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Janvier

En Janvier, j’ai rencontré des turbulences, j’ai rencontré des connards de médecins alarmistes, incompétents et sans coeur
En Janvier, j’ai été soignée pour quelquechose que je n’avais pas et pas soignée pour quelquechose que j’avais
J’ai connu la peur, l’effroi, l’attente et après l’attente, le soulagement impossible tant l’angoisse a laissé derrière elle ses stigmates. Syndrome post traumatique, ça s’appelle ou décompensation…
En Janvier, j’ai connu l’incompréhension et le jugement couperet
En Janvier, je me sentie seule mais je suis restée debout
En Janvier, j’ai eu l’impression d’être une vieille dame
En Janvier, on m’a fait souffrir mais j’ai aussi pu compter sur certains, pas forcément ceux auxquels je m’attendais, mais quand même
En Janvier, malgré les turbulences, j’ai plus ou moins tenu mes résolutions
En Janvier, j’ai vu ma fille grandir, beaucoup. C’est fou comme elle choisi les périodes où je suis faible pour faire de grands pas en avant. Comme un pied de nez aux difficultés. J’étais sans défenses immunitaires quand elle a décidé de marcher. Je suis à nouveau faiblarde au moment où elle décide de devenir continente.
Oui, en Janvier, je l’ai entendue faire de belles phrases, parler anglais, dire à son papa qu’elle n’est plus un bébé. Je l’ai entendue aussi refuser la couche pour dormir et devenir continente pendant son sommeil avant de l’être pendant son éveil
En Janvier, j’ai mangé les gâteaux faits par ma fille, je l’ai vue s’inquiéter pour moi et me faire des gâteaux
En Janvier, je l’ai vue réinvestir sa chambre nouvellement réaménagée pour y jouer et je me suis sentie utile d’avoir pensé ce nouvel agencement
En Janvier, j’ai connu le calme avant la tempête, ou plutôt ce calme dans la tempête, ce moment où on se sert fort les coudes et le reste pour affronter les éléments, ce moment où on ne se déchire pas encore pour trouver les responsabilités des uns et des autres

En Janvier, j’ai participé un Samedi à une réunion associative et c’était bizarre d’être là juste moi et mes pensées au milieu des débats

En Janvier, après le froid et avant la pluie, j’ai vu un rayon de soleil sur le visage de ma Bibounette endormie. Et pour le reste du temps, je me suis offerte une lampe de luminotherapie…

En Janvier, mon Homme a concrétisé un projet et nous avons fêté 8 ans d’amour avec leurs hauts et leurs bas…
En Janvier, j’ai pris des decisions, de celles qui s’imposent quand on a eu peur. Je vais changer de travail, prendre soin de moi et agir plutôt que râler
En Janvier, j’ai trouvé des pistes sérieuses pour un nouveau travail
En Janvier, nous avons eu la chance de recevoir Valeria qui a immortalisé en photos un peu de notre histoire, celle de notre tribu, animaux et grands-parents compris
En Janvier, j’ai respiré ma fille et l’ai regardée se photographier les orteils et j’ai commencé à remplir un bocal de petits papiers listant mes petits bonheurs…

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Le corps et le médical

Je ne me souviens plus par quel hasard j’ai atterri sur le blog de Dix lunes mais je le lis régulièrement et savoure en particulier son calendrier de l’Avent… Je dis « par quel hasard » car sa ligne éditoriale diffère des autres blogs que j’ai l’habitude de suivre et ses descriptions de l’univers médical et paramédical m’interrogent parfois car c’est un milieu fort jargonnant que je connais peu. Mais ses billets m’intéressent car elle s’interroge en profondeur sur les contours de la bienveillance montrant que parfois aussi l’enfer est pavé de bonnes intentions. Toutefois, j’ai parfois pu avoir l’impression qu’elle exagérait dans ses coups de gueule dénonçant l’absence de bienveillance de certains de ses confrères, sans doute parce que j’ai pour ma part eu beaucoup de chance dans l’accompagnement de mon accouchement et du post-partum, ses sujets de prédilection.

