritables paroles détaillées dans l’article que personne ne lit : c’est ainsi que « si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme X » devient en un malhonnête et manipulateur tour de passe-passe « vous faites passer la sécurité avant la proximité »… Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres… Ce qui me désole c’est cette soif chez l’humain de sensationnel… Et chaque jour, je me questionne, dans l’éducation que je donne à ma fille, pour éviter cet écueil, lui donner le goût de l’authenticité et des véritables échanges, du don et non de la manipulation, de l’esprit critique et de la bienveillance…

J’en étais là de mes réflexions de pause méridienne quand j’ai été interrompue par mon ineffable chef, représentant en lui-même tout ce que j’abhorre de la société bien-pensante, prête à tout, tant pour recueillir des lauriers que pour s’acheter une conscience. Le voilà donc tout sourire venant me parler de mon pot de départ… Oui, pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents, j’ai démissionné…Donc à première vue, ça partait bien le chef qui vient proposer un pot de départ… Ben, non, je suis trop lucide pour avoir espéré quoi que ce soit… si je pars c’est que mon cerveau était en train de s’empoussiérer comme celui de mon prédécesseur tant la valorisation du travail accompli atteint le degré zéro dans cette boutique… Et bien le voilà qui me fait l’affront de mesurer la valeur de mon travail en nombre de cacahuètes qu’il est prêt à offrir à mon pot de départ. Mais qu’il les garde ses cacahuètes! Et le pire, c’est que je crois qu’il ne s’est même pas rendu compte de la bêtise de ses propos… Comme il ne s’est pas rendu compte qu’il use l’un après l’autre tous ses collaborateurs…

Heureusement, juste avant le rationnement de cacahuètes, j’avais eu une belle surprise ce midi grâce à Karim (mon vendeur de pâtes chaque midi) et Fatima (sa charmante épouse qui tient la boutique de chaussures enfants Eliott (26, rue de Rochechouart à Paris 9) : une paire Igor offerte pour Bibounette, marque que j’avais repérée depuis longtemps, en coloris bleu qui va faire pousser des waouh à Bibounette, je n’en reviens toujours pas de cette générosité !

 

Bref, voici le mois de Mai, son muguet, ses leçons d’humanité, d’histoire et de géographie et son soleil timide…

 

 

Plastifier, relier, massicoter

Au fur et à mesure que Bibounette grandit et formule de plus en plus clairement des demandes d’activités, me voilà encore plus que précédemment (si, si, c’est possible) partie pour rechercher des activités adéquates… Plutôt que d’acheter des ouvrages et matériels clefs en main, ou pour les compléter, il m’est souvent nécessaire d’adapter des documents trouvés sur le net.

Mes sources d’inspiration tournent beaucoup autour des sites La Classe de Laurène, Coquelipop qui mettent à disposition des documents gratuits et j’ai découvert dernièrement un site de vente de documents pédagogiques La Boutique Pédagogique, à des tarifs très accessibles, l’intérêt étant de trouver toutes les ressources en un même site et aussi de pouvoir commander, si vous ne trouvez pas le document qui correspond exactement à votre besoin, des documents personnalisés (oui, ma tête fourmille d’idées mais je ne suis pas une pro de la conception sur ordinateur…)

Il me reste à les plastifier, les découper, les relier, pour présenter à Bibounette les activités qui correspondent à son envie (et parfois son besoin) du moment… Et pour cela, voici le matériel, que je valide après utilisation intensive!

  • Pour plastifier

Plastifieuse : ce modèle est livré avec la réglette de découpage

Feuilles de plastification : à choisir avec un grammage suffisant

Arrondisseur / corner cutter pour arrondir les coins et éviter de griffer les petites mains : le petit appareil fourni avec ma plastifieuse n’était pas très efficace, j’ai donc investi dans celui-ci qui ma changé la vie

Pastilles velcro

  • Pour relier

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Parce que parfois, j’en ai marre de plastifier, la relieuse est une bonne alternative pour créer des livrets personnalisés que je mélange avec ses livres et que Bibounette peut feuilleter à loisir. Elle me permet aussi de créer des livrets d’exercices. Certes les livrets contrairement aux feuilles plastifiés ne soit pas beaucoup réutilisables (mais ils peuvent éventuellement être réalisés en plusieurs exemplaires) : ils évitent les feuilles volantes,  permettent de faire des collages, constituent un entraînement à la tenue du crayon… Et j’utilise des feuillets bristol de couleur pour séparer les chapitres.

Pour conclure, malgré mon enthousiasme du moment, je garde en mémoire une remarque lue chez Coquelipop : dans la plastification comme pour le reste des propositions, il importe d’éviter l’excès et de faire des choix car la préparation de ces documents peut être très chronophage,  polluante, et contreproductive si l’enfant est noyé sous les ressources…

Et vous, vous êtes fan de fiches aussi?

 

PS : cet article, comme l’ensemble des articles du blog, n’est pas sponsorisé

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Dans un colis 📦 @chouchous.fr , il y a de quoi faire plaisir à toute la tribu 😻#catsofinstagram Découvert grâce à @rosa_tinylasouris et énorme succès chez nous : le cahier @stickerbookmajolo ses feutres et stickers repositionnables... c’est simple, efficace, devant l’engouement de Bibounette, j’ai déjà commandé des stickers supplémentaires et j’en ai profité pour ajouter à ma commande des cahiers à offrir autour de nous à Noël #aucafeentrefilles #motheranddaughter #toddlerlife #majolo Une rose s’invite dans le jardin automnal #saisons #naturliebe #aujardin Dé de méditation #petitestetes #familylife #toddlerlife

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