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Tu la mets sur quoi?!!!

 

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Entendu hier devant un manège :
Tu la mets sur quoi ?
Sur rien! ma fille n’est pas un objet que l’on pose. Je pose sur le buffet la boîte que j’ai chinée au vide grenier mais je ne pose pas ma fille sur le cheval ou sur la voiture de pompiers du manège. Mais comment, elle a deux ans et demi, c’est toi qui sais où elle peut monter! He bien non je ne pense pas savoir mieux qu’elle, c’est mon premier enfant et quand bien même ce serait le cinquième, qui mieux qu’elle sait ce dont elle est capable, ce qui lui plaît, ce sur quoi elle se sent à l’aise, ce sur quoi elle a envie de monter… Elle monte sur le manège si elle en a envie, elle est montée sur le toboggan quand elle l’a souhaité et certainement pas avant de savoir se tenir assise pour réaliser un exploit qui ne plaît qu’aux parents!
Est-ce que cette attitude qui me paraît naturelle a été spontanée pour moi? Elle ne m’a certainement pas été inspirée par mon éducation, mais sans doute Bibounette avec son air décidé a-t-elle été une bonne inspiratrice. Surtout, moi qui ne l’ait pas forcément été enfant, j’ai eu envie de l’écouter. C’est parfois épuisant mais tellement plus enthousiasmant 😍. Et puis je pense aussi que c’est par l’allaitement que je suis entrée en maternage car c’est grâce à l’allaitement que j’ai découvert ou du moins commencé à appliquer la réponse aux besoins à la demande…
Ou comment allaiter peut mener au libre choix de la voiture de pompiers… 😜

Bienveillance, complicité : attention article intime !

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Hier soir, petit tour anodin sur instagram, je suis attirée par une photo d’un bébé dormant dans la même position que Bibounette. Je m’apprête à aimer, quand je lis la légende, de mémoire, quelquechose comme : ce soir j’ai laissé pleurer mon bébé 1H, en allant le voir à intervalles réguliers, il a eu le souffle coupé à force de pleurer mais ne s’est pas tu, j’ai fini par le prendre dans mon lit et il s’est endormi, dur dur.

Mon sang n’a fait qu’un tour et 2H plus tard, j’étais devant mon clavier pour écrire ce billet. Impossible de dormir sans avoir écrit…

Avant de devenir Maman, je n’avais pas vraiment idée de la façon dont je serai Maman. J’étais incollable sur les articles de puériculture, je savais que je voulais allaiter mais pour le reste… J’avais réfléchi sur ma propre enfance, je ne voulais pas être fusionnelle, ce dont j’avais souffert, je voulais laisser de la place au papa mais paradoxalement  je crois que je pensais que mon enfant serait sage, ne poserait pas de problème… comme moi quand j’étais enfant…

Et puis mon enfant est arrivée et elle a tout de suite su me montrer qu’elle était une personne à part entière ce qui a eu plusieurs conséquences immédiates :

-elle allait s’exprimer et tant mieux car elle me montrerait ce que je n’avais pas vécu moi-même, chance inouïe, il me suffisait de l’écouter

-elle ne me serait pas semblable et donc pas forcément sage, il allait falloir gérer

-je ne serai assurément  pas fusionnelle car impossible de considérer cette enfant comme un me too

-je lui montrerai l’exemple et je ne lui ferai pas subir ce que je n’aimerais pas subir moi-même. Elle a autant de droit que moi, des devoirs aussi mais des droits. Imaginons un adulte immobilisé dans une pièce qui appelle un ami qu’il sait être dans la pièce à côté. L’ami ne vient pas. Par quels sentiments va passer cette personne immobilisée ? Mon ami ne me répond pas, c’est inquiétant, il a peut-être fait un malaise. Non, ce n’est pas le cas, je l’entends déambuler, je ne crie pas assez fort, ma voix est trop faible, même en redoublant d’efforts, comme je suis nul ! ou bien est-ce que mon ami n’est plus mon ami et ne veut plus me répondre ? qu’ai-je fait de mal ? qu’est-ce que cette espèce humaine qui ne s’entraide pas ?…

Imaginons un instant que ce n’est pas un adulte qui est ainsi enfermé immobilisé mais un enfant au cerveau encore immature qui n’a aucune expérience du monde et de ses codes, de la gestion des émotions et du temps… quelle horreur…