Et puis, je les ai rencontrés ces médecins là… Certes j’ai eu de la chance de tomber sur des perles pour la naissance de Bibounette (faudra que je vous raconte…) mais pour le reste… Il y a eu cette généraliste qui me dit de dormir au lieu de me plaindre de la fatigue pour finir par m’envoyer aux urgences parce que sinon mon pronostic vital est engagé… j’ai mis ça sur le compte de l’incompétence plus que de la malveillance… et j’ai changé de médecin… Mais depuis que je suis arrivée à Paris (il y a quand même plus de 15 ans…) la recherche d’un médecin s’est révélée être un vrai chemin de croix… Entre celui qui ne touche pas les oreilles « parce que c’est réservé à l’ORL » et celui qui ne touche pas le dos « parce que je pourrais vous blesser »… no comment…
Il y a eu cette pédiatre qui te somme de repartir avec ta couche sale… Il y a eu ce médecin qui te propose un accompagnement familial parce que tu ne veux pas laisser seule dans la salle d’attente ta fille de 2 ans… Il y a eu ce gynéco qui ne prononce aucun mot durant toute la consultation et cette autre qui te somme de cesser l’allaitement au risque de pervertir durablement ta fille en te prescrivant de te bander les seins et là, au lieu de lui rire au nez, sa blouse blanche m’a conduite à essayer… Heureusement que les copines d’une association de soutien à l’allaitement étaient là… L’allaitement, parlons en… Il y a eu l’acupunctrice réactionnaire qui te prescrit carrément du chimique pour arrêter ça… Alors je me suis mise en quête d’un médecin qui s’y connaisse vaguement en allaitement car malheureusement les copines de l’association ne peuvent pas prescrire en cas de vrai souci… J’ai cru en trouver une avec de beaux diplômes… pas de bol, ça n’avait pas dû pénétrer son cerveau et encore moins son cœur… Je ne suis pas médecin mais dans mon travail, quand un interlocuteur me décrit un problème, je l’écoute, et je l’écoute avec bienveillance. Je ne lui demande pas de faire 2 fois une heure de transport avec 40 de fièvre et des douleurs atroces parce que j’hésite sur le traitement. Je ne le renvoie pas à un radiologue interventionniste pour m’en débarrasser. Je ne refuse pas de le recevoir et je ne lui dis pas de trouver quelqu’un pour faire un pansement sur une jambe de bois…

Par chance, j’ai rencontré une personne de confiance (non médecin) et grâce à elle j’ai trouvé une pédiatre et une généraliste… sans doute parce qu’elle ne me les a pas conseillés en tant que médecins mais en tant qu’humains…
Et, pour être juste dans mon témoignage, outre le personnel soignant qui a accompagné mon accouchement, j’ai eu aussi la chance par le passé de rencontrer 2 autres médecins qui m’ont beaucoup aidée. Mais pour les rencontrer, il m’avait fallu bien du courage pour forcer des portes bien verrouillées…


Alors bien sûr, il n’y a pas de raisons que la proportion d’imbéciles et d’incompétents chez les médecins soit moindre que dans les autres milieux professionnels (suivez mon regard 😉) mais quand des vies sont en jeu, ça fait froid dans le dos…

Prenez soin de vous…

L’allaitement maternel, source de développement durable ?

C’est le thème de la semaine mondiale de l’allaitement maternel 2016

Un thème très sérieux pour un sujet fondamental à prendre au sérieux mais pas trop ! L’allaitement, c’est aussi une question de ressenti et de plaisir…

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Bref, en quoi l’allaitement maternel est-il à relier au développement durable ?

Le développement durable s’articule autour de 3 piliers :

  • Le pilier économique 💰

Du point de vue des ménages, l’allaitement maternel est évidemment économiquement bien plus rentable que l’achat de poudre de lait infantile et d’eau minérale 🍼

Bien sûr, l’allaitement peut s’accompagner de quelques frais : vêtements dd’allaitement, accessoires divers et variés… Certains sont utiles pour le confort, la plupart sont superflus  et peuvent largement être remplacés par des accessoires modiques ou faits maison… Le coussin d’allaitement peut être remplacé par un traversin ou de simples coussins. Le tire-lait peut être loué, et la location remboursée par la sécurité sociale. Le T-shirt d’allaitement peut être utilement remplacé par un chemisier ou une superpositions de T-shirts (un T-shirt à fine bretelles extensibles sous un T-shirt habituel, ou un bandeau de grossesse pour couvrir le ventre quand on soulève son T-shirt). Le bustier mains libres pour installer le tire-lait double pompage, très utile pour tirer son lait en toute tranquillité, peut aussi être remplacé par un vieux T-shirt bien ajusté dans lequel on aura percé 2 trous pour installer les téterelles.

