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Tout vient à point…

À traîner sur la blogosphère, j’ai accumulé en idées et en matériel des quantités astronomiques de propositions et de matériel…

Et aujourd’hui, j’en arrive à une conclusion essentielle : tout vient à point à qui sait attendre…

Avec 2 réflexions qui se complètent :

  • En lisant les nombreuses listes de Noël sur mes blogs préférés, j’en ai vu une qui m’a donné à réfléchir, non sur son contenu lui-même, mais par les commentaires l’accompagnant. Cette maman pratiquant l’IEF y signalait que sa liste de Noël ne comportait que des loisirs et non pas du matériel pédagogique… c’est alors que je me suis aperçue que je n’avais pas conscience de cette différence, que je me procurais à l’intention de Bibounette l’un et l’autre, sans faire une claire distinction, lui proposant ces différents matériels de la même façon, avec plus ou moins de succès. Il en va ainsi du matériel de comptage par exemple, notamment celui trouvé chez Wesco qui justement fournit… les écoles!

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Alors je me suis aperçue que j’ai investi dans ce matériel en lisant des blogs de mamans en IEF… Et je suis en train de me dire que, Bibounette, qui va elle à l’école, a peut être plus besoin et envie à la maison  de créativité, de jeu libre que d’apprentissages scolaires!

Ceci dit, quand elle me pose des questions sur les nombres, je suis contente de pouvoir sortir le matériel, trouvé sur le net ou créé home-made (comme la boîte à trier et dénombrer que je suis quand même contente d’avoir commandée à son grand-père)…

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Et comme je ne sais jamais exactement ce qu’elle aborde précisément à l’école, je suis contente d’avoir du matériel sous la main à lui proposer, pour le cas où elle serait en demande. Bien sûr, au fur et à mesure qu’elle grandit la demande se fait plus précise et c’est pour moi bien plus confortable…

Certes je m’aperçois que la première rencontre avec le matériel pédagogique est souvent facilitée par le cadre apporté par l’école, le groupe (ou d’ailleurs, je présume, le cadre posé par l’IEF), cadre absent quand le matériel pédagogique est proposé au milieu des jouets sans réflexion sur l’ambiance de travail. Mais elle est heureuse de retrouver à la maison du matériel qu’elle a connu à l’école ou des compléments qui l’aident à intégrer ses apprentissages… ou à faire l’école à Maman!

Bien sûr, je devrais vite être libérée de ces questionnements existentiels puisqu’elle fera elle-même ses listes d’envies et nul doute qu’elle saura de mieux en mieux exprimer ses préférences et qui sait, peut-être réclamera-t-elle aussi du matériel pédagogique! En attendant, comme chez nous le père Noël n’est qu’une belle histoire, nous avons un magasin de jouets comme terrain de jeu et de repérage des goûts

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Bref, tout vient à point à qui sait attendre…

 

  • La seconde réflexion qui me vient, c’est qu’en grandissant, Bibounette se réapproprie de plus en plus mes propositions pour inventer seule

J’avais tendance à culpabiliser de ne pas être capable de susciter son intérêt, à force de voir les chers bambins sur la toile friands d’activités préparées par des mamans inventives. Je m’aperçois aujourd’hui que j’ai tendance à m’inspirer sans même m’en apercevoir d’activités prisées par des bambins souvent plus grands, que chaque enfant a ses préférences et son rythme, que souvent avec les enfants il s’agit de répéter pour les voir s’approprier les choses…

En regardant Bibounette grandir, je vois désormais germer les petites graines semées au fur à mesure, qu’elles a bien captées alors qu’elle n’avait pas l’air d’y prêter attention…  Ainsi elle est désormais capable, en regardant un dessin animé, d’aller chercher spontanément ses figurines, livres ou jeux sur le même thème, ce qui était mon souhait mais ne prenait pas avant!

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Bref, tout vient à point à qui sait attendre…

 

Alors, je continue à semer sans me mettre de pression inutile… et qu’est-ce que j’aime la voir grandir et élaborer ses choix…😍

Et chez vous, quel est votre rythme? 🏃🚶💃

 

 

Trotro et les loose parts

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Lecteurs assidus du blog, vous l’avez compris, je suis du genre à me prendre la tête autour de la pédagogie active.

Mais comme l’écrit Galex la fée, à force de réfléchir, on en oublie parfois d’être tout simplement, voire on fait les choses à l’envers : alors que je passe mon temps à construire des propositions pédagogiques pour les hypothétiques moments propices (je devrais cesser de consulter tous ces blogs pleins de propositions mirobolantes qui me font culpabiliser…), j’ai failli laissé passer la date limite pour inscrire ma fille dans l’école de mes rêves (je vous en parle bientôt plus en détails)…

Acte manqué? Au moins l’occasion d’une prise de conscience… Renforcée par l’intervention hier du malicieux Trotro, ici renommé « Coco » par Bibounette : un sacré Coco ce Trotro Reggio inspired!

