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Aimer moi

Ces derniers jours, tout plein d’amour et une grosse remise en question…

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L’évolution de Bibounette, ses progrès dans le langage, sont inversement proportionnels à la qualité de l’organisation proposée par son école, que nous avons pourtant choisie avec tant de soin… And so what? Je sais que ce qui est important, c’est de la voir heureuse d’aller à l’école, c’est de la voir s’autonomiser chaque jour un peu plus… Mais constater chaque matin que les enseignants, sous prétexte qu’elle s’adapte bien, semblent à peine remarquer qu’elle est là, sont incapables de me donner des informations sur son comportement, ça me mine… Car moi, ce que j’aime, c’est accompagner. Et comment accompagner quelquechose qui m’échappe? Alors je le dis, et ça me mine de l’avoir dit…

Il me reste à espérer que les progrès de Bibounette seront à ce point fulgurants qu’elle me racontera elle-même par le menu ses joies et ses désillusions de la journée… Et c’est déjà beaucoup le cas, je suis si fière de la manière dont elle exprime son ressenti, moi qui ait tant tardé à m’y autoriser…

Oui, je suis perfectionniste et oui, ce que j’aime c’est accompagner. C’est déceler ce qui intéresse et proposer, par petites touches. C’est apprendre à accueillir les élans et les refus. C’est là où je me sens à ma place. Accompagner mais pas avoir l’exclusivité. J’ai trop souffert d’une relation fusionnelle, en vérité à sens unique, pour prendre ce risque avec ma fille.

Nous avons beaucoup de liens privilégiés, celui de l’allaitement, celui de la parole, de l’expression, des liens forts, fréquents mais pas exclusifs et pas à plein temps

Le plein temps, parlons-en…

En bref, je suis incapable de le gérer… Et pourtant, j’ai gardé ma fille à plein temps durant ses 6 premiers mois. Et pourtant depuis sa naissance, je n’ai jamais passé une nuit loin d’elle. Et ça, ça me va, je me sens à ma place ainsi. Et pourtant je ne cesse de m’interroger sur ma place… Je regarde la place des autres, sur la blogosphère, sur instagram, non par envie mais pour m’améliorer, me perfectionner… Ne devrais-je pas moi aussi avoir une maison bien rangée, désencombrée, ne devrais-je pas moi aussi obtenir des succès systématiques en proposant des activités mirifiques, ne devrais-je pas arpenter, à longueur de journée et sans fatigue aucune, les rues de la capitale, un bambin souriant à mes côtés? Prise dans la Toile, je cherche le must, je cherche la pédagogie, là où parfois il faudrait privilégier le lâcher-prise…

Suis-je complètement à côté de la plaque ?
J’ai eu récemment à rester avec ma fille nuit et jour et ce fut un fiasco, j’en suis sortie épuisée, vidée, lessivée, irritable, pas la maman que j’aurais aimé être.
J’ai pris soin d’elle H24 durant ses 6 premiers mois mais elle dormait encore beaucoup, ce qui me laissait le temps de me reposer avec elle et aussi d’avoir du temps pour moi. Aujourd’hui, quand je me retrouve seule avec elle nuit et jour quand papa est en déplacement, alors il y a comme un trop-plein. Évidemment beaucoup de culpabilité car ce sont des moments rêvés que j’anticipe, que j’imagine, et qui se révèlent au final très différents de ce que j’avais imaginé. J’ai l’impression de jouer parfois un rôle dicté par l’image internet de la mère parfaite et je culpabilise de ne pas avoir été à la hauteur, je culpabilise de laisser croire à Bibounette que j’avais des attentes particulières alors qu’au fond, ce que j’aime par dessus tout, c’est sa spontanéité. Je culpabilise de ne pas être une maman comme les autres capable de passer du temps avec sa fille sur de longues durées. Je pense aux mamans solo qui se débrouillent comme des chefs et je me trouve d’autant plus minable.