Bref, aujourd’hui, il me paraît évident qu’un pauvre bébé laissé seul à pleurer est traversé par tant d’émotions tellement difficiles que c’est juste inconcevable. Et je ne parle pas des études scientifiques qui viennent à l’appui de ce ressenti instinctif…

Après échange avec la maman qui a posté cette photo sur IG, j’ai le sentiment qu’elle n’est pas loin d’être sur la même longueur d’onde et pourtant elle a fait cette tentative désespérée, sous la pression de son entourage qui trouvait son bébé capricieux… Une amie qui était proche met son enfant de 18 mois au coin en lui adressant des propos rabaissants comme elle a vu faire ses parents avec elle. Elle est validée dans ses choix éducatifs par la docilité de son enfant. Certes, elle regrette qu’il ne soit pas aussi câlin que ma fille et me demande ma « recette ».  Peut-être ne l’ai-je pas laissée me tendre les bras en lui disant que je ne lui rendrai pas son câlin au motif que ça ne serait pas bon pour elle…

Dans les commentaires sous la photo IG, une autre Maman prône d’ailleurs cette technique bien connue du « tu vas le voir toutes les 5 minutes mais tu ne le prends pas dans tes bras ». C’est sans doute moins barbare que de le laisser pleurer sans nouvelles mais pour moi, ça reste de la torture… Reprenons l’exemple de l’adulte immobilisé. Imaginons une personne à mobilité réduite qui vous tend la main, vous restez à une distance respectable en disant « je vous dis bonjour mais je ne veux pas vous toucher, c’est mieux pour vous »… Curieux, non ? En tout état de cause si j’avais fait ça avec mon bébé, mon lait se serait mis spontanément à couler à flots, la nature me rappelant ainsi que rester à distance n’était pas le bon geste…  Mais évidemment, chacun fait à la mesure de ses forces, qui sont limitées et il n’est pas toujours facile d’appeler à l’aide, pour que d’autres prennent le relais du maternage… Soit que les bonnes âmes alentour soient rares, soit qu’une fierté mal placée empêche de demander de l’aide. J’ai peu de bras alentour mais j’ai la chance d’avoir près de moi un papa paternant hors pair et heureusement quelques personnes qui m’ont fait entendre que ce qui est naturel est d’élever un enfant en tribu et qu’il est donc normal de se sentir épuisé et dépassé quand on veut tout prendre en charge seul.

Qu’est-ce qui fait qu’on prend la bonne décision ? et qu’est-ce que la bonne décision ? En parlant avec mon grand-père de son passé de résistant, je lui ai souvent posé la question. Qu’est-ce qui l’a conduit à entrer en résistance alors que la plupart des jeunes de sa classe rejoignait le STO. Après coup, avec le recul de l’histoire, on peut se dire que bien sûr, nous aussi on aurait pris la bonne décision. Et pourtant, si on est honnête, si on pense au peu d’informations dont il disposait dans sa campagne, est-on bien sûr qu’on aurait fait le bon choix ? Je ne parle pas de dénoncer son prochain, là-dessus, des valeurs fondamentales sont là comme garde-fou. Mais entre se fondre dans la masse du départ au STO et prendre le risque de se cacher et d’entrer en résistance au péril de sa vie, ça demande un sacré courage et une sacrée clairvoyance, au vu du peu d’information dont il disposait… Il m’a toujours répondu que c’était une évidence. Je pense que l’ouverture d’esprit, la bienveillance de sa mère et de sa grand-mère n’y étaient pas étrangères…

Et moi, qu’est-ce qui a fait que je me suis retrouvée bienveillante ? Moi aussi, ma réponse immédiate serait que c’est une évidence. Car quand je vois ma fille se comporter devant moi, j’ai envie d’écouter ce qu’elle a à me dire. Et non pas en première intention de la brimer, a priori. Et pourtant pour d’autres ce n’est si évident. Alors qu’est-ce qui fait que pour moi c’est une évidence ?