Et oui, nous avons succombé aux sirènes de la tablette et Bibounette a de nouveaux amis : Macha et Michka, Trotro…
Et je dois dire que je suis plutôt agréablement surprise par les messages portés et, à condition de s’intéresser à ce qu’elle regarde bien sûr, par les occasions d’échange créées par ces mini-séries…

Hier, l’évocation par Trotro de sa boîte à secret a été l’occasion de sortir notre boîte à loose parts, qui a suscité l’intérêt de Bibounette bien plus longtemps que les quelques images entrecoupées de générique musical…

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Merci Trotro d’avoir mis en connection le plaisir du moment et les propositions en réserve dans ma tête (trop pleine🙃)…

Proposition, pression et dépression

Epuisement maternel
Voici déjà quelques jours que je suis en pleine réflexion, suite à la lecture de l’article de Madame Déjantée « Nous sommes toutes des menteuses de mère en filles »
Le foisonnement de la pensée autour de la petite enfance est très récent. C’est un progrès indéniable, un espoir de lutter contre la violence éducative ordinaire, un espoir pour l’humanité tout entière comme l’expose Olivier Maurel
Mais c’est aussi sur les épaules des parents une incroyable pression, un fardeau bien trop lourd pour 2 personnes seulement. Il faut garder en mémoire que les enfants ont été ou sont encore souvent élevés par un groupe : les générations entremêlées autrefois, encore aujourd’hui parfois dans le monde rural, les familles entremêlées sur d’autres continents. Est-ce à dire qu’il faut réinventer la vie en communauté comme dans certains pays nordiques ? Il faut en tout état de cause trouver des relais, des soutiens extérieurs car même avec les meilleures intentions, la tache est trop rude pour une ou 2 personnes.
Et pour les parents, il s’agit de trouver un équilibre, d’établir des priorités. Sur ce thème, le commentaire de Célia que je retranscris ici m’a particulièrement parlé : « je me dis que tous les choix éducatifs que certain-e-s qualifient d’”alternatifs” (je parle en particulier de la pédagogie Montessori, des choix alimentaires, des choix de vie genre pas de tv etc…) me permettent personnellement de m’épanouir en tant que maman, même si paradoxalement je peux être épuisée par moments. C’est finalement assez égoïste mais je crois que d’aussi loin que je me souvienne, les gosses (des autres), ça m’a toujours ennuyé. Et puis j’en ai fait […] Mais c’est pas pour autant que je me suis passionnée plus pour les jeux d’enfants, les délires d’enfants, etc… quand ma fille de 3 ans veut aller au parc, j’y vais parce que c’est son désir et que l’important, c’est elle mais je m’ennuie profondément […]pratiquer quelques activités Montessori, faire travailler mon imaginaire pour inventer des activités originales, aller voir des expos etc… au-delà de l’intérêt que j’y vois pour mes enfants, c’est aussi une manière de prendre soin de moi et d’être (un peu) égoïste en faisant des trucs qui me font pas trop chier. […] c’est vrai que par moments je me dis que tout serait plus simple si je mettais ma gosse devant la téloche avec un paquet de chips. Mais en fait non. A bien y réfléchir, non, vraiment.
En revanche, là où c’est vraiment un truc pervers, c’est lorsque dans des moments difficiles, on a pas le choix que de revoir nos modes éducatifs […] j’ai été tellement débordée qu’on a rangé Montessori au placard […] Et puis doucement, j’ai réalisé ce côté “je me fais (un peu) plaisir en faisant du Montessori and co” mais que l’important restait l’ambiance d’amour (je sais pas comment dire autrement) qui pouvait régner dans la maison […] du temps à rire et faire des bisous, des blagues pourries et des chatouilles, à lâcher prise […] Je n’ai pas lâché mes idéaux (parce que vraiment, j’ai réalisé que ça ne m’aiderait pas du tout) mais j’ai établi des priorités. »

Alors oui, je passe énormément de temps à réfléchir à la parentalité, à lire sur le sujet, à faire des listes d’activités à inventer. Oui, je me mets la pression toute seule peut-être, oui mon idéal m’étouffe parfois et l’injonction au bonheur qu’il porte menace d’étouffer ma fille, oui il est urgent que je lâche prise.
Mais non, je ne suis pas prête à renoncer tout à fait à mon idéal, oui Montessori et Filliozat me passionnent, non je n’ai pas 13 mois et la patience de ma fille avec ses jeux répétitifs
Donc merci à Célia de me proposer une clef d’équilibre : garder la spontanéité en tout. Savoir regarder ma fille être, m’en émerveiller, me laisser happer par ce bonheur. Savoir parfois pousser la réflexion, mais sur le même mode spontané et non parce que c’est une urgente obligation pour me sentir une maman à la hauteur.
D’ailleurs, je faisais une dichotomie entre les moments d’observation et les moments de pédagogie active mais je m’aperçois que je devrais plutôt y voir un continuum.