Si on s’interroge plus globalement sur la vie économique, pour ceux qui souhaitent contribuer à la valorisation économique de nos campagnes laitières 🐄🏭, il est certain que la promotion de l’allaitement maternel peut nuire économiquement aux fabricants de lait infantile. Pour ce qui concerne les fabricants (tous étrangers) de protéines de soja introduites dans ces formules, j’ignore quels sont les autres débouchés. Pour ce qui concerne les ingrédients laitiers, certes ceux introduits dans les formules infantiles sont de forte importance économique pour leurs fabricants car à forte valeur ajoutée. Mais le lait non utilisé à cette fin peut utilement être consommé sous forme de laitages variés (fromages riches en calcium 🧀, yaourts et leur flore spécifique…) lors de la diversification alimentaire.

En tout état de cause, rien n’empêche de participer à la relance de l’économie grâce au budget dégagé du fait que l’allaitement maternel n’entraîne pas de dépenses! 💶

Et soit dit en passant😜, en allaitant, on fait faire des économies à la Sécurité Sociale, pas besoin de somnifère pour Maman 😴, l’ocytocine fait son effet 😍 !

  • Le pilier environnemental 🌎

Je me méfie du retour « marketing » du « tout naturel » ou du « tout comme autrefois », car la vérité, quelle qu’elle soit, se trouve loin des extrêmes…

Ceci étant dit, la nature est ainsi faite que les femmes, comme tous les mammifères, sont en capacité d’allaiter leur progéniture. C’est une évidence biologique. Evidemment, la nature a quelquefois quelques ratés, en ce domaine comme dans celui de la fertilité, de la nutrition, de la physiologie en général. Ainsi, la mise en route d’un allaitement n’est pas toujours si naturelle, surtout dans des contrées où la transmission des savoir-faire fait défaut (mais nous y reviendrons au sujet du pilier « social »). Loin de moi donc l’idée de blâmer les mamans qui ont tenté d’allaiter et ont dû y renoncer. Je ne les blâme pas, je suis triste pour elles car souvent ces échecs de l’allaitement sont liés à un déficit d’information ou de mauvais conseils reçus… et conduisent à un enfant privé d’une alimentation précieuse et surtout à des regrets chez les mamans qui restent marquées par cet échec 😢. C’est pourquoi je me suis engagée dans une association de soutien à l’allaitement, respectueuse du projet de chacune.  Pour aider chacune aussi à réfléchir à son projet personnel, loin de tous les clichés posés par la société ou  la pression exercée par l’entourage ou la société (en particulier pour les mamans qui travaillent).

Sur le plan strictement environnemental, à la maison, qui dit allaitement, dit économie d’eau💦 (je vous rassure une maman se lave !🚿,  qu’elle allaite ou pas, mais il n’y a pas de poudre à diluer et de biberon à laver) et d’énergie (pas de biberon à chauffer – bon, je sais que la mode est aux biberons à température ambiante, y compris aux nourrissons, mais franchement, je ne suis pas convaincue… il me semble que du  lait tiède est plus doux pour un nouveau-né qui lutte pour maintenir sa température pendant plusieurs semaines). L’allaitement, lui, réchauffe maman et bébé, pas seulement par la température du lait, c’est donc une logique énergétique très différente… Sans oublier le coût énergétique de la fabrication de lait infantile 🏭et de son transport 🚍⛴

Sur le plan de la santé humaine qui rentre pour moi dans ce pilier, je ne reviendrai pas sur les études relatives aux apports de l’allaitement maternel pour l’enfant et la mère. Je me permets toutefois de souligner les ravages de l’abandon de l’allaitement dans des contrées où l’accès à l’eau potable et à la réfrigération est restreint. C’est d’ailleurs une des raisons majeures aux recommandations l’OMS.

En bref, ne serait-ce que sur l’aspect environnemental, que ce soit pour la planète 🌍ou la santé de maman et bébé💊, l’évidence de l’allaitement maternel comme prolongement physiologique de la grossesse me conduit à m’étonner du choix de certaines familles de ne pas même tenter une tétée de bienvenue. Le fait que je connaisse bien, professionnellement parlant, le secteur des laits infantiles, me conduit à le regretter d’autant plus amèrement pour les bébés concernés.