-mon éducation ? Je ne crois pas, j’ai été élevée comme un prolongement de ma mère, certes on ne m’a pas laissée pleurer mais on ne m’a pas non plus laissée exister

-le travail que j’ai fait sur moi, assurément, j’ai en effet ressenti la nécessité de grandir et de savoir qui je suis avant de prétendre élever un enfant

-l’ouverture d’esprit des générations précédentes, sans doute,  et celle du papa de mon enfant, assurément

-mes origines terriennes, mon amour des animaux que je ne considère pas comme des espèces inférieures, sans doute, car cela m’a conduit à un certain bon sens, et dans ce bon sens, à allaiter à la demande

-l’allaitement à la demande, qui est une première façon, parmi d’autres, condition ni nécessaire, ni suffisante, de se familiariser à répondre aux besoins primaires de son enfant

-mon amour de la lecture qui m’a conduite à lire Filliozat, Faber et Mazlish et bien d’autres qui ont théorisé mes évidences et réparé l’enfant que j’ai été

Alors, c’est sûr, j’écoute ma fille. Avant sa naissance, je l’écoutais déjà, depuis sa naissance je l’écoute : ses bruits, ses mimiques, ses câlins, désormais son langage…

Ecouter mon enfant c’est donc une évidence. Cela ne me demande (plus) aucun effort. J’ai conscience que pour beaucoup d’autres, ce n’est pas évident et je ne juge pas, même si je suis triste pour les enfants. Ça m’est arrivé de douter quand je vois des parents bien plus reposés que moi car leurs bébés obéissent au doigt et à l’œil sans faire de bruit…. ça m’est arrivé de douter car je n’ai pas envie d’être trop laxiste non plus, au détriment de mon enfant… ça m’est arrivé de douter car je ne veux pas empêcher mon enfant de s’autonomiser, en l’accompagnant à outrance… Mais quand je vois de très jeunes enfants terrorisés par tout ce qui les entoure y compris leurs parents, je ne doute plus. Et en tout état de cause, je suis bien incapable d’appliquer des règles arbitraires sans me poser de questions, comme je suis incapable de me convaincre qu’un petit enfant a besoin d’être dompté…

Je ne juge pas mais je m’insurge car les enfants le valent bien, car ça m’empêche de dormir. C’est sûr que si un enfant sait qu’on ne l’écoute jamais, qu’on ne répond pas à ses appels par un doux contact, il finira toujours par se taire car il comprendra qu’il est seul et qu’il ne sert à rien de se manifester, ça vaut pour les humains comme pour les animaux abandonnés et c’est ainsi que dans les pires orphelinats le silence règne… C’est épuisant de s’occuper d’un être dépendant, c’est certain mais faire un enfant a des conséquences… Les animaux, on les abandonne sur le bord de la route des vacances s’ils ne rentrent pas dans la case qu’on avait prévue pour eux…

Je m’insurge car ma fille me le demande …  Elle le fait avec ses moyens, du haut de ses 2 ans, elle vient en aide aux enfants brimés, bien campée dans une posture décidée, usant de son regard et de ses câlins et me demande ensuite de lui relire Agathe et la fessée. Elle écarquille les yeux quand nous rendons visite à des enfants non écoutés et me dit « aide maman ». Elle fait souffler un vent de liberté dans de tristes maisons. Nous perdons d’anciens amis mais nous gagnons sa joie de vivre…

Je m’insurge parfois et parfois je courbe l’échine car ce n’est pas toujours si facile d’assumer la liberté que prend son enfant, même si on en est fière au fond. Parfois le petit enfant d’à côté un peu terrorisé mais bien obéissant est plus reposant, n’est-ce pas ? Alors ce n’est pas si facile de vivre ses choix en société car comment gère-t-on le regard des autres, la fatigue, les dissensions ? Quand je suis seule avec ma fille devant des inconnus, désormais je gère, en revanche cela reste difficile devant l’entourage proche et le pire, c’est en cas de dissension même ponctuelle avec le papa. La fatigue, quant à elle, reste mon facteur limitant…

Alors je continue à travailler et j’économise mes forces, je ne prête pas le flanc et je me recentre. Je deviens zen en la regardant.

Oui,  écouter son enfant, pour moi c’est une évidence. Ce qui est moins évident, et qui est un travail quotidien, c’est : que fait-on de ce qu’on a entendu ? Comment ne pas tomber dans le laxisme ? Comment donner un cadre rassurant, nécessaire, à son enfant ? La seule chose dont je suis sûre en la matière, c’est que j’ai besoin d’être moi-même convaincue par les règles que je veux imposer à ma fille. Et pour cela de les interroger. Mais de cela, je vous parlerai une prochaine fois…

Et vous, la bienveillance, ça vous parle ?