Proposition?
Je souhaite revenir sur les « propositions d’activités » car la lecture de certains blogs regorgeant d’activités à préparer minutieusement a largement contribué à faire chuter mon estime de soi et augmenter ma culpabilité. Comment des mamans peuvent-elles trouver l’énergie d’être aussi inventives, organisées, pour proposer chaque jour des activités aussi construites à leur progéniture ? pourquoi moi, n’en suis-je pas capable ?
D’abord, à y regarder de plus près, je m’aperçois qu’il y a là aussi sans doute quelques mensonges par omission. De l’aveu même de certaines de ces bloggeuses, on a très certainement plus tendance à bloguer sur les réussites éducatives que sur les errements.
Ensuite le contexte de ces mamans est peut-être différent du mien : combien de fois ai-je déploré ne pas avoir eu le temps de construire telle ou telle activité le week-end pour m’apercevoir le Lundi qu’elle était proposée par notre excellente micro-crèche ? Bibounette a la chance de fréquenter cette crèche durant la semaine : cela lui impose un certain rythme mais lui permet aussi de disposer de matériel et d’activités pédagogiques. Alors le week-end, je m’aperçois qu’elle a plus besoin de ma présence et du respect de son rythme naturel que d’un enchaînement d’activités sophistiquées… D’ailleurs ce que j’ai retenu d’une récente rencontre avec un éducateur Montessori, c’est « mais laissez donc faire la structure ! Il y maintes façons d’appliquer la pensée de Maria Montessori à la maison, dans l’aménagement de l’espace, dans la façon de « faire avec », mais de grâce abandonner les plateaux, la structure est là pour ça ! »
Et surtout a posteriori peut avoir l’air très construite et très préparée, une activité plus ou moins banale inventée par l’enfant. J’ignore si c’est effectivement l’explication mais en tous cas, cela me permet non seulement de lâcher prise mais d’adapter des principes à mes convictions profondes (et non l’inverse).
En effet, quoi de plus beau que de se retrouver guide sur le chemin choisi par l’enfant. C’est ainsi que je vivrai ma passion montessorienne désormais. Non pas à tout crin accumuler le matériel, lister des activités à faire absolument à tel âge mais continuer à me documenter pour savoir mieux percevoir chez ma fille telle ou telle initiative et prolonger son envie propre par telle ou telle proposition complémentaire. Une vraie proposition complémentaire, un accompagnement et non pas une proposition ex nihilo qui vire souvent à la pression sur le parent qui se DOIT de proposer l’activité et l’enfant qui se DOIT de l’apprécier.
C’est d’ailleurs ma fille qui m’a une nouvelle fois ouvert les yeux. J’étais perdue dans mes pensées à la recherche d’une activité à proposer pour combler l’espace temps avant le bain quand soudain elle s’est saisie d’un rouleau de papier toilette. Ma première réaction a été de la stopper : « Non, on ne peut pas » (chic, on avait déjà vu la situation dans l’excellent livre de Jeanne Ashbé). Et puis finalement, je me suis sentie disponible pour accueillir ce qu’elle voudrait bien me montrer d’elle à travers son geste. J’ai donc observé. Bibounette s’est concentrée pour dérouler puis enrouler consciencieusement le papier (je ne l’avais jamais vu encore enrouler ou dérouler quelquechose, chic j’ai économisé une préparation d’activité compliquée pour l’y initier…). Quand elle a finalement maîtrisé le geste, elle s’est exercée à déchirer le papier en morceaux de plus en plus petits. Là encore le geste était précis et la concentration maximum. Entre temps, je décidais d’aller aux toilettes (dans la même pièce) : Bibounette a alors interrompu son activité pour se saisir d’un plus grand morceau et me l’apporter ! Puis de retour à ses petits papiers, elle en a caché certains sous le tapis ou dans la poche d’un peignoir pour jouer à les retrouver ensuite. Je lui ai alors tendu un récipient, qu’elle a choisi de remplir avec ses petits débris.
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Morale de l’histoire : je n’aurais pas pu mieux qu’elle élaborer une activité aussi riche d’enseignements. Non seulement elle m’a bluffée mais j’ai réalisé qu’il est bien plus moteur et libérateur d’être, juste être en présence de l’autre, en présence bienveillante, que de chercher absolument à proposer en se faisant la promesse de proposer et de laisser disposer.
2ème morale de l’histoire : une fois n’est pas coutume, je raconte l’anecdote car elle m’a servi de déclic. Mais il est hors de question que j’observe désormais les activités de ma fille en ayant en tête la façon dont je pourrai m’en inspirer pour un billet de blog quotidien. J’aurais alors l’impression de biaiser la façon dont j’accueille ses trouvailles… Non, je continuerai simplement à parler ici de loin en loin de ce que j’aurai pu en digérer… Comme l’écrit Natalie dans son billet A Thousand Things To Say; A Thousand Reasons Not To Say Them, les activités de Bibounette lui appartiennent, ce qui m’appartient et dont je parle ici c’est comment elle me fait grandir avec elle.

Au final, 2 questions à se poser pour 2 exercices particulièrement difficiles
* Quand on propose, est-on capable de vraiment laisser disposer ?
* Est-on capable d’être, être simplement en présence de l’autre, en particulier quand l’autre est un petit être ?

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