En y réfléchissant, je m’aperçois que certes, depuis qu’elle marche (à 9 mois!) et qu’elle dort peu, les journées avec elle ne sont pas de tout repos. Je garde aussi en tête que, juste au moment où elle a commencé à marcher, un méchant virus m’a privée de défenses immunitaires pendant de longs mois, me privant au passage de l’énergie nécessaire pour m’occuper au mieux de ma petite boule d’énergie. Alors déjà que ce n’est pas mon fort, j’ai perdu toute confiance en moi et depuis je cherche ma place.

Certes, je suis trop perfectionniste mais ce n’est pas tout, l’écoute active est peut-être pour quelque chose dans l’épuisement maternel que je vis parfois. J’ai érigé l’écoute active en mode de vie, et effectivement c’est la manière d’être qui m’est spontanée, qui m’est naturelle. Le souci, c’est que pratiquer l’écoute active, c’est épuisant, mais que je ne sais pas faire autrement. Alors, quand je suis avec ma fille pendant une durée limitée, je peux sans problème être complètement disponible pour l’écouter. En revanche, quand c’est sur une longue durée, sachant que la miss dort peu et que moi j’ai besoin de dormir beaucoup, je dors en même temps qu’elle. C’est ainsi que je n’ai jamais de temps pour moi, pour décompresser, je me retrouve à être systématiquement en mode écoute active, sur le qui-vive et à me trouver tiraillée, avec plusieurs fers au feu, envahie. D’autant que Bibounette a l’habitude de cette manière d’interagir avec sa maman et qu’elle me sollicite de fait beaucoup.  Habituellement, dans notre rythme quotidien, à la sortie de l’école, ou le week-end où je ne suis pas seule à m’occuper d’elle, ce mode d’interaction nous convient parfaitement. Je suis plutôt très fière de la voir exprimer ses émotions comme elle le fait et je me dis que notre façon d’interagir n’y est pas étrangère. Je me surprends à être incroyablement zen pour accueillir ses émotions, y compris dans des moments de crise. Mais quand je me retrouve seule avec elle nuit et jour quand papa est en déplacement, alors il y a comme un trop-plein. Je me connais suffisamment pour savoir que j’ai besoin de temps pour moi, de moments de solitude. J’ai le sentiment qu’à l’âge de Bibounette, je ne peux pas lui demander d’être encore plus autonome, de jouer seule très longtemps.  Sauf à la coller devant la télé et regretter aussitôt, sous la pression de la blogosphère, de ne pas lui proposer une super activité comme l’exigerait mon standing de maman.  Et je ne veux pas être avec elle sans répondre à ces sollicitations. Quand je dis répondre à ces sollicitations, il ne s’agit pas d’être à son service mais de lui apporter une réponse quand elle me sollicite y compris pour lui dire non, que j’ai besoin de temps. Mais rien que ça, sur un temps long, ça  m’épuise, je le vis comme une intrusion, mon cerveau bug car mes réflexions viennent se télescoper avec ses questions et je suis comme l’animal pris au piège des phares d’une voiture. En vérité, je m’aperçois que je culpabilise terriblement de lui demander d’attendre y compris pour prendre le temps de satisfaire des besoins naturels. Je culpabilise et je ne suis plus suffisamment assertive, Bibounette le sent et accentue la demande. Et c’est l’énergie que j’épuise à lutter contre ma culpabilité, à lutter contre l’impossible étirement du temps ou la démultiplication des bras, c’est cette énergie qui me manque ensuite. C’est ce tiraillement qui me conduit à l’épuisement. Et c’est là-dessus que j’ai à travailler. Bien sûr, cela dépend de mon état de fatigue initial et aussi des circonstances extérieures et des corvées domestiques que j’ai à effectuer à ce moment-là. Pour ce qui concerne les corvées, je sais aussi que je pourrais y associer mon enfant plus systématiquement. Elle en serait heureuse et pourrait librement, soit les bouder, soit s’y associer pleinement. Nous joindrions ainsi, lorsque nous sommes entre filles, l’utile à l’agréable. J’aime l’associer à des activités domestiques et je suis fière de la voir les réaliser avec joie et efficacité. L’aider ainsi à gagner en autonomie est un principe éducatif qui m’est cher. Et pourtant, je dois avouer que pour ce qui concerne l’hygiène, j’ai encore un peu de mal à prendre le risque de la voir se les approprier à sa sauce…