  • Le pilier social 👫👭👬

La façon de nourrir son enfant est évidemment centrale dans l’accueil que l’on réserve au nouvel être humain, dans l’organisation de la famille, de l’entourage élargi. L’allaitement maternel semble être partout dans le monde un des domaines qui reste influencé essentiellement par la transmission entre femmes 👯. De génération en génération, de mère ou grand-mère à fille ou petite fille, entre mamans allaitantes, au sein d’associations, grâce à des conseillères en lactation, selon que l’on vive ici ou là.  En effet, en occident, la grossesse et l’accouchement sont très médicalisés, avec des conseils plus ou moins judicieux, une prise en charge parfois critiquable mais maîtrisée, l’allaitement reste une zone d’ignorance, avec au mieux la chance de tomber, par heureux hasard, sur quelques professionnels intéressés et compétents, mais la plupart du temps en se retrouvant dans un vide sidéral. D’où l’importance de savoir bien s’entourer, personnellement, à ce moment-là.

L’allaitement influe évidemment sur l’organisation de la famille. Je disais plus haut que l’évidence de l’allaitement maternel comme prolongement physiologique de la grossesse me conduit à m’étonner du choix de certaines familles de ne même pas tenter une tétée de bienvenue. De mon point de vue de Maman allaitante, je regrette pour les mamans concernées qu’elles se privent de cette expérience inouïe que nous offre la nature, expérience certes non dénuée de difficultés, mais tellement gratifiante et riche en émotions. Je reconnais cependant qu’il y a de nombreux cas où le concept d’allaitement ne fait même pas partie de l’environnement culturel. Dans ce cas, difficile de choisir quelque chose qui n’existe pas pour vous…

Du point de vue du Papa, à l’inverse de ce qui est communément brandi par les détracteurs de l’allaitement, il s’avère que, peut-être inspiré par les contacts rapprochés maman-bébé que provoquent l’allaitement, Papacahuète a lui aussi développé une proximité physique avec Bibounette par le peau à peau, le portage, les jeux du bain. Bibounette est ainsi très câline avec ses 2 parents et ces câlins, son Papa ne les avaient pas connus aussi intenses avec ses aînés qu’il avait pourtant nourris lui-même au biberon. Bref, chez nous, on suit les lois de la nature, l’allaitement, c’est Maman 👸, le portage c’est Papa 💪 !!! Et pour rassurer les féministes 😉#tesfeministemais, si nous respectons les forces et faiblesses que nous ont offert la nature, nous sommes pourtant très loin des clichés sociétaux sur les rôles attribués aux hommes et aux femmes. C’est Papacahuete qui fait la cuisine et le ménage, et bien d’autres choses encore ! Je sais que c’est un sujet polémique que cette histoire d’aliénation du corps de la femme par l’allaitement… Je n’ai pas envie de développer ici la réflexion car pour moi c’est un non-débat… Il se trouve que les femelles portent et allaitent leur enfant (avec parfois des loupés qui dans le règne animal conduisent à la mort du petit et/ou de la mère et qui chez les humains peuvent fort heureusement être la plupart du temps résolus grâce aux progrès de la médecine si tant est qu’on ait eu la chance de naître au bon endroit). Je trouve personnellement que la grossesse est bien plus aliénante que l’allaitement. Dans nos contrées, les femmes qui ne souhaitent pas vivre ces contraintes ne sont pas forcées de faire des enfants. Cohabiter avec un petit enfant 👶, allaité ou non, est assez aliénant, car il est dépendant et demande beaucoup d’attention. Evidemment, pour le reste, la maman peut partager les tâches avec l’entourage, pour la grossesse ce n’est pas le cas, pour l’allaitement, c’est un peu compliqué même si le tirage de lait offre de pouvoir s’absenter. Pour ma part, je pars du principe que si mon conjoint ou mon entourage prend en charge beaucoup des autres contraintes liées à la dépendance de mon enfant (le porter, le laver, le changer, etc…), je ne vis pas le fait de l’allaiter comme une contrainte lourde. Et toutes ces « contraintes » sont aussi des moments de partage avec son enfant, non 💗 ? Et l’allaitement, même long, ça ne dure qu’un temps ⌛️ ! Mais c’est à chacune, avec le papa et l’enfant, de déterminer ce qui acceptable ou pas, ce qui procure du plaisir ou non, en gardant en tête que la vie avec un bébé, comme la vie de couple, est faite de beaucoup de joie mais aussi de compromis sur les corvées et contraintes.