J’allaite, tu allaites, nous allaitons

 

 

Écrire sur les aspects pratiques de l’allaitement, c’est facile, factuel et j’aime l’idée de pouvoir aider d’autres mamans, novices à leur tour, comme je l’ai moi-même été… Écrire sur la relation d’allaitement, c’est beaucoup plus compliqué, tellement la relation, à 2, à 3, en famille, est riche et variée, tellement les émotions sont diverses, selon les moments, les circonstances, les jours et les lunes, c’est une histoire qui s’écrit au jour le jour, toute précieuse… Quand mon homme dit alternativement « elle allaite, elles allaitent, nous allaitons », je fonds. Quand ma fille me parle du « titou », je fonds. Quand je m’aperçois qu’allaiter m’a ouvert à une certaine parentalité qui restera (et que ça peut être le cas que l’on allaite un jour, un mois, un an ou plus!), je me sens chanceuse…

Alors, en attendant d’écrire plus, je vous renvoie aux beaux articles d’Alys et Django (sur Minuscule Infini) et de Marion et William (sur Je suis une seinte) qui ont su mettre des mots… après avoir transformé l’essai 😘

 

 

Oh, un tag! 

Buline m’a gentiment taguée pour le Blogger recognition award, un tag composé de 4 points….


Pour le premier point
, je remercie sincèrement Buline, d’autant plus que c’est mon premier tag waouh! Et que je partage son point de vue sur comment bloguer : je n’écris pas pour plaire. Le fonctionnement de la blogosphère me paraît un peu mystérieux ou soumis à des règles que je n’ai pas forcément envie de suivre. Alors l’arrivée d’un tag, c’est une bonne surprise et l’occasion de partager! Alors, en cadeau, voici une petite photo pour toi Buline

  

Pour le second point
, je dois raconter l’histoire de mon blog. Je blogue depuis une dizaine d’années mais mon premier blog était plutôt une sorte de pense-bête à mon intention propre, je n’imaginais même pas que des lecteurs pouvaient un jour y accéder « par hasard »… Oui, je reviens de loin! Mon blog d’aujourd’hui, mon seul vrai blog donc, je l’ai d’abord pensé avant de le mettre en ligne… Oui, je suis un peu comme ça, la phase exploratoire, c’est à la fois mon plaisir et ma croix… Bref, en me préparant à devenir Maman puis en devenant Maman, j’ai découvert tout un monde, à beaucoup d’égards : avant, je pensais beaucoup puériculture et c’est effectivement déjà tout un monde en soi… Puériculture teintée de maternage mais version théorique.. Et puis en rencontrant Bibounette, j’ai découvert toute la palette d’émotions associées, le fait de grandir avec ses enfants, le maternage version pratique, l’allaitement, l’écoute bienveillante, la pédagogie active, et là c’est plus qu’un monde, et c’est surtout plus de 24h dans une journée! J’ai alors eu le sentiment que « tout ça » méritait d’être partagé, que ce serait aussi l’occasion d’avoir des retours d’expérience, de « rencontrer » des gens… 

Le hic, c’est que quand on ne veut pas/ne sait pas/n’a pas le temps de céder aux sirènes d’Hellocoton (ce truc reste un mystère pour moi…), alimenter une page Facebook et rameuter toutes ses connaissances de la vraie vie, on rencontre finalement assez peu de lecteurs… 

Alors que sur Instagram, il est beaucoup plus aisé de croiser de nouvelles personnes. Bon c’est vrai que je produis plus régulièrement sur Instagram, alors que par respect pour mes (quelques) lecteurs et en bonne perfectionniste que je suis, je m’attache dans mes articles à faire de vraies synthèses. Activité chronophage donc qui limite ma production… Mais dans ce domaine comme ailleurs, je compte bien m’améliorer…

Ah oui, et j’écris aussi pour laisser une trace pour ma fille, d’ailleurs si quelqu’un sait comment imprimer les articles en format sympa intégrant les photos (que je me fatigue bien à mettre en page!), ça m’aiderait beaucoup! Oui, je tiens pour elle une version papier du blog! 

Pour le troisième point, le conseil aux débutants…. Euh, vous l’aurez compris, je me considère moi-même comme débutante donc pas forcément légitime pour donner des conseils! Mais comme je le disais, je rejoins Buline….écrire pour partager et non pas pour avoir du succès, écrire avec son cœur et non pas en fonction de son lectorat, écrire en son âme et conscience. Et si, un conseil quand même : préserver son anonymat… La toile est quand même une jungle et mieux vaut prévenir que guérir… 

Pour le 4ème point
, je dois nommer 6 candidats pour prendre le relais….