Au final, cet épuisement par envahissement de sentiments contraires est un problème récurrent chez moi et inutile de préciser que je ne m’aime pas comme ça, d’autant qu’en bout de course, je pourrais donner à Bibounette l’impression de lui en vouloir de conserver, elle, toute son énergie… Alors, pour elle, je tente de mettre en mots  la situation dans laquelle je me trouve car son regard perçant sur moi me signifie clairement qu’elle ressent les choses.

C’est ainsi que ce soir-là pour la première fois elle m’a dit je t’aime ou peut-être m’a-t-elle demandé si je l’aimais… Aimer moi…

A ce stade, j’en suis à me dire que, faute de parvenir à gérer l’écoute sans culpabilité, je dois être plus douée pour distiller mon mode éducatif que pour jouer aux nounous détachées toute la journée. D’ailleurs, je n’ai jamais pu imaginer laisser ma fille à plein temps à une seule nounou… L’équipe de la crèche, celle de l’école, l’intervention de la famille, des copains, ça me parle…ça me rassure car ça gomme les imperfections, mais pas seulement. Je pense surtout que ça ouvre l’esprit et qu’il n’est jamais bon de mettre tous ses œufs dans le même panier.

Mais peut-être est-ce encore une manière de me déculpabiliser? S’il existe une troisième voix je suis preneuse… Alors les mamans, help, vous faites comment?

 

Tu la mets sur quoi?!!!

 

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Entendu hier devant un manège :
Tu la mets sur quoi ?
Sur rien! ma fille n’est pas un objet que l’on pose. Je pose sur le buffet la boîte que j’ai chinée au vide grenier mais je ne pose pas ma fille sur le cheval ou sur la voiture de pompiers du manège. Mais comment, elle a deux ans et demi, c’est toi qui sais où elle peut monter! He bien non je ne pense pas savoir mieux qu’elle, c’est mon premier enfant et quand bien même ce serait le cinquième, qui mieux qu’elle sait ce dont elle est capable, ce qui lui plaît, ce sur quoi elle se sent à l’aise, ce sur quoi elle a envie de monter… Elle monte sur le manège si elle en a envie, elle est montée sur le toboggan quand elle l’a souhaité et certainement pas avant de savoir se tenir assise pour réaliser un exploit qui ne plaît qu’aux parents!
Est-ce que cette attitude qui me paraît naturelle a été spontanée pour moi? Elle ne m’a certainement pas été inspirée par mon éducation, mais sans doute Bibounette avec son air décidé a-t-elle été une bonne inspiratrice. Surtout, moi qui ne l’ait pas forcément été enfant, j’ai eu envie de l’écouter. C’est parfois épuisant mais tellement plus enthousiasmant 😍. Et puis je pense aussi que c’est par l’allaitement que je suis entrée en maternage car c’est grâce à l’allaitement que j’ai découvert ou du moins commencé à appliquer la réponse aux besoins à la demande…
Ou comment allaiter peut mener au libre choix de la voiture de pompiers… 😜

Bienveillance, complicité : attention article intime !

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Hier soir, petit tour anodin sur instagram, je suis attirée par une photo d’un bébé dormant dans la même position que Bibounette. Je m’apprête à aimer, quand je lis la légende, de mémoire, quelquechose comme : ce soir j’ai laissé pleurer mon bébé 1H, en allant le voir à intervalles réguliers, il a eu le souffle coupé à force de pleurer mais ne s’est pas tu, j’ai fini par le prendre dans mon lit et il s’est endormi, dur dur.