Sur la question de la durée de l’allaitement, je me garderais bien de donner quelque leçon que ce soit. Il y a les recommandations générales de l’OMS qui, comme toute recommandation mondiale générale, sont à nuancer selon les pays, les familles, les relations, la volonté des parents et des bébés. Car sur la question de la durée de l’allaitement, comme sur les choix éducatifs, c’est à chaque famille de se positionner selon ce que rend possible et souhaitable son propre ressenti et son mode de vie. Et d’écrire sa propre histoire, à tâtons.

Dans mon cas, c’est par l’allaitement que je suis « entrée en bienveillance »… Allaiter à la demande nécessite d’écouter son bébé et c’est ainsi que j’ai commencé à écouter mon enfant. Bien sûr on peut donner des biberons à la demande et apprendre à écouter son enfant… on peut aussi  allaiter à heures fixes et n’écouter que sa belle-mère 😬… Je témoigne juste de mon expérience. Avant la naissance de Bibounette, je savais juste que je voulais allaiter, car c’était pour moi une évidence physiologique. J’ai par chance 😊 rencontré dans l’hôpital où je devais accoucher, une association de soutien à l’allaitement au discours solide et mesuré et j’ai conclu à l’allaitement à la demande… Et c’est par l’allaitement à la demande que j’ai commencé l’écoute active qui me comble au quotidien, dans chacune des découvertes de Bibounette, bien au-delà de l’allaitement donc… c’est ma durabilité à moi 😉…

Mais pour conclure, j’ai tout à fait conscience que toute cette réflexion est une réflexion de nantis. Dans beaucoup de régions du monde, la question ne se pose pas. Mais la chaleur de la transmission et du contact, comme le plaisir, demeurent…

❤️ Bonne fin de semaine!

 

 

Bienveillance, complicité : attention article intime !

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Hier soir, petit tour anodin sur instagram, je suis attirée par une photo d’un bébé dormant dans la même position que Bibounette. Je m’apprête à aimer, quand je lis la légende, de mémoire, quelquechose comme : ce soir j’ai laissé pleurer mon bébé 1H, en allant le voir à intervalles réguliers, il a eu le souffle coupé à force de pleurer mais ne s’est pas tu, j’ai fini par le prendre dans mon lit et il s’est endormi, dur dur.

Mon sang n’a fait qu’un tour et 2H plus tard, j’étais devant mon clavier pour écrire ce billet. Impossible de dormir sans avoir écrit…

Avant de devenir Maman, je n’avais pas vraiment idée de la façon dont je serai Maman. J’étais incollable sur les articles de puériculture, je savais que je voulais allaiter mais pour le reste… J’avais réfléchi sur ma propre enfance, je ne voulais pas être fusionnelle, ce dont j’avais souffert, je voulais laisser de la place au papa mais paradoxalement  je crois que je pensais que mon enfant serait sage, ne poserait pas de problème… comme moi quand j’étais enfant…

Et puis mon enfant est arrivée et elle a tout de suite su me montrer qu’elle était une personne à part entière ce qui a eu plusieurs conséquences immédiates :

-elle allait s’exprimer et tant mieux car elle me montrerait ce que je n’avais pas vécu moi-même, chance inouïe, il me suffisait de l’écouter

-elle ne me serait pas semblable et donc pas forcément sage, il allait falloir gérer

-je ne serai assurément  pas fusionnelle car impossible de considérer cette enfant comme un me too

-je lui montrerai l’exemple et je ne lui ferai pas subir ce que je n’aimerais pas subir moi-même. Elle a autant de droit que moi, des devoirs aussi mais des droits. Imaginons un adulte immobilisé dans une pièce qui appelle un ami qu’il sait être dans la pièce à côté. L’ami ne vient pas. Par quels sentiments va passer cette personne immobilisée ? Mon ami ne me répond pas, c’est inquiétant, il a peut-être fait un malaise. Non, ce n’est pas le cas, je l’entends déambuler, je ne crie pas assez fort, ma voix est trop faible, même en redoublant d’efforts, comme je suis nul ! ou bien est-ce que mon ami n’est plus mon ami et ne veut plus me répondre ? qu’ai-je fait de mal ? qu’est-ce que cette espèce humaine qui ne s’entraide pas ?…