  • Dame Praline pour ses partages d’expérience 
  • Le rire des anges, pour sa spontanéité et sa fidélité 
  • Souris Maman dont je suis l’IG depuis un certain temps déjà et viens de découvrir le blog 
  • Reggio&Twins  pour ses réflexions pédagogiques avec lesquelles je suis souvent en phase 
  • Minuscule infini, LE blog s’il n’en restait qu’un
  • Eltern vom Mars parce qu’il n’y a pas que les blogs francophones

Et je vais de ce pas, découvrir les blogs choisis par Buline ! De même que celui de Crevette de Mars par qui le tag est arrivé… Ma grand-mère tag en quelque sorte ! 
A bientôt !

  

Découvertes #2 je t’écoute, je m’écoute…

Dans un premier billet inspiré par nos découvertes de vacances, j’ai exposé en quoi il me semblait épanouissant pour ma fille et pour moi de lui laisser découvrir le monde à son rythme et selon sa propre inventivité

Alors que j’étais en train de le rédiger, la lecture d’un billet de Minuscule Infini (merci!) m’a incitée à commenter et donc à poursuivre la réflexion… Quelques temps plus tard, celui de Dame Praline a aussi fait écho en moi et m’a permis de compléter cet article…

Alors, en quoi savourer le temps qui passe peut-il influer sur la composition de la famille?

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Faire-part : Mine à gribouilles

D’aucun diront qu’à trop accueillir les progrès et découvertes de l’enfant, on est trop centré sur lui et on en oubliera de faire un second. Je ne crois pas. Ou si on l’oublie alors, c’est que l’on a de bonnes raisons, qu’on suit son ressenti et s’il y a bien un domaine dans lequel on devrait suivre absolument son ressenti et non la pression sociale, c’est bien dans la décision d’avoir un enfant.
Je m’explique : j’ai du mal à comprendre – en tous cas j’en serais personnellement incapable- qu’on puisse planifier, avant même d’être parents d’avoir x enfants avec tel écart d’âge. J’ai encore plus de mal à comprendre que l’on tente de s’y tenir coûte que coûte. En effet, pour moi c’est faire fi de ce que la vie voudra bien nous donner, c’est considérer aussi que quel que soit la rencontre que l’on fait avec son premier enfant, on se doit de respecter le timing préalablement fixé. Cela me semble inimaginable, sauf à considérer que nos enfants sont ni plus ni moins des meubles que l’on acquière au fur et à mesure des années selon le plan préétabli de l’architecte d’intérieur…
En ce qui me concerne, même avec des meubles, j’adapte systématiquement mes plans, alors avec un enfant…
Sur la question de l’écart d’âge par exemple, la façon dont on entend préparer l’aîné à l’arrivée d’un plus jeune, la façon dont on entend se préparer soi à aimer un autre enfant, à l’élever aussi avec une énergie renouvelée, il me semble que tout cela est dépendant du premier enfant, de son caractère, de la façon dont on se découvre mère et il est donc plus que primordial de savoir adapter ses plans ou même les revoir complètement.
Le souci est qu’il faut alors résister aux questions pressantes de l’entourage… A presque 35 ans sans enfant, j’essuyais les questions indélicates sur une future maternité et pensais avec l’arrivée de Bibounette les avoir balayées… Que nenni, j’ai eu peu de répit, voilà que l’on me harcèle à nouveau sur le suivant…
Et si on répond que non ou que trop tôt, immédiatement nous voilà accusée d’une relation trop fusionnelle avec son enfant…
Est-ce être trop fusionnel que de reconnaître qu’on préfère prendre le temps que tout le monde trouve sa place, qu’on préfère savourer le temps qui passe plutôt que de suivre un schéma pré établi. Je ne crois pas. Je pense au contraire que c’est faire preuve de beaucoup de maturité et de connaissance de soi.
Surtout, il est un point qui m’a toujours interrogée quand mes amies m’ont dit vouloir plusieurs enfants pour revivre l’expérience du nouveau-né. Cela me met mal à l’aise. Si je fais un second enfant parce que le premier n’est plus un bébé et que cela me manque, voilà qui me met mal à l’aise. Car le 2 ème, le 3 ème ou le 10 ème ne resteront pas bébé plus longtemps. Aurais je un jour suffisamment mon lot de bébés pour accepter de les voir grandir?