Mon sang n’a fait qu’un tour et 2H plus tard, j’étais devant mon clavier pour écrire ce billet. Impossible de dormir sans avoir écrit…

Avant de devenir Maman, je n’avais pas vraiment idée de la façon dont je serai Maman. J’étais incollable sur les articles de puériculture, je savais que je voulais allaiter mais pour le reste… J’avais réfléchi sur ma propre enfance, je ne voulais pas être fusionnelle, ce dont j’avais souffert, je voulais laisser de la place au papa mais paradoxalement  je crois que je pensais que mon enfant serait sage, ne poserait pas de problème… comme moi quand j’étais enfant…

Et puis mon enfant est arrivée et elle a tout de suite su me montrer qu’elle était une personne à part entière ce qui a eu plusieurs conséquences immédiates :

-elle allait s’exprimer et tant mieux car elle me montrerait ce que je n’avais pas vécu moi-même, chance inouïe, il me suffisait de l’écouter

-elle ne me serait pas semblable et donc pas forcément sage, il allait falloir gérer

-je ne serai assurément  pas fusionnelle car impossible de considérer cette enfant comme un me too

-je lui montrerai l’exemple et je ne lui ferai pas subir ce que je n’aimerais pas subir moi-même. Elle a autant de droit que moi, des devoirs aussi mais des droits. Imaginons un adulte immobilisé dans une pièce qui appelle un ami qu’il sait être dans la pièce à côté. L’ami ne vient pas. Par quels sentiments va passer cette personne immobilisée ? Mon ami ne me répond pas, c’est inquiétant, il a peut-être fait un malaise. Non, ce n’est pas le cas, je l’entends déambuler, je ne crie pas assez fort, ma voix est trop faible, même en redoublant d’efforts, comme je suis nul ! ou bien est-ce que mon ami n’est plus mon ami et ne veut plus me répondre ? qu’ai-je fait de mal ? qu’est-ce que cette espèce humaine qui ne s’entraide pas ?…

Imaginons un instant que ce n’est pas un adulte qui est ainsi enfermé immobilisé mais un enfant au cerveau encore immature qui n’a aucune expérience du monde et de ses codes, de la gestion des émotions et du temps… quelle horreur…

Bref, aujourd’hui, il me paraît évident qu’un pauvre bébé laissé seul à pleurer est traversé par tant d’émotions tellement difficiles que c’est juste inconcevable. Et je ne parle pas des études scientifiques qui viennent à l’appui de ce ressenti instinctif…

Après échange avec la maman qui a posté cette photo sur IG, j’ai le sentiment qu’elle n’est pas loin d’être sur la même longueur d’onde et pourtant elle a fait cette tentative désespérée, sous la pression de son entourage qui trouvait son bébé capricieux… Une amie qui était proche met son enfant de 18 mois au coin en lui adressant des propos rabaissants comme elle a vu faire ses parents avec elle. Elle est validée dans ses choix éducatifs par la docilité de son enfant. Certes, elle regrette qu’il ne soit pas aussi câlin que ma fille et me demande ma « recette ».  Peut-être ne l’ai-je pas laissée me tendre les bras en lui disant que je ne lui rendrai pas son câlin au motif que ça ne serait pas bon pour elle…