Imaginons un instant que ce n’est pas un adulte qui est ainsi enfermé immobilisé mais un enfant au cerveau encore immature qui n’a aucune expérience du monde et de ses codes, de la gestion des émotions et du temps… quelle horreur…

Bref, aujourd’hui, il me paraît évident qu’un pauvre bébé laissé seul à pleurer est traversé par tant d’émotions tellement difficiles que c’est juste inconcevable. Et je ne parle pas des études scientifiques qui viennent à l’appui de ce ressenti instinctif…

Après échange avec la maman qui a posté cette photo sur IG, j’ai le sentiment qu’elle n’est pas loin d’être sur la même longueur d’onde et pourtant elle a fait cette tentative désespérée, sous la pression de son entourage qui trouvait son bébé capricieux… Une amie qui était proche met son enfant de 18 mois au coin en lui adressant des propos rabaissants comme elle a vu faire ses parents avec elle. Elle est validée dans ses choix éducatifs par la docilité de son enfant. Certes, elle regrette qu’il ne soit pas aussi câlin que ma fille et me demande ma « recette ».  Peut-être ne l’ai-je pas laissée me tendre les bras en lui disant que je ne lui rendrai pas son câlin au motif que ça ne serait pas bon pour elle…

Dans les commentaires sous la photo IG, une autre Maman prône d’ailleurs cette technique bien connue du « tu vas le voir toutes les 5 minutes mais tu ne le prends pas dans tes bras ». C’est sans doute moins barbare que de le laisser pleurer sans nouvelles mais pour moi, ça reste de la torture… Reprenons l’exemple de l’adulte immobilisé. Imaginons une personne à mobilité réduite qui vous tend la main, vous restez à une distance respectable en disant « je vous dis bonjour mais je ne veux pas vous toucher, c’est mieux pour vous »… Curieux, non ? En tout état de cause si j’avais fait ça avec mon bébé, mon lait se serait mis spontanément à couler à flots, la nature me rappelant ainsi que rester à distance n’était pas le bon geste…  Mais évidemment, chacun fait à la mesure de ses forces, qui sont limitées et il n’est pas toujours facile d’appeler à l’aide, pour que d’autres prennent le relais du maternage… Soit que les bonnes âmes alentour soient rares, soit qu’une fierté mal placée empêche de demander de l’aide. J’ai peu de bras alentour mais j’ai la chance d’avoir près de moi un papa paternant hors pair et heureusement quelques personnes qui m’ont fait entendre que ce qui est naturel est d’élever un enfant en tribu et qu’il est donc normal de se sentir épuisé et dépassé quand on veut tout prendre en charge seul.

Qu’est-ce qui fait qu’on prend la bonne décision ? et qu’est-ce que la bonne décision ? En parlant avec mon grand-père de son passé de résistant, je lui ai souvent posé la question. Qu’est-ce qui l’a conduit à entrer en résistance alors que la plupart des jeunes de sa classe rejoignait le STO. Après coup, avec le recul de l’histoire, on peut se dire que bien sûr, nous aussi on aurait pris la bonne décision. Et pourtant, si on est honnête, si on pense au peu d’informations dont il disposait dans sa campagne, est-on bien sûr qu’on aurait fait le bon choix ? Je ne parle pas de dénoncer son prochain, là-dessus, des valeurs fondamentales sont là comme garde-fou. Mais entre se fondre dans la masse du départ au STO et prendre le risque de se cacher et d’entrer en résistance au péril de sa vie, ça demande un sacré courage et une sacrée clairvoyance, au vu du peu d’information dont il disposait… Il m’a toujours répondu que c’était une évidence. Je pense que l’ouverture d’esprit, la bienveillance de sa mère et de sa grand-mère n’y étaient pas étrangères…

Et moi, qu’est-ce qui a fait que je me suis retrouvée bienveillante ? Moi aussi, ma réponse immédiate serait que c’est une évidence. Car quand je vois ma fille se comporter devant moi, j’ai envie d’écouter ce qu’elle a à me dire. Et non pas en première intention de la brimer, a priori. Et pourtant pour d’autres ce n’est si évident. Alors qu’est-ce qui fait que pour moi c’est une évidence ?