J’ai de la chance, ce que j’aime, c’est voir grandir ma fille, je n’ai pas la nostalgie de mon enfant bébé. Mais je crois que si je venais à avoir cette nostalgie, je ne voudrais pas pour autant remplacer le bébé qu’elle a été par un nouveau bébé. Si c’était mon intention, m’imaginer expliquer l’arrivée du cadet à l’aîné sur le mode : je ne peux plus disposer de toi comme d’une poupée alors j’en fabrique une nouvelle devrait me faire revenir rapidement sur terre. De même qu’avoir un second enfant pour avoir une nouvelle chance de réaliser son idéal éducatif alors qu’on a trébuché pour le premier me paraît tout aussi malsain.
Au moins en théorie, si je devais faire d’autres enfants, je veillerais à ce que ce soit pour créer une fratrie, une famille élargie et non pour revivre encore et encore l’expérience de la maternité et tendre vers une maternité idéale…

Bien sûr, mes propos sont un peu excessifs et je sais que l’écart est grand entre la théorie et la pratique… Bref, chaque expérience de maternité est unique et ce qui me semble essentiel, c’est d’écouter l’enfant en particulier, quitte à bouleverser les projets faits a priori, avant même sa naissance sur telle ou telle fratrie, tel ou tel écart d’âge entre les enfants. C’est la rencontre avec l’enfant qui nous façonne en tant que maman et nous montre le chemin!

A priori en ce qui me concerne, il n’y aura pas de petit deuxième.
Avant la naissance de Bibounette, je l’annonçais déjà, non pour m’y conformer absolument mais pour éviter par avance la pression sur un éventuel deuxième, sachant qu’a priori l’homme de ma vie, déjà papa d’une famille nombreuse, ne comptait pas agrandir encore la famille. A vrai dire, tout en ayant cela en tête, j’étais bien incapable de savoir comment j’allais pouvoir ou non me retrouver encore dans ce projet de vie après la naissance de Bibounette. Par chance pour mon couple, il se trouve que l’arrivée de mon enfant m’a permis de ressentir ce que je voulais et que cela correspond au souhait initial de son papa.
Alors pourquoi pas de deuxième?
Parce que je ne ressens pas l’envie de pouponner encore et encore et que même si je la ressentais, je ne considère pas que ce soit une raison suffisante pour faire un 2ème enfant
Parce que ce n’est pas suffisant mais c’est en revanche nécessaire
Parce que j’ai été en enceinte une fois et que ça me suffit
Parce que j’aurais bien adopté mais que c’est franchement compliqué
Parce que Bibounette n’est pas pour autant enfant unique car elle a déjà des demi- frère et soeur
Parce que je ressens le besoin d’accompagner Bibounette sur le chemin de l’autonomie et que mes capacités d’attention, d’éveil, mon énergie sont limitées donc, au moins pour les premières années (et jusqu’à quand? je ne peux pas le dire a priori) je ne me sens pas capable de me démultiplier
Parce que trouver une place pour chacun relève d’un équilibre délicat pour lequel je n’ai pas forcément les clefs
Parce que si je ne me sens pas prête à avoir des enfants rapprochés, je ne vais pas me presser de faire d’autres enfants avant d’être rattrapée par l’horloge biologique
Parce que dans mon expérience de la maternité avec ses hauts et ses bas, il n’y a rien à jeter donc je ne ressens pas le besoin de revivre l’expérience pour faire mieux ou moins bien
Parce que je n’ai pas envie de revivre ces découvertes me disant que c’est la dernière fois. Avec Bibounette, tout est nouveau, je n’ai pas vraiment le temps de réaliser que ça file et que c’est la dernière fois… Je préfère retenir que c’est la première fois! Et vivre au présent!
Parce qu’il y a des fratries heureuses et des enfants uniques malheureux et l’inverse aussi
Parce que je crois m’être interrogée en toute honnêteté et être capable de me remettre encore en question
Parce que je me suis battue pour que Bibounette aille en crèche et côtoie des camarades de jeu de son âge
Parce que dans la tribu, il y a aussi des animaux
Parce que je n’ai pas à me justifier 😉

En bref, bonne écoute active envers les enfants et soi-même !!!