Dans les commentaires sous la photo IG, une autre Maman prône d’ailleurs cette technique bien connue du « tu vas le voir toutes les 5 minutes mais tu ne le prends pas dans tes bras ». C’est sans doute moins barbare que de le laisser pleurer sans nouvelles mais pour moi, ça reste de la torture… Reprenons l’exemple de l’adulte immobilisé. Imaginons une personne à mobilité réduite qui vous tend la main, vous restez à une distance respectable en disant « je vous dis bonjour mais je ne veux pas vous toucher, c’est mieux pour vous »… Curieux, non ? En tout état de cause si j’avais fait ça avec mon bébé, mon lait se serait mis spontanément à couler à flots, la nature me rappelant ainsi que rester à distance n’était pas le bon geste…  Mais évidemment, chacun fait à la mesure de ses forces, qui sont limitées et il n’est pas toujours facile d’appeler à l’aide, pour que d’autres prennent le relais du maternage… Soit que les bonnes âmes alentour soient rares, soit qu’une fierté mal placée empêche de demander de l’aide. J’ai peu de bras alentour mais j’ai la chance d’avoir près de moi un papa paternant hors pair et heureusement quelques personnes qui m’ont fait entendre que ce qui est naturel est d’élever un enfant en tribu et qu’il est donc normal de se sentir épuisé et dépassé quand on veut tout prendre en charge seul.

Qu’est-ce qui fait qu’on prend la bonne décision ? et qu’est-ce que la bonne décision ? En parlant avec mon grand-père de son passé de résistant, je lui ai souvent posé la question. Qu’est-ce qui l’a conduit à entrer en résistance alors que la plupart des jeunes de sa classe rejoignait le STO. Après coup, avec le recul de l’histoire, on peut se dire que bien sûr, nous aussi on aurait pris la bonne décision. Et pourtant, si on est honnête, si on pense au peu d’informations dont il disposait dans sa campagne, est-on bien sûr qu’on aurait fait le bon choix ? Je ne parle pas de dénoncer son prochain, là-dessus, des valeurs fondamentales sont là comme garde-fou. Mais entre se fondre dans la masse du départ au STO et prendre le risque de se cacher et d’entrer en résistance au péril de sa vie, ça demande un sacré courage et une sacrée clairvoyance, au vu du peu d’information dont il disposait… Il m’a toujours répondu que c’était une évidence. Je pense que l’ouverture d’esprit, la bienveillance de sa mère et de sa grand-mère n’y étaient pas étrangères…

Et moi, qu’est-ce qui a fait que je me suis retrouvée bienveillante ? Moi aussi, ma réponse immédiate serait que c’est une évidence. Car quand je vois ma fille se comporter devant moi, j’ai envie d’écouter ce qu’elle a à me dire. Et non pas en première intention de la brimer, a priori. Et pourtant pour d’autres ce n’est si évident. Alors qu’est-ce qui fait que pour moi c’est une évidence ?

-mon éducation ? Je ne crois pas, j’ai été élevée comme un prolongement de ma mère, certes on ne m’a pas laissée pleurer mais on ne m’a pas non plus laissée exister

-le travail que j’ai fait sur moi, assurément, j’ai en effet ressenti la nécessité de grandir et de savoir qui je suis avant de prétendre élever un enfant

-l’ouverture d’esprit des générations précédentes, sans doute,  et celle du papa de mon enfant, assurément

-mes origines terriennes, mon amour des animaux que je ne considère pas comme des espèces inférieures, sans doute, car cela m’a conduit à un certain bon sens, et dans ce bon sens, à allaiter à la demande

-l’allaitement à la demande, qui est une première façon, parmi d’autres, condition ni nécessaire, ni suffisante, de se familiariser à répondre aux besoins primaires de son enfant

-mon amour de la lecture qui m’a conduite à lire Filliozat, Faber et Mazlish et bien d’autres qui ont théorisé mes évidences et réparé l’enfant que j’ai été

Alors, c’est sûr, j’écoute ma fille. Avant sa naissance, je l’écoutais déjà, depuis sa naissance je l’écoute : ses bruits, ses mimiques, ses câlins, désormais son langage…