-mon éducation ? Je ne crois pas, j’ai été élevée comme un prolongement de ma mère, certes on ne m’a pas laissée pleurer mais on ne m’a pas non plus laissée exister

-le travail que j’ai fait sur moi, assurément, j’ai en effet ressenti la nécessité de grandir et de savoir qui je suis avant de prétendre élever un enfant

-l’ouverture d’esprit des générations précédentes, sans doute,  et celle du papa de mon enfant, assurément

-mes origines terriennes, mon amour des animaux que je ne considère pas comme des espèces inférieures, sans doute, car cela m’a conduit à un certain bon sens, et dans ce bon sens, à allaiter à la demande

-l’allaitement à la demande, qui est une première façon, parmi d’autres, condition ni nécessaire, ni suffisante, de se familiariser à répondre aux besoins primaires de son enfant

-mon amour de la lecture qui m’a conduite à lire Filliozat, Faber et Mazlish et bien d’autres qui ont théorisé mes évidences et réparé l’enfant que j’ai été

Alors, c’est sûr, j’écoute ma fille. Avant sa naissance, je l’écoutais déjà, depuis sa naissance je l’écoute : ses bruits, ses mimiques, ses câlins, désormais son langage…

Ecouter mon enfant c’est donc une évidence. Cela ne me demande (plus) aucun effort. J’ai conscience que pour beaucoup d’autres, ce n’est pas évident et je ne juge pas, même si je suis triste pour les enfants. Ça m’est arrivé de douter quand je vois des parents bien plus reposés que moi car leurs bébés obéissent au doigt et à l’œil sans faire de bruit…. ça m’est arrivé de douter car je n’ai pas envie d’être trop laxiste non plus, au détriment de mon enfant… ça m’est arrivé de douter car je ne veux pas empêcher mon enfant de s’autonomiser, en l’accompagnant à outrance… Mais quand je vois de très jeunes enfants terrorisés par tout ce qui les entoure y compris leurs parents, je ne doute plus. Et en tout état de cause, je suis bien incapable d’appliquer des règles arbitraires sans me poser de questions, comme je suis incapable de me convaincre qu’un petit enfant a besoin d’être dompté…

Je ne juge pas mais je m’insurge car les enfants le valent bien, car ça m’empêche de dormir. C’est sûr que si un enfant sait qu’on ne l’écoute jamais, qu’on ne répond pas à ses appels par un doux contact, il finira toujours par se taire car il comprendra qu’il est seul et qu’il ne sert à rien de se manifester, ça vaut pour les humains comme pour les animaux abandonnés et c’est ainsi que dans les pires orphelinats le silence règne… C’est épuisant de s’occuper d’un être dépendant, c’est certain mais faire un enfant a des conséquences… Les animaux, on les abandonne sur le bord de la route des vacances s’ils ne rentrent pas dans la case qu’on avait prévue pour eux…

Je m’insurge car ma fille me le demande …  Elle le fait avec ses moyens, du haut de ses 2 ans, elle vient en aide aux enfants brimés, bien campée dans une posture décidée, usant de son regard et de ses câlins et me demande ensuite de lui relire Agathe et la fessée. Elle écarquille les yeux quand nous rendons visite à des enfants non écoutés et me dit « aide maman ». Elle fait souffler un vent de liberté dans de tristes maisons. Nous perdons d’anciens amis mais nous gagnons sa joie de vivre…

Je m’insurge parfois et parfois je courbe l’échine car ce n’est pas toujours si facile d’assumer la liberté que prend son enfant, même si on en est fière au fond. Parfois le petit enfant d’à côté un peu terrorisé mais bien obéissant est plus reposant, n’est-ce pas ? Alors ce n’est pas si facile de vivre ses choix en société car comment gère-t-on le regard des autres, la fatigue, les dissensions ? Quand je suis seule avec ma fille devant des inconnus, désormais je gère, en revanche cela reste difficile devant l’entourage proche et le pire, c’est en cas de dissension même ponctuelle avec le papa. La fatigue, quant à elle, reste mon facteur limitant…

Alors je continue à travailler et j’économise mes forces, je ne prête pas le flanc et je me recentre. Je deviens zen en la regardant.

Oui,  écouter son enfant, pour moi c’est une évidence. Ce qui est moins évident, et qui est un travail quotidien, c’est : que fait-on de ce qu’on a entendu ? Comment ne pas tomber dans le laxisme ? Comment donner un cadre rassurant, nécessaire, à son enfant ? La seule chose dont je suis sûre en la matière, c’est que j’ai besoin d’être moi-même convaincue par les règles que je veux imposer à ma fille. Et pour cela de les interroger. Mais de cela, je vous parlerai une prochaine fois…

Et vous, la bienveillance, ça vous parle ?