Proposition, pression et dépression

Epuisement maternel
Voici déjà quelques jours que je suis en pleine réflexion, suite à la lecture de l’article de Madame Déjantée « Nous sommes toutes des menteuses de mère en filles »
Le foisonnement de la pensée autour de la petite enfance est très récent. C’est un progrès indéniable, un espoir de lutter contre la violence éducative ordinaire, un espoir pour l’humanité tout entière comme l’expose Olivier Maurel
Mais c’est aussi sur les épaules des parents une incroyable pression, un fardeau bien trop lourd pour 2 personnes seulement. Il faut garder en mémoire que les enfants ont été ou sont encore souvent élevés par un groupe : les générations entremêlées autrefois, encore aujourd’hui parfois dans le monde rural, les familles entremêlées sur d’autres continents. Est-ce à dire qu’il faut réinventer la vie en communauté comme dans certains pays nordiques ? Il faut en tout état de cause trouver des relais, des soutiens extérieurs car même avec les meilleures intentions, la tache est trop rude pour une ou 2 personnes.
Et pour les parents, il s’agit de trouver un équilibre, d’établir des priorités. Sur ce thème, le commentaire de Célia que je retranscris ici m’a particulièrement parlé : « je me dis que tous les choix éducatifs que certain-e-s qualifient d’”alternatifs” (je parle en particulier de la pédagogie Montessori, des choix alimentaires, des choix de vie genre pas de tv etc…) me permettent personnellement de m’épanouir en tant que maman, même si paradoxalement je peux être épuisée par moments. C’est finalement assez égoïste mais je crois que d’aussi loin que je me souvienne, les gosses (des autres), ça m’a toujours ennuyé. Et puis j’en ai fait […] Mais c’est pas pour autant que je me suis passionnée plus pour les jeux d’enfants, les délires d’enfants, etc… quand ma fille de 3 ans veut aller au parc, j’y vais parce que c’est son désir et que l’important, c’est elle mais je m’ennuie profondément […]pratiquer quelques activités Montessori, faire travailler mon imaginaire pour inventer des activités originales, aller voir des expos etc… au-delà de l’intérêt que j’y vois pour mes enfants, c’est aussi une manière de prendre soin de moi et d’être (un peu) égoïste en faisant des trucs qui me font pas trop chier. […] c’est vrai que par moments je me dis que tout serait plus simple si je mettais ma gosse devant la téloche avec un paquet de chips. Mais en fait non. A bien y réfléchir, non, vraiment.
En revanche, là où c’est vraiment un truc pervers, c’est lorsque dans des moments difficiles, on a pas le choix que de revoir nos modes éducatifs […] j’ai été tellement débordée qu’on a rangé Montessori au placard […] Et puis doucement, j’ai réalisé ce côté “je me fais (un peu) plaisir en faisant du Montessori and co” mais que l’important restait l’ambiance d’amour (je sais pas comment dire autrement) qui pouvait régner dans la maison […] du temps à rire et faire des bisous, des blagues pourries et des chatouilles, à lâcher prise […] Je n’ai pas lâché mes idéaux (parce que vraiment, j’ai réalisé que ça ne m’aiderait pas du tout) mais j’ai établi des priorités. »

Alors oui, je passe énormément de temps à réfléchir à la parentalité, à lire sur le sujet, à faire des listes d’activités à inventer. Oui, je me mets la pression toute seule peut-être, oui mon idéal m’étouffe parfois et l’injonction au bonheur qu’il porte menace d’étouffer ma fille, oui il est urgent que je lâche prise.
Mais non, je ne suis pas prête à renoncer tout à fait à mon idéal, oui Montessori et Filliozat me passionnent, non je n’ai pas 13 mois et la patience de ma fille avec ses jeux répétitifs
Donc merci à Célia de me proposer une clef d’équilibre : garder la spontanéité en tout. Savoir regarder ma fille être, m’en émerveiller, me laisser happer par ce bonheur. Savoir parfois pousser la réflexion, mais sur le même mode spontané et non parce que c’est une urgente obligation pour me sentir une maman à la hauteur.
D’ailleurs, je faisais une dichotomie entre les moments d’observation et les moments de pédagogie active mais je m’aperçois que je devrais plutôt y voir un continuum.