Ecouter mon enfant c’est donc une évidence. Cela ne me demande (plus) aucun effort. J’ai conscience que pour beaucoup d’autres, ce n’est pas évident et je ne juge pas, même si je suis triste pour les enfants. Ça m’est arrivé de douter quand je vois des parents bien plus reposés que moi car leurs bébés obéissent au doigt et à l’œil sans faire de bruit…. ça m’est arrivé de douter car je n’ai pas envie d’être trop laxiste non plus, au détriment de mon enfant… ça m’est arrivé de douter car je ne veux pas empêcher mon enfant de s’autonomiser, en l’accompagnant à outrance… Mais quand je vois de très jeunes enfants terrorisés par tout ce qui les entoure y compris leurs parents, je ne doute plus. Et en tout état de cause, je suis bien incapable d’appliquer des règles arbitraires sans me poser de questions, comme je suis incapable de me convaincre qu’un petit enfant a besoin d’être dompté…

Je ne juge pas mais je m’insurge car les enfants le valent bien, car ça m’empêche de dormir. C’est sûr que si un enfant sait qu’on ne l’écoute jamais, qu’on ne répond pas à ses appels par un doux contact, il finira toujours par se taire car il comprendra qu’il est seul et qu’il ne sert à rien de se manifester, ça vaut pour les humains comme pour les animaux abandonnés et c’est ainsi que dans les pires orphelinats le silence règne… C’est épuisant de s’occuper d’un être dépendant, c’est certain mais faire un enfant a des conséquences… Les animaux, on les abandonne sur le bord de la route des vacances s’ils ne rentrent pas dans la case qu’on avait prévue pour eux…

Je m’insurge car ma fille me le demande …  Elle le fait avec ses moyens, du haut de ses 2 ans, elle vient en aide aux enfants brimés, bien campée dans une posture décidée, usant de son regard et de ses câlins et me demande ensuite de lui relire Agathe et la fessée. Elle écarquille les yeux quand nous rendons visite à des enfants non écoutés et me dit « aide maman ». Elle fait souffler un vent de liberté dans de tristes maisons. Nous perdons d’anciens amis mais nous gagnons sa joie de vivre…

Je m’insurge parfois et parfois je courbe l’échine car ce n’est pas toujours si facile d’assumer la liberté que prend son enfant, même si on en est fière au fond. Parfois le petit enfant d’à côté un peu terrorisé mais bien obéissant est plus reposant, n’est-ce pas ? Alors ce n’est pas si facile de vivre ses choix en société car comment gère-t-on le regard des autres, la fatigue, les dissensions ? Quand je suis seule avec ma fille devant des inconnus, désormais je gère, en revanche cela reste difficile devant l’entourage proche et le pire, c’est en cas de dissension même ponctuelle avec le papa. La fatigue, quant à elle, reste mon facteur limitant…

Alors je continue à travailler et j’économise mes forces, je ne prête pas le flanc et je me recentre. Je deviens zen en la regardant.

Oui,  écouter son enfant, pour moi c’est une évidence. Ce qui est moins évident, et qui est un travail quotidien, c’est : que fait-on de ce qu’on a entendu ? Comment ne pas tomber dans le laxisme ? Comment donner un cadre rassurant, nécessaire, à son enfant ? La seule chose dont je suis sûre en la matière, c’est que j’ai besoin d’être moi-même convaincue par les règles que je veux imposer à ma fille. Et pour cela de les interroger. Mais de cela, je vous parlerai une prochaine fois…

Et vous, la bienveillance, ça vous parle ?

Sommet des parents : c’est gratuit et c’est maintenant !

Avec retard mais pas trop tard (il reste 3 jours!), je partage avec vous la possibilité de vous inscrire pour participer via internet et gratuitement au sommet des parents qui a lieu du 28/06 au 04/07

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Ce sommet regroupe 13 experts de la parentalité bienveillante qui partagent avec vous ce qu’ils ont appris et compris sur l’enfant.

Si vous êtes intéressés vous pouvez vous inscrire sur :
http://www.le-sommet-des-parents.fr/

Le seul bémol : les videos ne sont accessibles que pendant 48h, alors faites comme moi, courez contre la montre et racontez moi celles que je n’ai pas eu le temps de voir !

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