Oh, un tag! 

Buline m’a gentiment taguée pour le Blogger recognition award, un tag composé de 4 points….


Pour le premier point
, je remercie sincèrement Buline, d’autant plus que c’est mon premier tag waouh! Et que je partage son point de vue sur comment bloguer : je n’écris pas pour plaire. Le fonctionnement de la blogosphère me paraît un peu mystérieux ou soumis à des règles que je n’ai pas forcément envie de suivre. Alors l’arrivée d’un tag, c’est une bonne surprise et l’occasion de partager! Alors, en cadeau, voici une petite photo pour toi Buline

  

Pour le second point
, je dois raconter l’histoire de mon blog. Je blogue depuis une dizaine d’années mais mon premier blog était plutôt une sorte de pense-bête à mon intention propre, je n’imaginais même pas que des lecteurs pouvaient un jour y accéder « par hasard »… Oui, je reviens de loin! Mon blog d’aujourd’hui, mon seul vrai blog donc, je l’ai d’abord pensé avant de le mettre en ligne… Oui, je suis un peu comme ça, la phase exploratoire, c’est à la fois mon plaisir et ma croix… Bref, en me préparant à devenir Maman puis en devenant Maman, j’ai découvert tout un monde, à beaucoup d’égards : avant, je pensais beaucoup puériculture et c’est effectivement déjà tout un monde en soi… Puériculture teintée de maternage mais version théorique.. Et puis en rencontrant Bibounette, j’ai découvert toute la palette d’émotions associées, le fait de grandir avec ses enfants, le maternage version pratique, l’allaitement, l’écoute bienveillante, la pédagogie active, et là c’est plus qu’un monde, et c’est surtout plus de 24h dans une journée! J’ai alors eu le sentiment que « tout ça » méritait d’être partagé, que ce serait aussi l’occasion d’avoir des retours d’expérience, de « rencontrer » des gens… 

Le hic, c’est que quand on ne veut pas/ne sait pas/n’a pas le temps de céder aux sirènes d’Hellocoton (ce truc reste un mystère pour moi…), alimenter une page Facebook et rameuter toutes ses connaissances de la vraie vie, on rencontre finalement assez peu de lecteurs… 

Alors que sur Instagram, il est beaucoup plus aisé de croiser de nouvelles personnes. Bon c’est vrai que je produis plus régulièrement sur Instagram, alors que par respect pour mes (quelques) lecteurs et en bonne perfectionniste que je suis, je m’attache dans mes articles à faire de vraies synthèses. Activité chronophage donc qui limite ma production… Mais dans ce domaine comme ailleurs, je compte bien m’améliorer…

Ah oui, et j’écris aussi pour laisser une trace pour ma fille, d’ailleurs si quelqu’un sait comment imprimer les articles en format sympa intégrant les photos (que je me fatigue bien à mettre en page!), ça m’aiderait beaucoup! Oui, je tiens pour elle une version papier du blog! 

Pour le troisième point, le conseil aux débutants…. Euh, vous l’aurez compris, je me considère moi-même comme débutante donc pas forcément légitime pour donner des conseils! Mais comme je le disais, je rejoins Buline….écrire pour partager et non pas pour avoir du succès, écrire avec son cœur et non pas en fonction de son lectorat, écrire en son âme et conscience. Et si, un conseil quand même : préserver son anonymat… La toile est quand même une jungle et mieux vaut prévenir que guérir… 

Pour le 4ème point
, je dois nommer 6 candidats pour prendre le relais….

  • Dame Praline pour ses partages d’expérience 
  • Le rire des anges, pour sa spontanéité et sa fidélité 
  • Souris Maman dont je suis l’IG depuis un certain temps déjà et viens de découvrir le blog 
  • Reggio&Twins  pour ses réflexions pédagogiques avec lesquelles je suis souvent en phase 
  • Minuscule infini, LE blog s’il n’en restait qu’un
  • Eltern vom Mars parce qu’il n’y a pas que les blogs francophones

Et je vais de ce pas, découvrir les blogs choisis par Buline ! De même que celui de Crevette de Mars par qui le tag est arrivé… Ma grand-mère tag en quelque sorte ! 
A bientôt !

  

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