Proposition?
Je souhaite revenir sur les « propositions d’activités » car la lecture de certains blogs regorgeant d’activités à préparer minutieusement a largement contribué à faire chuter mon estime de soi et augmenter ma culpabilité. Comment des mamans peuvent-elles trouver l’énergie d’être aussi inventives, organisées, pour proposer chaque jour des activités aussi construites à leur progéniture ? pourquoi moi, n’en suis-je pas capable ?
D’abord, à y regarder de plus près, je m’aperçois qu’il y a là aussi sans doute quelques mensonges par omission. De l’aveu même de certaines de ces bloggeuses, on a très certainement plus tendance à bloguer sur les réussites éducatives que sur les errements.
Ensuite le contexte de ces mamans est peut-être différent du mien : combien de fois ai-je déploré ne pas avoir eu le temps de construire telle ou telle activité le week-end pour m’apercevoir le Lundi qu’elle était proposée par notre excellente micro-crèche ? Bibounette a la chance de fréquenter cette crèche durant la semaine : cela lui impose un certain rythme mais lui permet aussi de disposer de matériel et d’activités pédagogiques. Alors le week-end, je m’aperçois qu’elle a plus besoin de ma présence et du respect de son rythme naturel que d’un enchaînement d’activités sophistiquées… D’ailleurs ce que j’ai retenu d’une récente rencontre avec un éducateur Montessori, c’est « mais laissez donc faire la structure ! Il y maintes façons d’appliquer la pensée de Maria Montessori à la maison, dans l’aménagement de l’espace, dans la façon de « faire avec », mais de grâce abandonner les plateaux, la structure est là pour ça ! »
Et surtout a posteriori peut avoir l’air très construite et très préparée, une activité plus ou moins banale inventée par l’enfant. J’ignore si c’est effectivement l’explication mais en tous cas, cela me permet non seulement de lâcher prise mais d’adapter des principes à mes convictions profondes (et non l’inverse).
En effet, quoi de plus beau que de se retrouver guide sur le chemin choisi par l’enfant. C’est ainsi que je vivrai ma passion montessorienne désormais. Non pas à tout crin accumuler le matériel, lister des activités à faire absolument à tel âge mais continuer à me documenter pour savoir mieux percevoir chez ma fille telle ou telle initiative et prolonger son envie propre par telle ou telle proposition complémentaire. Une vraie proposition complémentaire, un accompagnement et non pas une proposition ex nihilo qui vire souvent à la pression sur le parent qui se DOIT de proposer l’activité et l’enfant qui se DOIT de l’apprécier.
C’est d’ailleurs ma fille qui m’a une nouvelle fois ouvert les yeux. J’étais perdue dans mes pensées à la recherche d’une activité à proposer pour combler l’espace temps avant le bain quand soudain elle s’est saisie d’un rouleau de papier toilette. Ma première réaction a été de la stopper : « Non, on ne peut pas » (chic, on avait déjà vu la situation dans l’excellent livre de Jeanne Ashbé). Et puis finalement, je me suis sentie disponible pour accueillir ce qu’elle voudrait bien me montrer d’elle à travers son geste. J’ai donc observé. Bibounette s’est concentrée pour dérouler puis enrouler consciencieusement le papier (je ne l’avais jamais vu encore enrouler ou dérouler quelquechose, chic j’ai économisé une préparation d’activité compliquée pour l’y initier…). Quand elle a finalement maîtrisé le geste, elle s’est exercée à déchirer le papier en morceaux de plus en plus petits. Là encore le geste était précis et la concentration maximum. Entre temps, je décidais d’aller aux toilettes (dans la même pièce) : Bibounette a alors interrompu son activité pour se saisir d’un plus grand morceau et me l’apporter ! Puis de retour à ses petits papiers, elle en a caché certains sous le tapis ou dans la poche d’un peignoir pour jouer à les retrouver ensuite. Je lui ai alors tendu un récipient, qu’elle a choisi de remplir avec ses petits débris.
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Morale de l’histoire : je n’aurais pas pu mieux qu’elle élaborer une activité aussi riche d’enseignements. Non seulement elle m’a bluffée mais j’ai réalisé qu’il est bien plus moteur et libérateur d’être, juste être en présence de l’autre, en présence bienveillante, que de chercher absolument à proposer en se faisant la promesse de proposer et de laisser disposer.
2ème morale de l’histoire : une fois n’est pas coutume, je raconte l’anecdote car elle m’a servi de déclic. Mais il est hors de question que j’observe désormais les activités de ma fille en ayant en tête la façon dont je pourrai m’en inspirer pour un billet de blog quotidien. J’aurais alors l’impression de biaiser la façon dont j’accueille ses trouvailles… Non, je continuerai simplement à parler ici de loin en loin de ce que j’aurai pu en digérer… Comme l’écrit Natalie dans son billet A Thousand Things To Say; A Thousand Reasons Not To Say Them, les activités de Bibounette lui appartiennent, ce qui m’appartient et dont je parle ici c’est comment elle me fait grandir avec elle.

Au final, 2 questions à se poser pour 2 exercices particulièrement difficiles
* Quand on propose, est-on capable de vraiment laisser disposer ?
* Est-on capable d’être, être simplement en présence de l’autre, en particulier quand l’autre est un petit être ?

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